Politique

Guerres secrètes au PS37

Alors que les Etats Généraux du Socialisme lancés par Jean-Christophe Cambadélis sont en cours dans toutes les fédérations PS de France, certains préparent déjà l’avenir. Enfin… leur avenir. Petites indiscrétions au sein de la fédération socialiste d’Indre-et-Loire.

« Le Parti Socialiste a besoin aujourd’hui de bâtisseurs. Ici à Tours, comme partout en France ! ». Les mots de ce militant de gauche résument à eux seuls le travail dans lequel la gauche socialiste s’inscrit. Rénover en profondeur un parti promis à de lourdes défaites dans les mois à venir. Les élections municipales sont déjà loin mais elles ont laissé des traces profondes au sein de la fédération d’Indre-et-Loire.  Les « baronnies » qui se partageaient le territoire tourangeau sont tombées. Jean Germain et Philippe Le Breton ont perdu leur fief. Jean-Jacques Filleul a préféré se consacrer à son mandat de sénateur. Les grands barons du PS ne sont plus, mais ils restent très présents dans les esprits et auprès de ceux qui les ont servis.

Au moment où le militantisme devrait être l’une des solutions au renouvellement des idées et du débat au PS 37, les luttes et guerres secrètes font rages. Les rois déchus, on laissé la place aux « princes » du socialisme ligérien. Comme disait Shakespeare dans Hamlet, « il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark », certains militants exaspérés par l’ambiance interne au sein des socialistes tourangeaux en sont à penser la même chose du « royaume socialiste ».

Le socialisme de « cabinet » s’agite

Le 29 septembre dernier à la section PS de Montbazon, Pascale Boudesseul est missionnée pour prêcher la bonne parole et les vertus des Etats Généraux du PS, censés redonner la parole à la base. L’élue d’opposition à Ballan-Miré fait le job et se rend dans cette commune du sud de l’agglomération. Ce type de réunion habituelle dans la vie démocratique d’un parti va tourner au vinaigre et au piège pour cette représentante de la fédé 37. Les « princes » entrent en action… Christophe Lugnot, conseiller d’opposition à Monts, prend à partie Mme Boudesseul. M. Lugnot n’est pas seulement un élu local, il est surtout et avant tout l’un des collaborateurs de cabinet de Frédéric Thomas au sein du Conseil Général d’Indre-et-Loire, en charge des questions de transports et des collèges. Il reproche à P. Boudesseul de préparer le retour de Claude Roiron avec la complicité de Michael Cortot (le 1er secrétaire du PS 37). Quels rapports, nous direz-vous, avec la question qui intéresse ce soir là les militants à Montbazon ? Aucun ou presque.

Le socialisme de « cabinet » s’agite. Les prochaines élections ne sont pas loin. En Mars 2015, les élections cantonales vont laisser du monde sur le carreau. Certains élus et leurs collaborateurs vivent peut-être leurs derniers mois de mandat ou de collaboration. A Tours et autour, on a peur du retour de celle qui fut largement jetée en pâture aux lions. L’ombre de Claude Roiron plane comme un fantôme épris de vengeance. Et ceux qui mènent la bataille pour éviter son retour, sont ceux-là même que l’on retrouve au sein des cabinets du Conseil Général 37, Conseil Régional et des Parlementaires d’Indre-et-Loire. Ils existent entre ces « conseillers », une sorte de coexistence pacifique pour unir leurs forces. Mais pour combien de temps ?

« Ces gens là sont une minorité très nuisible à notre parti » 

On sait Christophe Lugnot très proche de Sylvain Brochard, conseiller technique au sein du Conseil Régional. Ce que l’on sait moins, c’est que ces deux salariés de la politique sont respectivement pour l’un, l’un des proches de Marisol Touraine, l’actuelle Ministre de la Santé et pour l’autre les yeux et les oreilles de Jean-Marie Beffara, député d’Indre-et-Loire. Pour certains militants, « c’est gens là sont une minorité très nuisible à notre parti. Ils veulent rejouer avec leurs mentors, le match : Tous contre Claude Roiron !! ». Pourtant, ces conseillers ont de l’influence auprès de certains élus. A tel point que l’on ne sait plus qui est qui ou qui fait quoi. Il se murmure dans les couloirs du Conseil Général que C. Lugnot jouerait un rôle important auprès de Frédéric Thomas. Quid alors de son Directeur de Cabinet, Adrien Lenoir, censé être celui qui murmure à l’oreille du président. Ce dernier serait d’ailleurs en partance du CG pour voir si l’herbe n’est pas plus « rose » ailleurs. A. Lenoir serait remplacé par Elodie Barbeau, l’actuelle directrice de cabinet adjointe et ancienne collaboratrice de la mairesse déchue de Vendôme dans le Loir-et-Cher en mars dernier. On lui prête aussi le soutien moral de Wilfried Schwartz, le jeune maire de La Riche.

Ces trentenaires corvéables et fidèles à ceux qui les ont recrutés font alliance pour le moment. Mais l’heure va bientôt sonner où les postes de collaborateurs pourraient se réduire comme « peau de chagrin ». Certains ont déjà un coup d’avance. Franck Gagnaire, proche du député Jean-Patrick Gille, s’est casé à la Communauté de Communes de l’Est Tourangeau. Vincent Tison, collaborateur parlementaire de JP. Gille et conseiller d’opposition à Joué-lès-Tours, observe de près tous ces mouvements.

Seulement voilà. Si le quidam ne voit rien de ce qui se passe dans les coulisses des partis, les militants eux sont excédés par ces jeux de pouvoirs et de chaises musicales. Un élu socialiste de l’agglomération tourangelle s’inquiète : « Aujourd’hui les cartes sont brouillées. Les militants se plaignent que le PS ne fait plus de politique. Il n’y a plus de débats. La base doit reprendre la parole. Le socialisme de « cabinet », ça suffit !!! ».

Pourtant, si la base se plaint, force est de constater que cela arrange certains élus. Envoyer en avant la jeune garde est une technique bien connue. Elle a besoin de montrer son allégeance à ses pairs et surtout elle réalise les basses besognes. Alors au milieu de ce maelström de trahisons et de coups bas, certains doivent continuer à faire vivre la boutique « socialiste » en Indre-et-Loire. Bon courage Monsieur Cortot.

 

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