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Politique

Législatives : Carton plein pour En Marche en Indre-et-Loire

Comme partout en France, la vague politique En Marche a tout balayé sur son passage en Indre-et-Loire à commencer par les partis traditionnels de gouvernement LR et PS, réduits aux rôles de faire-valoir…

En Marche : 4 candidats +1 en tête.

Combien La République En Marche aura de députés dimanche prochain à l’issue du 2e tour des Législatives ? 350, 400, plus ? A l’issue du premier tour, le parti d’Emmanuel Macron est en position de force, comme rarement un parti a été ces dernières décennies. En Indre-et-Loire, c’est un carton plein que peuvent réaliser les Macronistes. LREM présentait 4 candidats dans ces élections, et les 4 sont en effet largement arrivés en tête. Sur la première circonscription, celle de Tours, Philippe Chalumeau obtient plus de 36%, soit 12 de plus que le score réalisé par Emmanuel Macron à la Présidentielle. Sur la deuxième, Daniel Labaronne, maire de Bléré, devance Claude Greff de 15 points. Idem sur la 4e et la 5e où les candidates Fabienne Colboc et Sabine Thillaye partiront avec un net avantage sur leurs concurrents (+17 et +20 points). Si on ajoute le score de Marisol Touraine, encore officiellement socialiste mais se plaçant sous la majorité présidentielle, ce sont bien 5 candidats macronistes qui peuvent être envoyés au Palais Bourbon la semaine prochaine. Impensable il y a peu encore… Et si les observateurs s’attendaient à un large vote en faveur des candidats du parti présidentiel, nul n’aurait pu parier sur une telle razzia. Vote d’adhésion ou non, dans les faits, le système du quinquennat et de l’enchaînement Présidentielles + Législatives conduit forcément à un bonus pour le président sortant des urnes, les électeurs ne se sont pas déjugés et ont suivi le vote du mois dernier. Si ces résultats se confirment la semaine prochaine, La République En Marche aurait un boulevard devant elle pour appliquer la politique promise par Emmanuel Macron.

L’abstention au plus haut

L’autre enseignement à tirer de ce premier tour est forcément l’abstention : Plus d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé pour aller voter. Inédit là-aussi pour une élection Législative. Désintérêt de la politique, défiance à l’égard de la classe politique (quelle qu’elle soit), fatigue d’une très (trop) longue campagne qui a vu se succéder Primaires, Présidentielles, Législatives… Le système est à bout de souffle, les signaux ont déjà été envoyés par des électeurs ne croyant plus aux promesses électorales. Le malaise était perceptible, il s’est renforcé ce dimanche. Il serait temps de le prendre en compte. Car comme à chaque élection à faible participation, les candidats se sont succédés hier soir sur les plateaux TV et autres pour s’inquiéter de ce rejet, mais demain comment oeuvreront-ils à enrayer cette tendance ? Là-encore, ce point sera un enjeu crucial à prendre en compte dans la recomposition politique qui va s’opérer.

Le PS coule encore plus bas

Le PS a définitivement sombré ce dimanche 11 juin. Déjà l’eau s’était infiltrée de partout, entraînant dans les abysses un parti au crépuscule de sa vie, du moins dans sa forme actuelle. Les ponts ont cédé et ont entraîné avec eux les candidats socialistes et alliés. Balayée Mélanie Fortier sur la 5e circonscription qui récolte à peine plus de 5%. Pire affront encore pour Isabelle Gaudron, revenue dans le giron PS après avoir été dissidente en 2012 et qui sur ses terres d’Amboisie ne récolte à peine plus de 6% des voix. Que dire de Laurent Baumel, député sortant sur la 4e circonscription et qui espérait bien passer entre les mailles du filet grâce à sa côte de sympathie et son passé de frondeur. Mais les élections sont parfois impitoyables et l’étiquette socialiste devait être un fardeau conduisant Laurent Baumel au terme d’un coude à coude avec Hervé Novelli pour la deuxième place qualificative, à se faire éjecter d’une circonscription qu’il avait fait sienne 5 ans auparavant. Un symbole fort de la déroute socialiste.

