Du Bourget au Medef : des militants socialistes déboussolés

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Depuis 2012, les militants socialistes ont appris à ronger leur frein. Depuis 2012 pourtant ils font bonne figure sur la place publique, martelant avec une discipline de parti qu’il fallait être patient, que les résultats du travail du Président Hollande et de son gouvernement allaient se voir prochainement, que pour l’instant il était obligé de faire avec les dégâts laissés par la droite et ses 10 ans de gouvernance… Depuis 2012 les socialistes continuent ainsi – ou plutôt « continuaient » – d’entretenir l’espoir, celui de voir un gouvernement socialiste sortir des politiques d’austérité et redresser le pays par une politique de gauche. Le dernier remaniement et le discours de Manuel Valls à l’université d’été du Medef ont sonné le glas des derniers espoirs pour beaucoup, qui ne se cachent plus pour dénoncer ce qu’ils appellent : « la trahison du discours du Bourget ».

IMG_5311« Alors que François Hollande vire à droite, les défenseurs d’un socialisme moins libéral tombent le masque »

 

Quelques jours après le discours de Manuel Valls à l’université d’été du Medef et la veille de celle du PS à La Rochelle, nous avons recueilli les propos de quelques militants ou sympathisants locaux du parti gouvernemental. Première impression qui se dégage : les militants n’hésitent plus à se montrer critiques envers François Hollande et le gouvernement. Deuxième impression directement en lien avec la première : les députés frondeurs ont la cote chez les militants d’Indre-et-Loire, à commencer par Laurent Baumel, que tous jugent intéressant. « Son message va dans le bon sens, celui de ne pas axer sa politique que sur celle de l’offre » explique l’un d’entre eux.

 

La Touraine, terre de frondes ?

Alors la Touraine entre-t-elle dans la fronde ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais une constante se dégage néanmoins, celle de se sentir trahis par un président à l’opposé du candidat qu’il fut. « On a tous cru au discours du Bourget, pourtant dans le parti beaucoup étaient méfiants au départ envers François Hollande, mais sa tirade « Je n’ai qu’un seul ennemi la finance » avait finalement convaincu tous ceux qui n’y croyaient jusque là. On a cru qu’on allait enfin avoir un candidat de gauche qui s’assume comme tel » explique longuement un militant habitant à Vouvray. Pourtant à Joué-lès-Tours, Alain D. était de ces sceptiques, bien qu’ayant quitté le Parti Socialiste en 2009, il continue de militer localement par le biais d’une association. Il reconnait avoir voté tactiquement pour François Hollande aux Primaires de 2012 « c’était le seul à pouvoir battre Nicolas Sarkozy« .

Et si tout le mal des militants socialistes partait de là ? Avoir porté un candidat au pouvoir sans certitudes sur sa volonté de mener la politique dont ils rêvent ? On peut se poser la question au vu des événements depuis 2012. En tout cas, aujourd’hui les militants de Touraine n’ont plus peur d’affirmer leur désapprobation. « Au début, on laisse faire, on se dit on va voir, ça peut pas être pire que la droite. Mais là c’est trop, on arrive à une situation qui ne pourra profiter qu’à l’extrême droite. La déclaration d’amour de Valls aux entreprises alors que des millions de français souffrent et attendent juste un peu d’aide est une véritable trahison des valeurs de gauche » peste le militant de Vouvray. Des propos qui rejoignent ceux d’Alain D. : « On oublie depuis le début du mandat les milliers de gens en souffrance, qui ne se sentent pas soutenus. C’est catastrophique car ils vont se tourner vers l’extrême droite ».

 

« Un reniement des promesses de 2012 »

Ce discours est un tournant pour tous, le signe d’une ligne sociale-libérale dont ils ne veulent pas. Charles-Elie, membre du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) à Tours explique pourtant avec du recul que cette ligne n’est pas une surprise et qu’elle est celle de Hollande depuis de nombreuses années. « Jusqu’à présent il essayait de contenter tout le monde, la gauche du parti, la ligne sociale-démocrate… Là avec l’éviction de Montebourg ou de Hamon, le gouvernement prend un tournant. Ce n’est pas une surprise quand on connaît le parcours de François Hollande, mais c’est un reniement des promesses de 2012 ».

Un tournant qui laisse ainsi des traces dans le parti gouvernemental. Au jeu de la politique-fiction, aucun n’envisage un avenir radieux et beaucoup craignent un éclatement des socialistes. Présent à La Rochelle pour l’université d’été du PS, Charles-Elie y a vu malgré tout l’espoir de voir la gauche du parti s’organiser pour devenir un véritable contre-pouvoir interne, ce qui permettrait pour ce jeune militant l’organisation des Primaires en 2017, seul espoir de rester au pouvoir par la suite selon lui. A condition, toutefois, que le PS n’ait pas implosé d’ici là.

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