Attentats de Paris : l’hommage des Tourangeaux

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Malgré l’interdiction de rassemblement de la Préfecture, quelques centaines de personnes se sont rassemblées samedi soir devant l’Hôtel de Ville de Tours. Ce dimanche soir, elles étaient également une vingtaine à être présentes pour rendre hommage aux victimes des attentats de Paris.

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Dans un silence lourd, quelques Tourangeaux avaient tenu à venir déposer une fleur, une bougie ou un mot sur les marches de l’Hôtel de Ville. Un geste que nombre d’autres Tourangeaux avaient également fait durant le week-end. Neuf mois après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, les grilles de l’édifice républicain se sont ainsi de nouveau parées de leurs tristes apparats mortuaires.

Ce dimanche soir parmi la petite vingtaine de présents, Véronique et ses deux enfants ont peine à sécher leurs larmes. Toujours sous le coup de l’émotion 48 heures après les évènements tragiques, Véronique explique avoir ressenti un besoin de venir rendre hommage aux victimes : « Nous voulions venir pour dire qu’on est de tout cœur avec ceux qui souffrent, mais aussi parce que nous souffrons aussi avec eux. Notre pays a été meurtri dans sa chair et c’est ce qui est le plus horrible ». Depuis vendredi la peur s’est installée, pourtant Véronique sait aussi qu’il faudra faire face en reprenant le cours normal de la vie : « même si cela va rester un long moment dans nos cœurs et nos têtes, il faut essayer de reprendre notre vie au quotidien, sinon ils auront gagné ».

A quelques mètres de là, Nicolas s’est assis sur les marches après avoir allumé une bougie. Ce parisien d’origine ne réalise pas ce qu’il s’est passé : « C’est surréaliste, improbable. Je suis né à Paris, j’y ai grandi, ma famille y vit, je pense à eux. Forcément après ça on se dit que cela peut emporter n’importe qui. J’ai peur de la suite des évènements parce que les drames depuis Mohamed Merah, Charlie Hebdo font de plus en plus de victimes. On se sent vulnérables, d’autant plus que certains terroristes sont français. Le terrorisme est ancré chez nous ».

Un émoi qui touche également Surko, réfugié politique tchétchène, en France depuis cinq ans. Une fleur à la main, il a également tenu à rendre hommage aux victimes : « J’ai vécu cela dans mon pays en Tchétchénie. Je connais le fait de vivre avec des actes terroristes, j’en ai été moi-même une victime. C’est horrifiant d’avoir quitté mon pays en pensant laisser tout cela derrière moi et revivre ici, dans le pays qui m’a accueilli, des faits similaires ».

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Parmi les Tourangeaux présents ce dimanche soir, deux jeunes femmes rallument les bougies, remettent bien les fleurs sur les grilles… Déjà présentes la veille, Clémence explique qu’elles ont eu le besoin, si ce n’est de se sentir utile, au moins d’essayer de faire quelque-chose : « Faire preuve de compassion, c’est la seule chose que l’on puisse faire pour l’instant ». En colère, la jeune femme ne comprend pas comment des hommes peuvent en arriver à de tels actes : « Ce sont des animaux, c’est une boucherie inhumaine. Je suis inquiète, je me demande où cela va s’arrêter, comment on peut stopper tout ça. Il y a plein de questions sans réponses, c’est terrorisant » lâche-t-elle l’émotion dans la voix. « Ici à Tours, on n’est pas bien mais j’imagine même pas les parisiens aujourd’hui ».

Tous se rejoignent sur un point essentiel, celui de ne pas stigmatiser tous les musulmans. « Ce n’est pas le fait de musulmans mais de fanatiques, de fous » dira un passant. Sur les grilles, plusieurs messages allant dans le même sens ont été affichés : « Je suis musulman, je suis contre le terrorisme » peut-on lire à côté d’un extrait du Coran ou de mots en arabe allant dans le même sens.

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