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Politique

Législatives : La gauche part divisée en Indre-et-Loire

Les élections législatives approchent à grands pas, à gauche comme à droite, les partis s’organisent pour lancer leurs candidats. A gauche, l’élection présidentielle a laissé des traces et après quelques semaines d’incertitudes, de négociations et discussions c’est finalement divisés que les candidats communistes, de la France Insoumise et écologistes partent en campagne…

Une occasion de ratée

C’est désormais acté, chacun partira dans son coin. Malgré des discussions et plusieurs tentatives de négociations, écologistes, communistes et insoumis n’ont pas réussi à s’entendre pour des candidatures communes. « La faute aux insoumis qui sont dans une posture hégémonique » disent les uns, « ils viennent vers nous pour surfer sur la vague Mélenchon, c’est trop facile » répondent les autres. L’histoire aurait pourtant pu se faire, mais les stratégies d’appareils semblent l’avoir emporté au final. Plusieurs propositions concrètes avaient même été faites notamment de la part d’EELV, absent de la Présidentielle mais souhaitant exister aux Législatives en se plaçant comme force de rassemblement. Les écologistes allant proposer comme répartition entre les différentes forces en présence : 2 circonscriptions pour la France Insoumise, 1 pour EELV, 1 pour le PCF et une décidée par tirage au sort (la Première celle de Tours)… « Nous pensions que cette répartition était équitable et comme sur la 1ere circonscription qui est symbolique, chacun avait un candidat qui tenait la route, le système de tirage au sort était juste » explique Philippe Geiger d’EELV.

Fin de non recevoir pour les Insoumis. Et si Claude Bourdin, candidat FI sur la 1ere circonscription, dit regretter également l’absence d’accord avec le PCF et EELV, il évoque surtout comme justification le fait que les négociations soient arrivées trop tard : « Notre programme de notre côté est clair, c’est celui de « L’avenir en commun », celui pour lequel 7 millions de Français ont voté à la Présidentielle, nous n’allons pas le changer. Si les autres partis voulaient nous rejoindre, ils le pouvaient sur cette base là, j’ai d’ailleurs proposé de mettre tous les logos de tous les partis à égalité sur les affiches et documents de campagne ».

mai2017L.Lema (PCF), C.Bourdin (FI), C.Dupin (EELV), candidats sur la 1ere circonscription

Des relations parfois tumultueuses

Derrière cette question de programme, se cache également d’autres raisons et des rancœurs aussi. Ainsi pour ce militant insoumis : « Le PCF a fait le strict minimum dans la campagne présidentielle et maintenant il vient chercher notre appui et il faudrait qu’on leur laisse la place, pas question ». Comme au National où la France Insoumise a porté plainte contre le PCF pour utilisation de l’image de Jean-Luc Mélenchon, les relations entre insoumis et communistes sont tumultueuses et ont même failli coûter sa place à Frédéric Nobileau sur la circonscription d’Amboise. Le candidat de la France Insoumise a en effet manqué de perdre son investiture pour avoir tenté de négocier avec les communistes et les écologistes de son côté, chose mal perçue par des militants insoumis qui ont fait remonter l’affaire jusqu’aux instances nationales du mouvement… Et si le candidat sur Amboise a gardé finalement son investiture, cet épisode fut l’occasion d’un rappel à l’ordre.

Persuadés de pouvoir surfer sur les bons scores et la dynamique de Jean-Luc Mélenchon, les Insoumis ont donc fait le choix de partir seuls, ne laissant comme choix aux écologistes et communistes que de se ranger derrière eux.

Oui mais les élections législatives sont également importantes sur le plan financier pour les partis. Avec 1,40 euro à chaque voix obtenue, elles sont une source de financement importante des mouvements politiques. Difficile alors de s’effacer complètement. Pour Philippe Geiger : « Nous avons montré de notre côté que l’on était prêts à s’effacer sur certaines circonscriptions pour des candidatures communes, mais nous ne pouvons accepter de nous effacer complètement. Dans des négociations chacun doit faire un pas vers l’autre ».

Il en reste pas moins une impression d’occasion ratée… Avec un PS au plus bas et une attente importante d’une partie de l’électorat de gauche rejetant Emmanuel Macron, la gauche hors-PS avait en effet une opportunité en or de recomposer le champ politique en devenant un vrai contrepoids à gauche à Emmanuel Macron… En partant divisée cette possibilité s’en retrouve fortement réduite…