Politique

Livre sur Jean Germain : les extraits.

Découvrez ci-dessous quelques extraits autorisés du livre « Enquête sur un suicide politique, Jean Germain, maire de Tours » co-écrit par notre collègue Arnaud Roy avec Alain Dayan. Un livre qui sort demain aux Éditions du Cherche Midi (16,50 €).

Page 34 :
Leur premier enfant va bientôt naître. Ce sera un garçon. Il s’appellera Jean. Jean Germain va être l’aîné d’une famille de trois enfants. En 1949, sa petite soeur Isabelle fera à nouveau le bonheur de ses parents. Deux ans plus tard, c’est au tour de François de rejoindre la fratrie. Jean sera le grand frère qui aura pour modèle un père travailleur venu s’installer en 1925 dans ce bourg situé à 40 kilomètres du chef- lieu, Tours. À l’âge de 11 ans, le petit Jean va quitter Bourgueil pour rejoindre le centre- ville de Tours et la maison du 7, rue Miquel, celle de sa grand- mère maternelle.
Page 56 :
La tradition maçonnique est très forte en Indre-et-Loire. La Touraine est l’une des terres de province où les frères sont les plus nombreux. Elle traverse tous les corps professionnels. Avocats, médecins, professeurs de l’Éducation nationale, cheminots, banquiers, cadres moyens de PME, artistes, autant de relais dans le tissu socio-économique du département. Un tel rayonnement suscite beaucoup de fantasmes pour une partie de la population. À tel point que certains n’y appartenant pas n’hésitent pas à faire « mine de… ». Ces maçons sans tablier sont vite repérés par les initiés. En Indre- et- Loire, on est discret et l’on n’aime pas l’ostentatoire surtout quand il s’agit de revendiquer ou d’assumer une appartenance à une loge. Jean Germain a été de nombreuses fois interrogé sur le sujet. Même s’il n’a jamais avoué publiquement son appartenance au Grand Orient de France, cela n’étonnait personne. On prête souvent à la maçonnerie d’être affairiste. Question d’obédiences sans doute, et de croyances lui conférant un pouvoir qu’elle n’a pas. Mais l’ambiguïté d’être un frère ou non allait même pousser les médias nationaux à « s’emmêler les pédales ».
Page 106 :
Janvier 2007. Les fêtes de fin d’année viennent de se terminer. Commence pour Jean Germain le long marathon des voeux qui dure un mois. De son côté, la communauté chinoise va célébrer l’année du cochon, dernier signe de l’astrologie chinoise, synonyme de chance et de richesse. Li Fang Han est présidente de l’association tourangelle Tours-Chine. Florence Fresneau, alors en charge des relations publiques au sein du cabinet du maire, se met en relation avec l’association sino-tourangelle. Jean Germain va faire la connaissance de Li Fang Han. Ce soir de janvier, un repas est organisé pour les célébrations de l’année du cochon. Li Fang Han est assistée d’étudiants chinois. L’un des proches collaborateurs raconte : « Il était difficile de pouvoir avoir une place pour tout le monde à la table du maire ! Mme Han fera tout ce qu’il faut ce soir- là pour être assise à côté de Jean Germain… ». Elle s’approchera du maire et s’agenouillera à côté de lui pour lui dire quelques mots et lui glisser sa carte de visite.
Page 171 :
Toute la ville cherche son ancien maire. Les amis et proches de Jean Germain se mobilisent. Céline, son assistante parlementaire, appelle le colonel du groupement de gendarmerie d’Indre-et-Loire, un ami d’enfance. Celui-ci lui propose de faire décoller l’un des hélicoptères de la section de gendarmerie aérienne basée sur les hauteurs de Tours. Pendant ce temps, les uns et les autres parcourent les rues de la ville avec l’espoir de croiser celui auquel ils vouent respect et admiration. François, son frère, mis au courant par sa soeur, part à sa recherche sur les bords de Loire où Jean aimait se retrouver. Philippe Briand est déjà à l’Assemblée nationale ce matin-là. Il apprend que Jean Germain ne s’est pas présenté à son procès. « Là, j’ai immédiatement compris. Jean n’était jamais en retard. » Il va appeler le fils de l’ancien maire. Il conseille à Jean-Édouard d’aller vite chez son père. Tout va s’arrêter en un instant à l’annonce violente et incroyable de sa mort.
A revoir également l’interview des auteurs :

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