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Mi-mandat : La liste à la Prévert de Serge Babary

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Trois ans après son élection, le maire de Tours Serge Babary a tenu à faire le point sur l’action municipale. Magazine municipal « hors-série » et conférence de presse en tête, Serge Babary et son équipe municipale entendent montrer aux Tourangeaux qu’ils ont agi pour la ville, en mettant en avant les actions menées depuis 2014.

79% c’est le chiffre repris par les différents médias depuis vendredi dernier. 79% comme la part du programme de campagne du candidat Babary en 2014, réalisé à ce jour selon ce dernier depuis sa prise de fonction. « Nous avons réalisé 113 projets sur les 143 que nous avions annoncé, qu’on vienne pas nous dire que l’on n’a rien fait ». S’il est difficile de confirmer ou d’infirmer les propos du maire (lire plus bas), ce dernier n’ayant pas détaillé ce à quoi correspondaient ces projets effectués, on comprend que le chiffre se veut suffisamment parlant pour plaider en sa faveur. Las d’entendre l’opposition municipale affirmer que la majorité ne sort pas de projets, le maire de Tours a ainsi décidé de profiter de l’anniversaire symbolique de la mi-mandat pour avancer ses points.

Une opération communication d’envergure, teintée de positivisme assumé sur l’action municipale comme pour mieux réduire au silence une opposition qui reproche régulièrement à la majorité de manquer d’ambitions et de projets. Au cours d’une longue conférence de presse à la bibliothèque municipale, c’est entouré de ses adjoints et des élus de la majorité que le Maire de Tours a ainsi dressé son propre bilan, flatteur forcément. Au rythme de deux mesures phares réalisées ou en cours par adjoint présent, la Municipalité s’est lancée dans une liste à la Prévert forcément impressionnante au premier abord.

Citons pêle-mêle et sans exhaustivité : L’encadrement urbanistique, la défense des espaces végétalisés et notamment le coteau nord de la Loire, le développement du tourisme d’affaires, le lancement des Concerts d’Automne, le déménagement du CCNT, l’aménagement du site des anciennes casernes, la relance des jumelages internationaux, les festivités de Saint-Martin, création d’un poste d’animateur du commerce, l’aménagement de Mame, la fusion des clubs sportifs, la construction d’une école aux Deux-Lions, la reconstruction de la crèche Leccia, le doublement des caméras de vidéo-surveillance…

Autant de projets lancés qui en appellent d’autres à écouter Serge Babary qui voit dorénavant les voyants au vert pour de nouveaux projets après un début de mandat centré sur les finances de la ville : « Nous avons du faire face à un endettement de la ville auquel nous nous attendions pas, la première action a été de rétablir les finances de la ville, à commencer par les négociations autour du Swap toxique » a-t-il avancé pour répondre à ceux qui trouvent que les choses ne vont pas assez vite.

LIRE EGALEMENT : Tours : l’autre bilan de la mi-mandat

La sécurité, première des priorités

Des choses ont été faites incontestablement, mais la majorité a-t-elle réellement déjà remplie près de 80% de ses objectifs initiaux ? En regardant dans le détail son programme de campagne de 2014, difficile de confirmer ou non le chiffre de 79% annoncé. Néanmoins en regardant de près quelques points forts et symboliques de ce programme, on trouve quelques réponses montrant les axes privilégiés jusqu’à présent :

Si en terme de sécurité, une des priorités fixées par son équipe, les projets annoncés sont réalisés ou en cours, ailleurs, les résultats apparaissent néanmoins plus disparates. Les projets autour du numérique sont en bonne voie (Mame, accompagnement de start-ups, extension du wifi gratuit) et entrent dans le cadre du développement économique, autre priorité fixée du mandat, mais poir lequel le bilan à mi-mandat montre qu’il reste encore à faire comme la création de l’outil Touraine Développement, pour relier les différents bassins d’emplois du département, qui avait été mis en avant dans le programme de campagne.

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Sur l’axe de la redynamisation, on peut saluer la création de Tours-sur-plage sur les bords de la Loire et un suivi dans le développement du marché de Noël. Le succès populaire témoigne de ces activités festives qui permettent aux Tourangeaux d’incarner leur ville. Cependant aucune nouvelle d’une mesure phare : « le drive des indépendants. » Séduisant au premier abord, censé prendre en compte le commerce de proximité dans l’e-économie. Avec l’arrivée des grandes firmes commerciales sur la place Anatole France, il est à espérer que les indépendants ne seront pas laissés pour compte.

Sur le chapitre des loisirs et des sports, le maire a déclaré avoir à cœur de participer au rayonnement de la cité, notamment par le biais de ces deux tableaux. Une rénovation des sites sportifs vieillissants est bien à l’ordre du jour et répond à la ligne « politique de rénovation des équipements » : on pense à la patinoire de Tours aux problèmes d’amiante. La carte Cité Club a le succès qu’on lui connaît mais aucune nouvelle du pass famille qui constituerait une avancée simple pour l’accès aux activités culturelles et artistiques. Si enfin vous décidiez de vous rendre à la Cité des Sciences, sachez que c’est tout à fait possible… à Paris. A Tours, il n’est pas encore question de sa mise en œuvre.

Dans le volet « solidarité et vie associative », les projets se concrétisent mais nécessitent encore un accompagnement plus poussé. Le programme de l’équipe Babary prévoyait l’ouverture, en place de l’ancien collège Pasteur, d’une « maison de la réussite ». Cette dernière a effectivement ouvert à l’automne dernier et incarne une réponse de la Mairie aux attentes des habitants. Le lieu se voit être une aide certaine pour quiconque ayant besoin de conseil de la petite enfance jusqu’à la création d’association. Un moyen de redonner un souffle symbolique à un lieu que beaucoup ont connu pour y avoir étudié. Mais le programme insistait sur la présence d’un pôle de réussite notamment grâce au « carrefour des parents » qui peinent à prendre forme. Le projet sur le papier se veut un lieu d’échange d’expérience et de conseil autour de plusieurs professionnels et acteurs socio-éducatifs au service des familles en difficultés.

Enfin c’est certainement sur le volet culture que les choses mettent plus de temps à arriver. Si un projet 2015-2020 a été mis en place, la liste de Serge Babary avait avancé plusieurs événements et aménagements qui n’ont pas vu le jour comme la création d’un Espace Renaissance, la rénovation du château de Tours, la mise en place d’une saison de musiques anciennes (compensée par le festival Concerts d’Automne) ou encore un événement international dès 2015 ainsi qu’un festival pyrotechnique sur la Loire… En revanche, les festivités autour de Saint-Martin ont bien été réalisées, la redéfinition de la Cité de la Gastronomie également et la Loire est effectivement au cœur de l’action municipale avec une volonté de réappropriation symbolisée par le lancement de la plateforme participative et du concours international « Envies de Loire ».

Reste également les grands projets, ceux qui ont semblé pâtir le plus du début de mandat consacré aux finances. Le haut de la rue Nationale est retardé (on en saura plus aujourd’hui), les casernes vont sortir de terre à partir de 2020, l’ilot Vinci est pour l’instant en stand-by (le maire annonce un redémarrage prochainement), le haut de la Tranchée également… Et puis à l’heure du poids forcément grandissant de Tours Métropole, par qui tout grand projet passe et passera à l’avenir, difficile de voir quelle est la part de liberté de l’action municipale par rapport à celle de la Métropole, devenue un financeur incontournable.

 

Mathieu Giua avec l’aide d’Henry Girard

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