Politique

Petits meurtres entre « centristes » à l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne.

Il existe des élections qui passent la plupart du temps inaperçues du quidam, comme celles de la gouvernance des nombreux établissements publics de nos territoires. Pourtant à y regarder de près, certaines méritent le détour. Surtout quand ces établissements sont le lieu d’une tragédie entre « amis » politiques.

Le 10 juillet dernier, au moment des premiers départs en vacances, l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne organise l’élection de son président. Cet établissement public de l’Etat, rattaché au Ministère de l’Ecologie a pour mission de gérer l’eau d’un grand bassin hydrographique qui va de l’Allier à la pointe Finistère. 12 millions d’habitants sur plus de 36 départements sont concernés par la gestion au quotidien de cette ressource vitale de notre vie courante.

 

Une candidature surprise

Depuis 22 ans, Joël Pélicot, personnalité du « centre-droit » en Touraine y siège. Candidat aux dernières élections municipales à Saint-Antoine du Rocher, ce médecin implanté à Charentilly n’est pas un novice en politique, il est même l’un des collaborateurs parlementaires de Philippe Briand, le député-maire de Saint-Cyr/Loire. En ce début juillet, J. Pélicot est candidat à la présidence de l’Agence. Tout aurait pu être un long fleuve tranquille au siège de l’Agence à Orléans pour une élection qui était acquise d’avance… Seulement voilà, c’était sans compter sur une candidature surprise, enfin presque…

Sophie Auconie, candidate UDI malheureuse à sa réélection aux dernières élections européennes, annonce à l’occasion d’une soirée dans ses bureaux de la rue Bernard Palissy à Tours, sa volonté de briguer le même poste que J. Pélicot. Nous sommes le 8 juillet. Cette décision a de quoi provoquer l’étonnement de certains ce soir là. D’autant que J. Pélicot et S. Auconie se connaissent très bien, ils ont même fait œuvre commune pour faire barrage à la candidature de Xavier Dateu comme président du Nouveau Centre 37 en 2013 (composante de l’UDI).

 

« C’est une trahison pure et simple ! »

S. Auconie a muri sa décision. « A la demande du président sortant, Serge Lepeltier et de mes pairs, Maurice Leroy, André Santini et François Sauvadet, j’ai entamé une négociation avec Joël Pélicot » déclare l’ancienne députée européenne. Et elle a fait le job en pareil cas : joindre bon nombre de délégués pour avoir leur soutien. Bref, une vraie campagne pour la présidence d’un établissement public méconnu du grand public. Elle déjeune même avec J. Pélicot pour l’avertir de sa candidature. Le médecin accuse le coup mais ne l’en dissuade pas, conscient certainement de ses soutiens au sein des délégués.

Le jour de l’élection, Sophie Auconie retire finalement sa candidature au profit de J. Pélicot. « Je me suis retirée considérant sa légitimité » annonce-t-elle, laissant alors le champ libre à son « ami » pour être élu président face à un candidat de gauche. Celle qui siège comme gouverneure au Conseil Mondial de l’Eau pensait peut-être que cette stature internationale suffirait à prendre les rênes du petit établissement public. Il n’en fut rien. Cet épisode va laisser des traces au sein du parti centriste. Pour Joël Pélicot, « c’est une trahison pure et simple ! ». Il se dit aussi que Philippe Briand n’a pas apprécié le comportement de l’ex députée.

Christophe Bouchet, le président de l’UDI 37, se serait certainement bien passé de cet épisode.

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