Politique

Elections Législatives à Tours : les doutes de Jean-Patrick Gille

A moins d’une semaine du deuxième tour des élections présidentielles, le député de Tours exprime haut et fort son choix pour Emmanuel Macron. Mais malgré son choix sans équivoque, Jean-Patrick Gille a déjà la tête tournée vers les élections législatives. Se présentant pour un troisième mandat, le député PS a aussi ses doutes et ses interrogations. Pour lui, se prépare une campagne difficile avec un paysage politique morcelé et éclaté.

« Je suis candidat et je voterai dimanche prochain Emmanuel Macron ». C’est sans aucun doute que Jean-Patrick Gille votera pour l’ancien ministre de François Hollande. « Face au FN, on vote contre l’extrême droite et on minimise son score !… ». Mais le soutien du député de Tours pour Emmanuel Macron n’est pas sans une certaine réserve voire une appréhension : « j’attends d’Emmanuel Macron qu’il nous dise où il se place et dans quel sens on doit marcher ! ». Adepte inconditionnel de la petite phrase, le député mi-frondeur, mi-légaliste du Parti Socialiste attend que ces élections législatives soient le moment de la clarification et des choix d’orientation du probable futur président.

« On sera dans une majorité d’idées »

37°-Samedi-10-0472-1600x2400Mais alors quelle majorité donner à Emmanuel Macron ? Et ce, au moment, où chez « Les Républicains », on semble vouloir exercer un contre-poids revanchard face à un président de 39 ans. Jeux des institutions oblige et concomitance des quinquennats présidentiels et parlementaires, la cohabitation apparait possible. « On sera dans une majorité d’idées » tempère le député. Une façon de s’exprimer sans appeler un chat un chat. Et quand on l’interroge sur le « Titanic » socialiste, il ne répond pas aux raisons d’un bateau qui prend l’eau de toute part et des vrais choix que devront faire les socialistes dans les prochaines semaines et prochains mois. Alors Jean-Patrick Gille déboussolé ? Peut-être depuis les 6,3 % de benoit Hamon qu’il a soutenu officiellement. Ce soutien qu’il veut légitime est aussi à mettre en perspective des résultats du candidat malheureux. A Tours, B. Hamon a réalisé 9 % soit près de 3 % de plus qu’au niveau national. Un résultat encourageant qui semble démontrer que les socialistes tourangeaux ne sont pas encore reclus à un simple mouvement d’idées. Jean-Patrick Gille inquiet ? Certainement. Face à lui dès le 8 mai au matin, des candidats et candidates qui auront tous les yeux tournés vers son siège de député sortant. Parmi eux, des partenaires historiques des socialistes qui ne joueront pas la carte de la gauche plurielle ou de gouvernement. Des partenaires qui n’en auront que faire de faire perdre les socialistes, semble-t-il. Si l’adversaire désigné du député PS de Tours est bien Céline Ballesteros, l’élue Républicaine, adjointe au Maire de Tours, à côté de lui, il y aura d’autres adversaires qui veulent en découdre. Claude Bourdin pour la Gauche Insoumise de Jean-Luc Mélénchon mais aussi un candidat « Vert » et même un jeune candidat communiste. Mais aussi une réelle inconnue, le score du candidat Macroniste, Philippe Chalumeau.

« J’ai voulu être un pont entre les deux camps, frondeurs et majorité gouvernementale »

Difficile de voir aujourd’hui si Jean-Patrick Gille est en mesure de garder son siège. La multiplicité des candidatures à gauche va être une sacrée épine dans le pied pour celui qui se dit « social-démocrate ». « Je veux une synthèse entre socialisme, écologie et construction européenne… ». Alors quand on l’interroge sur ses hésitations pendant l’épisode de la Fronde face à Manuel Valls, alors Premier ministre, le député se défend : « J’ai voulu être un pont entre les deux camps, frondeurs et majorité gouvernementale ». Rassembleur Jean Patrick-Gille ? Evidemment. Au moment où la gauche morcelée doit recoller les morceaux pour espérer avoir quelques députés à l’Assemblée Nationale à la mi-juin.

Pour le député sortant, il est difficile de cacher ses doutes et ses interrogations face à la situation inédite que vit le pays aujourd’hui. Alors pour conjurer le sort qui touche le monde politique, il veut « faire des propositions pour travailler avec les citoyens directement ». Un vœu qui résonne comme une volonté d’une démocratie plus participative comme l’a bien compris le mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron.

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