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Charte « ma commune sans migrants » : FN : 2 – Les Républicains : 0

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Le vœu du FN en fin de Conseil Municipal ce lundi soir à Tours a jeté le trouble dans l’assemblée municipale, entraînant un malaise suite à la proposition

La charte « ma commune sans migrants ».

Née à Hénin-Beaumont où le maire FN Steeve Briois l’a fait adopter, la charte « ma commune sans migrants » est depuis proposée par les élus frontistes dans tous les conseils municipaux où ils sont présents (environ 600 communes sur les 36 000 du territoire) et sera envoyée aux autres communes avait annoncé le maire d’Hénin-Beaumont.

Une charte dans laquelle le parti d’extrême-droite s’oppose fermement à tout type d’immigration, mais aussi aux dispositifs d’aides mis en place comme les centres d’accueil. Dans cette charte, les signataires s’engagent ainsi à lutter contre toute arrivée de « migrants » dans leur commune mais aussi entre autres à supprimer les aides publiques aux associations venant en aide aux réfugiés…

Au final, cette charte reprend les thématiques frontistes traditionnelles sur les questions migratoires, mais joue en prime la surenchère en surfant sur l’actualité du démantèlement des camps de réfugiés de Calais et la création de 12 000 places d’accueil sur le territoire métropolitain au sein des CAO (Centres d’accueil et d’orientation). Mais loin d’une « immigration massive » et d’une installation de migrants «asphyxiant l’économie locale et menaçant l’exercice des libertés individuelles… » comme souhaitent le faire croire les élus frontistes, rappelons qu’en région Centre-Val de Loire ce sont quelques centaines de places d’accueil qui doivent être créées dans les prochaines semaines pour porter à 800 places la capacité d’accueil régionale, dont 110 pour le département d’Indre-et-Loire. Rappelons également que les personnes accueillies sont essentiellement des personnes ayant fui la guerre dans leur pays : Irak, Syrie, Afghanistan, Érythrée…

A Tours et à Joué-lès-Tours, la gauche s’oppose, la droite botte en touche

Les élus du Front National en Indre-et-Loire ont ainsi logiquement emboîté le pas ces derniers jours en proposant d’adopter cette charte là où ils sont élus. A La Chapelle sur Loire où Daniel Fraczak est adjoint au maire, la charte a été retoquée par 15 voix contre 3. A Tours, celle-ci a été proposée ce lundi par Gilles Godefroy, conseiller municipal FN lors d’un vœu en fin de séance. Un vœu symbolique mais loin d’être anodin, auquel les élus de l’opposition de gauche se sont logiquement opposés, pancartes « Non à la haine, non au FN » en main. Pour Pierre Texier du Parti Communiste, ce « texte infâme appelant à la haine envers des personnes victimes de la guerre » est le symbole « du poison du racisme s’étend partout dans notre République », tandis qu’Emmanuel Denis pour les écologistes et Cécile Jonathan pour le groupe « Tours 2020 » allaient dans le même sens. Mais les regards étaient tournés ailleurs, vers ceux de la majorité de droite de Serge Babary, l’élue socialiste leur demandant ouvertement de se positionner clairement et de voter contre l’adoption de cette charte : « c’est le moment de montrer les valeurs humanistes auxquelles vous faites si souvent référence monsieur le Maire ».

Par la voix de Jacques Chevtchenko, premier adjoint, la majorité de droite, a d’abord lu son communiqué avant d’annoncer que la majorité refusait de prendre part au vote, laissant de facto aux élus de gauche la responsabilité de retoquer cette charte. Un scénario identique à celui qui s’est déroulé au Conseil Municipal de Joué-lès-Tours le 29 septembre dernier où la majorité de droite de Frédéric Augis avait refusé également de prendre part au vote, lorsque les élus du FN avaient proposé cette même charte.

Le parallèle entre le déroulé des conseils municipaux des deux principales communes du département va même plus loin puisque la position officielle lue ce lundi par Jacques Chevtchenko à Tours reprend mot pour mot, celle des élus de la majorité jocondienne quelques jours auparavant. Un signe d’une position stratégique commune de la droite dans son ensemble préalablement décidée ? Après avoir tenté de joindre la mairie de Tours hier soir, Jacques Chevtchenko nous a fait savoir qu’il n’avait rien à ajouter et qu’il s’en tenait à sa déclaration en Conseil Municipal.

Ci-dessous, à gauche la déclaration des élus le Rassemblement pour Joué (majorité municipale), lors du Conseil Municipal du 29 septembre. A droite, la déclaration lue par J.Chevtchenko lundi soir pour le groupe de la majorité de Serge Babary.

Pourtant, si aucun élu de la majorité de Tours que nous avons contacté ne souhaitait s’exprimer officiellement hier, le malaise était palpable. Un malaise autant du à la position de leur groupe municipal qu’à la façon dont la décision a été prise. Il semblerait en effet à croire différents élus de la droite tourangelle, qu’ils aient été mis devant le fait accompli une dizaine de minutes avant le début du Conseil Municipal. « Nous l’avons appris à 16h45, comme les vœux ne sont pas détaillés dans l’ordre du jour, nous n’avons pas fait attention à cette proposition du FN » explique l’un d’entre eux en off (ndlr : pourtant la Nouvelle République évoquait ce vœu à l’ordre du jour la semaine dernière). « Quand nous nous sommes réunis à 10 minutes du début du Conseil, le communiqué qui allait être lu par le premier adjoint été déjà prêt et la consigne était de ne pas prendre part au vote. Il n’y a pas eu de débat entre nous puisqu’on nous a mis devant le fait accompli ». Et pas question de rompre la logique de groupe qui prédomine lors de ce genre de votes, si ce n’est pour prendre le risque de créer des dissensions supplémentaires au sein d’une majorité déjà fragilisée.

Pourtant certains élus de la majorité de Serge Babary ont mal vécu ce vote. « Nous sommes tombés dans le piège du FN » dira l’un d’entre eux avant de poursuivre avec regret : « Il faut faire valoir les valeurs avant la tactique et la stratégie politique ». Quoiqu’il en soit, le FN avec cette charte « ma commune sans migrants » a réussi son coup en se plaçant au centre des questions migratoires mais surtout en mettant la pression sur la droite. A quelques mois des élections présidentielles et législatives, nul doute que celui-ci ne sera pas le dernier…

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