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Municipales à Tours : « C’est au Tour(s) du Peuple » dévoile son programme

Le collectif « C’est au Tour(s) du Peuple », proche de la France Insoumise et du NPA, tenait hier une réunion publique à l’Hôtel de Ville de Tours. L’occasion de dévoiler son programme municipal complet pour les élections municipales.

Alors que des discussions sont en cours entre différentes forces politiques de gauche, le collectif « C’est au Tour(s) du Peuple » de Claude Bourdin a dévoilé ce lundi soir son programme politique complet pour les élections municipales. Une stratégie pleinement assumée par le collectif. De quoi refermer l’idée d’une alliance éventuelle avec d’autres forces de gauche comme les « Cogitations Citoyennes » ?

Pour Claude Bourdin, il n’en est rien. « Nous le sortons parce que nous sommes prêts, cela n’empêche pas d’ajouter de nouveaux points à l’avenir. » Et ce dernier de réaffirmer que des discussions ont lieu actuellement avec le PCF, Génération(s) ou encore les Cogitations Citoyennes : « D’ici la fin du mois il pourrait y avoir un premier rassemblement avec certains. » Pour autant ce dernier refuser « le rassemblement pour le rassemblement » et fixe des conditions à celui-ci : une base programmatique déjà mais aussi une vision de la ville. « Il faut changer de ce système Germain-Briand-Babary-Bouchet qui fait la part belle à l’affairisme local » assène-t-il. « Je ne suis pas sûr que les socialistes le veuillent. » On l’aura compris, la question d’une alliance globale avec l’ensemble de la gauche reste compliquée.

Pour « C’est au Tour(s) du Peuple » c’est une rupture qu’il faut donc. Un sentiment entretenu par les retours des habitants récoltés par les membres du collectif. « Nous avons recueilli 600 contributions citoyennes sur les marchés et dans l’espace public, nous avons aussi organisé des forums ouverts. » Une démarche participative essentielle aux yeux du collectif et que l’on retrouve dans le premier point de leur programme qui se découpe en 8 blocs thématiques.

La démocratie participative comme 1er axe du programme

Ce premier point il se nomme « Ayons le goût du RIC ! Démocratie en avant toute ! ». Difficile de ne pas y voir un écho à la crise des Gilets Jaunes, mais aussi à une évolution de la société et des attentes des électeurs de plus en plus nombreux à réclamer une hausse de la part de démocratie directe dans les différentes institutions.

Parmi les grandes idées proposées par « C’est au Tour(s) du Peuple » on retrouve notamment la possibilité, dès que 1% de la population le demande, d’examen d’un sujet à l’ordre du jour du Conseil Municipal. Et en cas de refus des élus, le sujet en question sera soumis un référendum. Un RIC local, doublé par son pendant, le RIM (Référendum d’Initiative Municipale), c’est-à-dire la possibilité pour les élus de demander un référendum sur les grands projets de la ville ou de la Métropole.

« La démocratie participative doit se traduire également par l’insertion de citoyens dans les commissions municipales ou les comités de pilotage » explique également Claude Bourdin. La création d’une Maison du Peuple est aussi envisagée, tandis que le collectif s’engage à une transparence totale en rendant publique les études et documents municipaux.

Pour le reste des thèmes on retrouve les classiques « Stop aux privatisations et reconquête de nos biens publics ! » à travers lequel « C’est au Tour(s) du Peuple » entend stopper les délégations de services publics à commencer par l’eau « qui doit être en régie publique. » Claude Bourdin précise même souhaiter une politique tarifaire évolutive à ce sujet : « Nous rendrons les premiers m3 d’eau gratuits puis il y aura un tarif progressif, augmentant avec la consommation. »

Faire de Tours, « une ville unie et solidaire »

« Les transports en commun, doivent également passer en régie publique » précise notre interlocuteur qui s’engage à leur gratuité d’ici la fin du mandat. Un coût estimé à 20 millions d’euros par an financé par l’augmentation de la taxe de séjour, de la CFE – « les entreprises ne payeront plus la moitié des abonnements en contrepartie »-, ou encore par l’arrêt des subventions à l’aéroport.

Question transports, « C’est au Tour(s) du Peuple » ne se montre pas favorable non plus à la deuxième ligne de tramway et envisage plutôt une réflexion sur un tram-bus hydrogène. « Nous rouvrirons le dossier en intégrant la population » affirme Claude Bourdin.

En rendant les transports en commun gratuits, « C’est au Tour(s) du Peuple » entend mener de la sorte une politique écologique, visant à réduire la place de la voiture. Sur ce thème de l’écologie, l’axe 3 de leur programme, les membres du collectif avancent également l’appui à une agriculture périurbaine, la mise en place d’un plan climat métropolitain, le passage aux 100% bio dans les cantines ou encore un gros effort sur la rénovation thermique des bâtiments.

Parmi les autres axes mis en avant, il y a l’emploi via un soutien aux artisans et entreprises répondant à des critères sociaux-écologiques pré-établis, ou encore la place des femmes dans la ville. A ce titre, « C’est au Tour(s) du Peuple s’engage sur « une égalité hommes/femmes à tous les niveaux dans les services publics. »

« Il faut que nous soyons une ville unie et solidaire » affirme la tête de pont du collectif qui explique vouloir agir sur le premier point en aidant les associations « acteurs du territoire » mais aussi sur le second point via le CCAS sur la prise en charge des personnes à la rue : « Il faut de l’hébergement mais aussi de l’accompagnement. »

Soutien aux associations et soutien aux acteurs culturels et sportifs également, le 7e axe du programme. Toujours question culture, « C’est au Tour(s) du Peuple » souhaite organiser un grand événement populaire et gratuit en lien avec la Loire et rendre gratuits les musées.

Enfin question sécurité, le dernier thème abordé dans le programme, sans surprises, Claude Bourdin explique vouloir stopper la vidéo-surveillance, jugée coûteuse et inefficace, et créer une police municipale de proximité, au contact de la population. L’humain d’abord en somme, pour reprendre un ancien slogan de gauche.

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