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La Riche : un malaise général au sein de la Mairie ?

Suspension d’une directrice de service, plainte pour harcèlement envers la directrice générale des services, plaintes de cette dernière et du maire pour diffamation envers deux anciens agents de la ville, alerte d’un syndicat sur des problèmes de management, placement du maire sous protection juridique fonctionnelle… la semaine qui vient de s’écouler ne fut pas des plus simples au sein de la ville de La Riche, avec pour conséquence une crise interne pesante.

Un trou de 160 000 euros pour le centre social

C’est avec une certaine solennité que le sujet est apparu en ouverture du Conseil Municipal ce mercredi 02 octobre. Non pas directement et frontalement, mais par le biais d’un volet important pour la commune : la question du centre social.

Celui-ci est au centre de l’agitation qui sévit au sein de l’Hôtel de Ville de la commune. La priorité pour les élus également disent-ils. Ils ont d’ailleurs voté une modification de budget pour flécher 160 000 euros en direction du centre social, « afin de payer les salaires des employés. » Le centre social de la commune est en effet en difficultés suite à la perte de son agrément de la CAF. Un épineux problème causé par l’envoi en retard de documents et de demandes de subventions de la part de la directrice des solidarités, a expliqué le maire de la ville qui évoque des « fautes graves justifiant sa suspension provisoire. »

Plaintes croisées entre la directrice des solidarités et le maire

C’est le cas personnel de cette dernière qui a jeté le trouble sur l’ambiance au sein des services de la ville. Embauchée en février dernier, elle a été suspendue de ses fonctions par le maire en septembre. Une suspension notifiée par huissier sur son lieu de travail qu’elle a été priée de quitter entourée de deux policiers municipaux. « Ils étaient présents afin d’assurer la sécurité du service RH » a encore justifié Wilfried Schwartz, interpellé par son opposition sur le sujet.

Une suspension à l’origine de la polémique actuelle. Suite à celle-ci, un courrier, nommé « Manifeste des Larichois en colère », a en effet été envoyé aux médias et distribué sur la commune. Le maire et sa directrice générale des services, Ouassila Soum, y sont directement mis en cause avec des termes forts : « Management par la peur », « harcèlement moral », « intimidations », « méthodes staliniennes » … peut-y lire notamment. Un courrier qui ne s’arrête d’ailleurs pas à ce seul cas, puisqu’il cite pêle-mêle le départ de nombreux collaborateurs de la ville de La Riche, tous dans des postes de direction, ces deux dernières années. Si le courrier est resté anonyme, il est suffisamment explicite pour jeter le doute sur l’ambiance qui règne dans les locaux de l’Hôtel de ville larichois. On y apprend entre-autre que la directrice suspendue a porté plainte pour harcèlement envers la DGS.

Du côté de la Municipalité de La Riche et du maire Wilfried Schwartz, l’avis est tout autre. Ce dernier explique notamment avoir du placer sa DGS sous protection fonctionnelle, suite à des attaques et du harcèlement émanant de la directrice des solidarités qu’il a retiré de la hiérarchie de Ouassila Soum pour la placer sous la responsabilité du Directeur Général Adjoint (DGA).

Parole contre parole donc dans une affaire qui sera jugée par les instances compétentes, plusieurs plaintes ayant été déposées de part et d’autre. Pour harcèlement d’un côté, pour diffamation de l’autre.

Un malaise plus généralisé ?

Cette affaire fait suite à une première alerte. En juin dernier, en conseil municipal, l’opposition s’était en effet déjà inquiétée de l’ambiance dans les services de la ville. Ce mercredi soir, au moment même où le sujet était en débat au conseil municipal, la CGT de la Métropole envoyait un communiqué de presse. Dans celui-ci, le syndicat se défendait d’être l’auteur du manifeste cité plus haut mais tenait à rappeler qu’il avait alerté depuis un certain temps sur la souffrance d’agents en service. Un premier tract avait en effet été envoyé en décembre dernier, puis de nouveau en juin 2019 où la CGT pointait « un turn-over incessant » mais aussi « un autoritarisme exacerbé, une absence de concertation et surtout un manque de considération envers les agents. »

« Nous avons lancé une procédure de qualité au travail » répond aujourd’hui Wilfried Schwartz. « On parle d’une vingtaine de mobilités sur 250 agents et avec des situations différentes » poursuit-il en refusant le généralisme des propos et en s’appuyant sur les témoignages d’agents ayant réfuté les accusations devant la presse et ayant défendu le maire et sa gestion.

« On a conscience qu’un certain nombre de changements que l’on a demandés ont pu conduire à des situations de mal être, on a peut-être manqué de vigilance et fait preuve de maladresse » dit-il néanmoins tout en affirmant : « Les choix qui ont été fait l’ont toujours été dans l’intérêt de la ville et dans l’intérêt général. »  Wilfried Schwartz plaide ainsi la bonne foi et promet plus de vigilance, mais pour Nathalie Touret, membre de l’opposition : « Les départs de ces deux dernières années auraient dû vous alerter. C’est une situation dont vous auriez dû vous inquiéter plus tôt. »

Une polémique politique ?

A 5 mois des Municipales difficile de ne pas se demander si la polémique n’a pas un fond politique également. « Cette accusation de fin de mandat est un peu opportune » se contente de dire le maire de La Riche. L’opposition de droite au conseil municipal affirme ne pas vouloir jouer à ce jeu, « Le temps est près des élections, mais nous ne sommes pas derrière cette affaire. On espère que tout va s’apaiser » a déclaré ainsi Nathalie Touret. Le maire leur a publiquement reconnu cela : « J’espère que personne ne souffle sur les braises. Je sais madame Touret que vous n’êtes pas à l’origine de ce soufflage de braises. »

Qui alors ? L’élection qui arrive et qui s’annonçait plutôt tranquille pourrait être plus agitée que prévue. Pour l’instant, chacun avance masqué, mais d’ici quelques semaines tout se fera à visages découverts. Bien sûr, avec cette ambiance pesante, propice aux plaintes de toutes parts, chacun veillera à ne pas déraper et surveillera ses propos. L’art en politique est aussi de lire entre les lignes et du côté des soutiens du maire de La Riche on affirme savoir d’où viennent les attaques, sans en dire plus pour le moment. Ici aussi, la campagne promet. A suivre…

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