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Franco-Gourmandes : la Région va-t-elle financer ?

C’est avec le point à l’ordre du jour concernant le vote de 645 000 euros de subventions (sur les 10 229 000 euros alloués cette année par la ville) que la question du financement du nouveau festival « Tours et ses Franco-Gourmandes » s’est invitée dans les débats du Conseil Municipal hier soir. Il faut dire que les élus avaient à voter notamment la subvention de 100 000 euros pour l’événement porté par la Cité de la Gastronomie et la société événementielle Morgane Production (Francofolies de La Rochelle, Fnac Live, Printemps de Bourges…)

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Une subvention qui a du mal à passer auprès de certains élus de l’opposition dont Emmanuel Denis, qui avait déjà fait part de ses critiques en Conseil Communautaire à Tours Métropole et qui les as réitérés hier : «  Il y a un problème, il est noté que la Région va verser 150 000 euros, mais selon mes informations c’est faux. Je note que le Département ne finance pas non plus et que la ville et la Métropole vont être seules à financer ». Et l’élu écologiste de continuer en faisant part de son scepticisme sur la portée de l’événement et sur l’événement en lui-même : « C’est un projet hors-sol avec un financement très important des collectivités. Mais quelles garanties avez-vous de Morgane Productions qui est parti de Tournus pour cause de baisse de subventions justement ? »

Des propos auxquels le Maire de Tours s’est empressé de répondre, en signifiant que «  Le département participe de moins en moins à quoique ce soit ». Quant à la Région, Serge Babary l’affirme «  vous êtes approximatif comme toujours parce que la Région soutient bien l’événement. Et dans le détail, le maire de Tours d’affirmer 80 000 euros de subventions de fonctionnement à la Cité de la Gastronomie de la part de la Région, ainsi qu’une subvention exceptionnelle de 50 000 euros ainsi que le financement de deux emplois en Cap’Asso.»

Christophe Bouchet, en charge des grands événements et du rayonnement a tenu lui aussi à répondre à Emmanuel Denis. « Tours est la Cité de la Gastronomie qui utilise le moins de moyens publics sur les quatre (ndlr : Rungis, Dijon et Lyon partagent également le label avec Tours ». Pour l’adjoint à la ville : « Les Franco-Gourmandes ont quitté Tournus parce qu’elles y étaient à l’étroit et qu’elles voulaient se tourner vers une plus grande ville. Quand à l’argent public investi, Christophe Bouchet d’assumer : « l’argent investi est à la hauteur de l’ambition, nous l’assumons parce que nous pensons que ce sera un grand événement. Vous nous reprochez assez qu’il n’y a pas de grands événements ». Fermez le ban. Enfin sur ce point, car en ce qui concerne le financement de la Région, rien n’est moins clair.

Et si l’élu à la Région Pierre Commandeur a confirmé la subvention initiale de 80 000 euros et celle exceptionnelle de 50 000 euros de la part de l’instance régionale, tout en affirmant que ces sommes n’étaient pas fléchées vers le festival mais vers la Cité de la Gastronomie (qui a donc le loisir d’en faire ce qu’elle veut derrière), il a néanmoins temporisé sur le financement des deux Cap’Asso qui doivent d’abord passer en commission pour être validés.

Jointe par téléphone, Christelle de Crémiers, vice-présidente du Conseil Régional en charge notamment du tourisme, du terroir et de l’alimentation affirme de son côté catégoriquement que la Région ne financera pas directement l’événement : « La Cité peut flécher nos subventions à cet événement si elle le souhaite mais il est faux de dire que que la Région soutient le festival Les Franco-Gourmandes. Nous soutenons l’association Cité de la Gastronomie ».  Et la vice-présidente régionale de poursuivre :  » Nous n’ajoutons pas de subventions à cet événement. La région soutient la Cité de la Gastronomie à hauteur de 80 000 euros et les 50 000 euros supplémentaires sont pour des nouveaux projets à venir, mais pas dédiés aux Franco-Gourmandes ».  En clair, les subventions publiques annoncées sur cet événement sont donc issues du budget propre de l’association. « Le dossier des Franco-Gourmandes a été déposé à la Région le 02 juin et il n’a pas été validé ». 

Partenaire de la Cité de la Gastronomie au même titre que les autres collectivités (Ville, Métropole, Département), la Région Centre-Val de Loire passe avec l’association porteuse du label une convention collective (qui sera à renouveler en octobre prochain) à travers laquelle le financement régional est soumis à un plan d’action, explique par ailleurs Christelle de Crémiers. En clair, l’aide de la Région est et sera conditionnée à certains engagements, « Nous avons conditionné les subventions futures à un plan d’action, notamment la labellisation d’événements existants ». Et notre interlocutrice de réaffirmer néanmoins son soutien à l’association présidée par Emmanuel Hervé : « La Cité de la Gastronomie a une mission globale d’intérêt général et peut avoir un bel avenir. Elle doit être une vitrine du tourisme et de la gastronomie de la Région Centre-Val de Loire, c’est pour cela que nous la considérons comme un partenaire avec qui nous voulons travailler sur le long terme ». 

Crédit photo : Les Francos Gourmandes en 2015 (c)Franco Gourmandes

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