Politique : que nous réserve 2023 en Indre-et-Loire ?

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Une année sans élection au suffrage universel direct… mais pas sans enjeux. Après 12 mois politiques très mouvementés en Indre-et-Loire, quelles sont les perspectives des temps à venir ? On fait le point.

Nazelles-Négron (pour une affaire d’agression sexuelle), La Riche (pour une affaire de violence), Tours (pour une affaire financière), Monnaie (pour une affaire de conflit d’intérêt) : en 2022, la politique tourangelle et le judiciaire ont souvent fini dans la même rubrique. Et les soubresauts de ces dossiers ont encore de quoi faire des remous.

Examinons en particulier le cas de l’agglomération tourangelle, empêtrée dans les affaires empêchant une gouvernance totalement sereine. D’abord condamnée pour complicité du détournement de fonds orchestré par son ex-mari dans l’association APAJH, l’ancienne première adjointe de Tours Cathy Münsch a finalement été relaxée en appel. Cela veut dire qu’elle peut rester conseillère régionale, municipale et métropolitaine. Mais demeure absente aux réunions et toujours menacée de condamnation car le parquet général a porté l’affaire en cassation pour un potentiel réexamen. Pour le moins embarrassant…

La cour de cassation doit aussi se pencher sur le cas de Wilfried Schwartz… toujours conseiller municipal de La Riche et élu à Tours Métropole mais qui a dû démissionner de son poste de maire larichois et quitter sa vice-présidence métropolitaine aux mobilités après sa condamnation en première instance puis en appel dans l’affaire de la gifle donnée à son ancien directeur de cabinet en 2021 (des faits qu’il continue de contester). Sa présence dans les instances suscite le malaise au point qu’il a fallu un communiqué de presse pour justifier sa chaise vide au dernier conseil d’agglomération (un test positif Covid qui aurait eu vite fait d’être interprété autrement).

Un nouveau préfet attendu au tournant

Car là est le paradoxe : Wilfried Schwartz a été poussé à la démission de deux de ses postes importants… mais reste (pour l’instant ?) à la tête du Syndicat des Mobilités de Touraine, donc officiellement encore interlocuteur privilégié quand il s’agit d’évoquer le projet de deuxième ligne de tramway. Sauf qu’il n’y a pas grand monde pour parler avec lui. Le chantier enlisé dans les études à répétition pour en déterminer le tracé et même la faisabilité en période d’inflation reste donc en suspens. Une nouvelle personnalité pourrait prochainement reprendre la vice-présidence aux mobilités et il fut question qu’elle soit issue de la majorité NUPES de la ville de Tours. Qu’en sera-t-il réellement ? Et pour quelle influence ? D’autant que ces dernières semaines, Tours Métropole semble plus croire au projet de RER à la tourangelle qu’en une ligne B du tram. Si le gouvernement le soutient, l’un pourrait-il suppléer l’autre ?

Le soutien de l’Etat aux idées venues des territoires… En voilà un sujet explosif pour 2023. Ce lundi 2 janvier, un nouveau préfet prend officiellement ses fonctions à Tours : Patrice Latron, remplaçant de Marie Lajus exfiltrée sans nouvelle affectation en fin d’année (ce qui dans le jargon de la haute administration est synonyme de lourd désaveu de la hiérarchie). Dans son départ tout fait tache, de la façon dont l’information a filtré au moment du congrès des maires à l’étalement de l’affaire dans la presse nationale à coups de pétition, tribune et vidéo de son pot de départ. Il apparait plus que probable que Marie Lajus a été sacrifiée pour ne pas avoir appuyé le projet Da Vinci Labs envisagé à Reugny (la construction d’un centre de recherche moderne sur le domaine d’un château-hôtel de luxe possiblement contraire à une loi environnementale de 2020). Son successeur sera forcément attendu au tournant sur le sujet.

On pense aussi aux sénatoriales

Dans les prochains mois, on suivra également avec grande attention les évolutions de la situation à Amboise, ville 10 fois moins peuplée que Tours… mais où les conseils municipaux durent désormais aussi longtemps car le maire a été mis en minorité après de nombreux départs dans son équipe. Il doit à présent en passer par un conseil pour engager la moindre dépense. Château-Renault et Saint-Pierre-des-Corps connaissent également des climats très tendus. Et plus globalement, les 272 municipalités du département vont devoir lutter pour réaliser leurs programmes dans un contexte économique gangréné par les hausses des tarifs de l’énergie. Faut-il privilégier les économies d’énergie en fermant une piscine ou favoriser l’apprentissage de la natation chez les enfants et la garder ouverte ? Voilà un débat qu’on n’aurait pas imaginé avoir il y a quelques mois et qui risque d’en entraîner d’autres du même genre.

Les discours de vœux qui se profilent pour ce mois de janvier risquent donc de s’apparenter à des numéros d’équilibristes. Et en coulisses, certaines têtes se tourneront vers les élections sénatoriales de la fin d’année avec deux postes à renouveler en Indre-et-Loire : ceux d’Isabelle Raimond-Pavéro (Les Républicains) et Serge Babary (également LR). Si la droite, encore forte dans les communes, apparait en bonne position dans ce scrutin qui ne concerne que les grands électeurs, nul doute que la NUPES ou les macronistes de Renaissance chercheront à peser.

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