Politique

Générat-ion-s pose ses bases pour les Européennes

Les élections européennes auront lieu le 26 mai prochain. Pour les formations de gauche, l’enjeu est de taille : retrouver un peu de couleurs après des échéances catastrophiques ces dernières années. Mais la route sera longue, surtout que la gauche paraît plus divisée que jamais et que les intentions de vote ne sont guère réjouissantes. Pourtant, certains croient en de nouveaux horizons, c’est le cas notamment à Génération-s, le mouvement créé par Benoît Hamon. Ce dernier va pour la première fois se confronter au suffrage universel, avec un objectif clair : prouver qu’il faudra compter avec lui à l’avenir.

Au premier regard on pourrait se dire que c’est une offre politique de plus au sein d’une gauche morcelée avec le risque d’un émiettement des votes. Mais à Génération-s on se garde de vouloir jouer l’éclatement, en prenant comme assurance la proposition de votation citoyenne et l’appel lancé aux autres mouvements de gauche par Benoît Hamon début février. Un appel refusé par les potentiels partenaires : communistes, insoumis, socialistes ou écologistes. Conséquence : Génération-s se lance dans la bataille et a annoncé la semaine dernière les 30 premiers candidats aux Européennes.

Benoit Hamon et Ouassila Soum

Dans cette liste, on retrouve une candidate d’Indre-et-Loire : Ouassila Soum. La trentenaire qui occupe le poste de directrice générale des services de la ville de La Riche, n’est pas une inconnue dans le paysage politique local puisqu’elle est élue municipale et adjointe à Saint-Pierre-des-Corps. Comme Benoît Hamon, l’élue vient du parti Socialiste. Au sein de Génération-s d’Indre-et-Loire ils sont plusieurs dans ce cas comme Marie-Line Moroy (élue municipale à Joué-lès-Tours), ou Jacky Paris ancien cadre du PS en Indre-et-Loire.

Il serait réducteur malgré tout de restreindre le mouvement aux seuls anciens socialistes. Parmi la centaine de membres revendiqués en Indre-et-Loire, Génération-s a aussi des proches écologistes, des syndiqués, mais surtout des personnes nouvelles en politique, n’ayant jamais adhéré à un parti avant. « il y a une réelle exigence d’une démocratie participative mettant les citoyens au coeur de l’action » explique Ouassila Soum. Une exigence à laquelle un mouvement comme Génération-s, moins contraignant et moins rigide qu’un parti traditionnel peut répondre selon cette dernière. « On le voit dans les 30 premiers noms dévoilés, 30% ne sont pas membres de Génération-s, et puis notre mouvement est horizontal, collectif et démocratique ».

« Nous voulons créer une nouvelle idéologie de gauche » précise Jacky Paris, en travaillant « sur un triple axe : social, écologiste mais aussi citoyen ». Pour les élections européennes cela se déclinera sous la forme d’un rassemblement avec onze partis européens issus de 8 pays et regroupés sous l’appellation « Le printemps européen ». Un conglomérat qui défend notamment la candidature de l’ancien ministre grec Yanis Varoufakis comme président du Parlement Européen.

« L’Europe est l’échelon pertinent aujourd’hui, seulement on voit que cela ne fonctionne plus, il faut donc revoir les choses » expliquent les membres de Génération-s. Pour y arriver, le mouvement de Benoît Hamon porte des mesures audacieuses et ambitieuses comme le New Deal Vert, une sorte de grande politique écologique et énergétique en faveur de l’économie verte qui aurait un budget 1000 000 milliards d’euros. Parmi les autres points avancés : l’idée d’un impôt sur la fortune européen, d’une taxe robots pour financer la protection sociale, la révision des politiques migratoires vers une Europe plus ouverte ou encore la défense d’un droit à l’IVG à l’échelle européenne.

Autant de propositions qu’il faudra faire connaître. Pour Generation-s, le plus dur commence. Convaincre, se faire entendre, trouver une légitimité et une crédibilité. Le travail de terrain ne fait que commencer.

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