Politique

Législatives : Les couacs du Parti Socialiste

Hier soir, 37 degrés annonçait le lancement officiel de la campagne des élections législatives pour l’ensemble des socialistes à Tours en présence du 1er ministre, Bernard Cazeneuve et du premier secrétaire, Jean – Christophe Cambadélis. Ce matin, le PS d’Indre-et-Loire se fend d’un communiqué qui « dément fermement » cette information. Un démenti qui en dit long sur l’ambiance actuelle dans la maison socialiste tiraillée par des luttes internes, des ambitions, des egos et une fuite à peine cachée de certains vers l’homme qui a le vent en poupe, Emmanuel Macron. Un démenti aussi peut-être un trop rapide au regard des éléments que s’est procurée la rédaction de notre magazine.

« Bonjour à toutes et tous, je vous confirme que la réunion publique de lancement de campagne des législatives, le samedi 13 mai, se tiendra à Tours, salle de la mairie (…) ». C’est par un mail très récent que la rue de Solferino confirme bien la tenue d’une réunion publique de lancement de la campagne des socialistes avec les présences confirmées du premier Ministre, du premier secrétaire et… de Marisol Touraine. 37 degrés s’est procuré le mail en question.

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Des questions alors se posent : Francis Gérard, 1er socialiste d’Indre-et-Loire était-il au courant de cette initiative nationale émanant des plus hautes instances du PS ? Pourquoi le PS local et sa fédération du 37 ont-ils démenti si vite alors que la réunion publique était bien prévue pour le 13 mai ? Des questions à qui seules le Parti Socialiste de la rue de la Fuye peut répondre.

Pourtant depuis hier, les téléphones ont chauffé entre d’importantes personnalités du PS de la rue de Solférino et Tours, mais aussi entre ministères. Car les positions des uns et des autres ne sont pas claires voire ambigües.

A la fédération d’Indre-et-Loire on se prépare et on joint même la mairie de Tours pour réserver la grande salle de l’hôtel de Ville

Au tout départ de cette affaire, la volonté de Bernard Cazeneuve de tenir cette réunion du côté de la Normandie, à Rouen. Mais cette semaine, dans cette partie de la France, le PS a tenu un meeting anti-FN dans la petite ville de Canteleu, près de Rouen justement. Exit donc l’idée de lancer la campagne du haut de la Normandie. Très vite, les yeux se tournent vers Tours. Ça discute en haut lieu, l’idée séduit et la décision est prise de tenir la réunion nationale à Tours. Tous les députés socialistes d’Indre-et-Loire ne sont pas mis au courant. On ne souhaite pas l’avis de certains. D’autres sont enthousiastes et semblent jouer la carte de leur parti, Jean – Patrick Gille, les élus locaux et Marisol Touraine… Tout du moins en apparence. A la fédération d’Indre-et-Loire on se prépare et on joint même la mairie de Tours pour réserver la grande salle de l’hôtel de Ville. Salle d’ailleurs qui a été confirmée par les services, ce vendredi matin.

Que s’est-il passé alors que tout semblait bien s’engager pour les socialistes locaux et Solferino ?

Il faut se tourner vers les coulisses des négociations qui se tiennent à couteaux serrés entre des députés ou ministres sortants qui jouent leur réélection. Certains en Indre-et-Loire, n’avaient pas intérêt à ce que chef du gouvernement accompagné de Jean-Christophe Cambadélis viennent lancer la campagne nationale d’un parti qui a fait 6,3 % à l’élection présidentielle.

Des conseillers de la ministre de la Santé ont démarché des « Marcheurs » pour être suppléants de la candidature de Madame Touraine

A Solferino, on pointe du doigt à fleuret moucheté : « Marisol Touraine avait intérêt à faire capoter la venue de Bernard Cazeneuve. Elle est en négociation discrète avec le mouvement d’Emmanuel Macron ». Or le probable président de la République a rappelé qu’il n’y aurait pas de double appartenance « En Marche ! » et « PS ». Même son de cloche du côté de certains cadres des socialistes tourangeaux qui ont souhaité rester discrets. Hier soir les militants socialistes réagissaient déjà sur les réseaux sociaux et ne croyaient pas à la tenue d’une telle réunion car ils n’avaient pas été mis dans la confidence. On apprend même que des conseillers de la ministre de la Santé ont démarché des « Marcheurs » pour être suppléants de la candidature de Madame Touraine. Une façon aussi de ne pas avoir, en cas de choix, de faire campagne pour le PS, un candidat macroniste qui viendrait indéniablement « pomper » des voix si importantes pour une réélection. Depuis, cet après-midi, on est furieux voire en colère rue de Solferino des pressions faites par la Ministre.

Une histoire dans l’histoire qui n’en restera pas là. Foi de socialistes en perdition. La suite est à observer de très près. Une dernière question se pose : Que décidera le camp « Macron » au moment où dans quelques jours, on va connaître officiellement les 577 noms des candidats qui partiront avec la bannière « En Marche ! ». Voilà bien un lancement de campagne dont se seraient bien passé les uns et les autres.

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