Seule note positive dans ce marasme, la qualification presque surprise de Jean-Patrick Gille sur la 1ere circonscription. Bien sûr, le député sortant se retrouve à plus de 20 points de Philippe Chalumeau, et n’obtient qu’à peine plus de 15% des voix, néanmoins cette qualification vaut presque pour une victoire lors d’une telle soirée. Attaqué sur sa gauche par de multiples candidats, Jean-Patrick Gille savait la tâche compliquée mais a pu bénéficier de sa bonne image en local pour passer au second tour.

Lourde défaite pour la droite à Tours

Sur cette 1ere circonscription, la droite tourangelle a continué à se perdre. Après l’échec des Régionales fin 2015, le faible score aux Présidentielles, c’est cette fois Céline Ballesteros, la candidate LR qui a subi les foudres du vote populaire. Avec 13% des voix, le score de la candidate LR est historiquement bas. Une défaite de la droite dans son ensemble incapable de répondre à l’offensive des macronistes qui lui ont siphonner une partie des voix, mais aussi de la droite babaryste. Figure de la majorité du maire de Tours élue en 2014, Céline Ballesteros représentait en effet cette droite arrivée aux affaires de la ville il y a trois ans. Il va être difficile après cette nouvelle défaite de se retrancher derrière une tendance nationale ou autre, comme lors des Régionales, pour Serge Babary. Sa majorité n’a plus le choix, elle va devoir assumer aussi cette défaite. Une défaite d’autant plus cinglante que Céline Ballesteros n’arrive finalement qu’en 4e position derrière Philippe Chalumeau, Jean-Patrick Gille et Claude Bourdin de la France Insoumise, devancé de son côté que de 300 voix par Jean-Patrick Gille.

Ailleurs dans le département, la droite peut espérer sauver les meubles avec Sophie Auconie sur la 3e circonscription. Qualifiée pour le 2e tour, cette dernière défiera une Marisol Touraine portée par le vote macroniste mais sans grandes réserves de voix. En cas de victoire, Sophie Auconie tiendrait là une belle revanche sur son propre camp, elle qui avait été plus ou moins éclipsée des affaires depuis 2014. Une revanche personnelle qui permettrait à la droite de sauver les apparences également, mais pas le fond… En effet à la lecture de ces élections, tout comme le PS, les Républicains et l’UDI risquent d’entrer dans une période de difficultés, avec l’obligation de repenser et refondre le logiciel politique rejeté aujourd’hui en masse par les électeurs.

La France Insoumise en baisse mais première force d’opposition à gauche

Les Insoumis n’auront pas réussi à maintenir les scores de Jean-Luc Mélénchon à la Présidentielle, mais réalisent partout des scores honorables, oscillant entre 11 et 13% des voix, les plaçant comme principale force d’opposition de gauche à la République En Marche. Une maigre consolation ceci-dit, car FI paye ici l’absence d’union à gauche, puisque incapables de s’entendre avec EELV et le PCF, dans chaque circonscription c’est trois candidats qui se présentaient pour autant de partis. A Tours, Claude Bourdin rate le coche de 300 voix seulement pour la qualification au deuxième tour, d’autant plus dommage qu’en cumulant les votes PCF et EELV, le candidat de la France Insoumise se qualifiait largement. L’enjeu est néanmoins ailleurs et Claude Bourdin montre qu’il faudra compter sur lui à l’avenir, et continue son installation comme leader de « la gauche de la gauche » à Tours. De quoi envisager et préparer déjà les Municipales de 2020… Ailleurs La France Insoumise s’installe partout en 3e ou 4e position tandis qu’EELV ne passe les 5% que dans deux circonscriptions et que le Parti Communiste est réduit au mieux à moins de 4% des voix… Si la stratégie était de conforter le leadership de la gauche, la France Insoumise a réussi son pari.

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