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Philippe Chalumeau satisfait de sa première année de député

Député de Tours depuis juin 2017, Philippe Chalumeau est un élu heureux. Celui qui a rejoint Emmanuel Macron dès le lancement d’En Marche en 2016, vient de passer sa première année au Palais Bourbon.

Une première année à vitesse grand V au Palais Bourbon

Une première année passée à vitesse grand V, avec son lot de nombreuses réformes. « Nous avons fait passer 27 projets de lois et étudiés 29 000 amendements » détaille le député fièrement. Et si certains au sein de LREM pensent qu’il faudrait désormais marquer une pause dans les réformes, Philippe Chalumeau assume ce pas de course voulu par le gouvernement et la majorité. « Si on ne fait pas les choses rapidement, cela sera plus difficile de les faire après. »

Une première année où la vague Macroniste a semblé hors d’atteinte, continuant de surfer sur les succès électoraux de 2017. Oui mais depuis quelques semaines, les critiques se font de plus en plus entendre et Emmanuel Macron connaît les premières baisses manifestes dans les enquêtes d’opinion publique. Pas de quoi inquiéter Philippe Chalumeau, le légitimiste qui défend bec et ongles son Président et sa politique : « Emmanuel Macron n’est pas le président des riches. Seulement pour pouvoir distribuer il faut créer des richesses afin de redonner des marges de manoeuvre que nous n’avions plus. C’est cette première étape que nous menons ».

Et bien qu’entendant les critiques qui s’élèvent parfois, Philippe Chalumeau d’assumer pleinement : « qu’on soit d’accord avec nous ou non, personne ne peut nous reprocher de ne pas faire ce qu’on avait annoncé. J’y vois une restauration de la parole politique ».

L’aéroport de Tours : source de désaccord avec la région

Une première année où le député de Tours n’aura pas manqué non plus de s’impliquer dans des sujets plus locaux comme celui de l’aéroport de Tours. Un aéroport dont la double spécificité militaire et civile intéresse forcément celui qui est responsable du groupe de la majorité dans la commission de la défense à l’Assemblée Nationale. « C’est une chance pour Tours et il faut continuer de le développer » explique-t-il. Un aéroport qui est au centre également de tensions, notamment avec la Région Centre-Val de Loire en raison du développement en parallèle de celui de Châteauroux. De quoi inquiéter l’élu tourangeau qu’il est.

« La région doit prendre ses responsabilités » affirme ainsi Philippe Chalumeau, dont on comprend au fil de la conversation qu’il ne goûte que peu aux orientations régionales. « La position de la région n’est pas claire. François Bonneau a un discours de posture. Ils proposent une avance de 300 000 euros pour l’aéroport de Tours alors que dans le même temps ils investissent 3 millions d’euros pour une tour de contrôle et 16 millions pour des hangars sur l’aéroport de Chateauroux où ils soutiennent également la démarche passagers. » Une position qui agace donc le député de Tours dont les relations avec la collectivité régionale souffrent de désaccords également sur la question des lignes ferroviaires : (« c’est à la région de financer les lignes qu’elle gère ») ou encore des JO de 2024 : « On m’a reproché d’avoir fait un état des lieux sous forme de dossier pour Tours, mais les candidatures doivent être déposées à l’automne, après il sera trop tard ».

Protocole de Cahors : Philippe Chalumeau défend la position de la Métropole.

Autre collectivité qui en ce moment a plutôt tendance à être en désaccord avec la politique Macroniste : Tours Métropole qui subit le dispositif de Cahors et l’encadrement de la hausse de son budget de fonctionnement à hauteur de 1,2%, alors qu’elle est en pleine construction et aurait au contraire besoin de moyens supplémentaires.

Et sur ce sujet, Philippe Chalumeau de rejoindre plutôt les arguments des élus locaux : « Je suis pour la maitrise de la dépense publique mais le problème du dispositif de Cahors est qu’il peut avoir des effets pervers pour les collectivités comme la Métropole de Tours qui est en pleine structuration. » Une rencontre doit se tenir à ce sujet le 16 juillet prochain entre Philippe Briand et Edouard Philippe précise le député qui a fait l’intermédiaire sur ce coup entre les deux parties.

Quelles ambitions pour 2020 ?

Faut-il voir des ambitions en local pour le député et ce dès 2020 ? « Ce n’est pas le moment. J’ai un emploi du temps chargé et une mission de député qui me plaît énormément. » Qui alors ? Trop tôt pour le dire selon Philippe Chalumeau qui garde et va continuer d’avoir un regard aiguisé sur La République En Marche en Touraine, bien qu’il ait passé la main de référent à Philippe Peruchon, suite à son élection au Palais Bourbon. « Nous appliquons toujours la même méthode et nous sommes actuellement dans le diagnostic de terrain, la question de l’interprétation et de la représentation arriveront ensuite.

Si pour le député de Tours, l’heure de l’incarnation par un candidat n’est pas encore venue, cela ne lui empêche pas d’avoir un regard sur ce qui se passe à l’Hôtel de Ville de Tours. « La période de Serge Babary a été une catastrophe pour Tours ». Et quant à son successeur Christophe Bouchet, régulièrement annoncé comme potentiel candidat sur une liste commune avec La République En Marche : « Je ne suis pas sûr qu’il incarnera la liste En Marche en 2020, ce qui est sûr c’est que je vais me battre pour que LREM existe en tant que tel » annonce Philippe Chalumeau.

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