Politique

Le Préfet d’Indre-et-Loire, Louis Le Franc, sur le « pont » de la sécurité, suite au drame de Berlin…

Messes ce samedi 24 décembre, marché de Noël boulevard Heurteloup, importante fréquentation rue Nationale…, autant de points névralgiques que le préfet d’Indre-et-Loire, Louis Le Franc, a passé sous le bout de sa lorgnette avec le prisme d’une sécurité renforcée suite à l’attentat de Berlin. C’est en début d’après-midi qu’il s’en est expliqué à la presse.

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« Dans l’heure qui a suivi l’attentat de Berlin, nous avons reçu des instructions précises pour prendre de nouvelles mesures de sécurité ». Ce témoignage est celui du Préfet d’Indre-et-Loire, Louis Le Franc. Ce matin, le plus haut fonctionnaire du département a réuni l’ensemble des représentants des forces de Police et de Gendarmerie, ainsi que la mairie de Tours représentée par Oliver Lebreton, adjoint à la sécurité. « Oui, il existe ici aussi un potentiel de dangerosité ». Si le préfet alerte et interpelle aussi les médias, c’est aussi pour montrer qu’en cette période de fêtes, les services de l’Etat et la sécurité intérieure sont à nouveau sur le pont depuis hier soir.

Le Ministère de l’Intérieur a demandé une vigilance particulière aux préfets pour assurer la sécurisation des messes de Noël

Pour le préfet, il était utile de faire un inventaire des grands rassemblements pour cette fin d’année, qui voit chaque jour des milliers de Tourangeaux oublier le traqua quotidien pour ne penser qu’aux festivités de Noël. Et justement Noël, tout un symbole qui conduit le préfet à renforcer le dispositif de sécurité sur la ville de Tours, mais aussi sur les communes importantes du département comme Chinon, Loches ou Amboise. Le Ministère de l’Intérieur a demandé une vigilance particulière au préfet pour assurer la sécurisation des messes de Noël. « Le samedi 24 décembre est particulier. Il y aura des messes à la Basilique St-Martin et à la Cathédrale St-Gatien de Tours » rappelle le préfet. Ici à Tours, le plan Vigipirate est comme partout ailleurs « renforcé » et non en vigilance « attentat ». N’empêche, des mesures supplémentaires seront mises en œuvre : filtrage à la cathédrale de Tours par le personnel du diocèse, ouvertures de sacs et manteaux et patrouilles dynamiques (ilotages) de la Police Nationale et Municipale.

Le Marché de Noël, boulevard Heurteloup à Tours

Même son de cloche en ce qui concerne l’important marché de Noël sur trois ilots du Boulevard Heurteloup. « J’ai demandé un doublement voire un triplement des contrôles pour accéder au marché de Noël. On veut éviter aux armes à feu et aux armes blanches de passer » explique le regard grave le préfet Le Franc. Pour lui, ce marché de Noël sur le boulevard Heurteloup n’est peut-être pas le meilleur endroit pour une telle manifestation. Et il s’en est confié à ce propos à la Ville de Tours et à son représentant, Olivier Lebreton. Une façon au préfet de prévenir pour l’avenir…

La rue Nationale, point faible du dispositif

Une interrogation subsiste pour la rue Nationale. Les samedis, la rue principale du centre-ville est prise d’assaut par les piétons, badauds et flâneurs venus faire leur course. « Pour cette rue, il faut rebattre les cartes et nous devons réduire le risque » tempère Louis Le Franc. Serein dans ces propos, on peut y desceller une certaine inquiétude et elle est de taille. Noire de monde le week-end et actuellement en période de fêtes, il n’y a pas moins de 12 accès voitures qui débouchent sur cette artère centrale. Un vrai point de vulnérabilité pour une attaque au camion bélier par exemple. « On va multiplier ici les patrouilles de policiers et particulièrement le samedi 24 décembre ». Cette décision du préfet a été prise de concert avec les autorités de la ville. Mais il souhaite que dans un futur proche des mesures soient prises par la ville.

Hasard du calendrier, deux ans jour pour jour l’attaque du commissariat de Joué-lès-Tours

Et puis hasard du calendrier, aujourd’hui, cela fait 2 ans jour pour jour qu’a eu lieu l’attaque du commissariat de Joué-lès-Tours. Un anniversaire dont se serait bien passé le préfet. « Les policiers des différents commissariats sont vigilants aujourd’hui … ». Le préfet n’est pas homme à la surenchère mais appelle toutes et tous à être prudents : « Il faut faire attention, il n’existe pas de solutions miracles ». Le gouvernement et le Ministère de l’Intérieur ont considéré l’attaque du commissariat de Joué comme le premier acte terroriste de la longue et tragique liste que nous connaissons.

Et quand on lui pose la question de savoir où il passera ces fêtes de Noël en famille, le préfet retrouve un sourire timide « je serai là »… Une présence si jamais…

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