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Amiante à Tours, où en est-on ?

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L’an dernier, la découverte de déchets amiantés au cimetière La Salle à Tours nous avait amené à nous interroger sur cette épineuse question. La mairie de Tours, fraichement élue n’avait alors pas souhaité répondre à nos questions pour pouvoir dans un premier temps discuter avec le personnel et les syndicats. Un an après, c’est Jacques Chevtchenko, premier adjoint à la Mairie de Tours, en charge de cette question qui nous a reçu. L’occasion de faire le point avec lui.

Pour le premier adjoint au maire, l’amiante est un dossier important en raison de son omniprésence : « il y en a partout, dans les murs, sur les sols, dans les colles de revêtements… ». Utilisé en masse avant son interdiction en 1997, cet isolant cancérigène est en effet un problème de santé public majeur. « Tout est à la charge du propriétaire des bâtiments qui reste propriétaire à vie des déchets, y compris pour les particuliers » nous explique Jacques Chevtchenko.

Pour savoir si de l’amiante est présente dans des bâtiments accueillant du public (personnel ou personnes extérieures), les propriétaires ont l’obligation d’effectuer des DTA (diagnostics techniques amiante). A la ville de Tours, « ces DTA sont faits à 99% » selon notre hôte, « dont les 331 établissements recevant du public ». En raison d’une validité de trois ans, les premiers bâtiments diagnostiqués en sont à leur deuxième passage nous explique-t-on. « Ces DTA ont été fournis aux employés des ateliers municipaux afin qu’ils sachent exactement où est l’amiante ».

Diagnostiquer de l’amiante n’oblige pas à l’enlever en effet. Si l’amiante repérée est compacte et liée c’est à dire qu’elle n’est pas en état d’effritement ou de désagrégation, son enlèvement ne se justifie pas forcément : « Ce serait impossible, il y en a partout, nous sommes vigilants par contre à l’évolution des lieux que l’on a diagnostiqués ». En revanche en cas de travaux, même minimes, la mairie doit faire appel à des entreprises spécialisées dans le désamiantage : « Par exemple pour changer des luminaires à l’Espace Toulouse-Lautrec, nous avons du débourser 6000 euros pour 12 trous à faire au plafond ». Les travaux de désamiantage représentent ainsi un budget conséquent. En 2015, ce sont 365 220 euros que la ville de Tours aura déboursé pour cette raison. Un montant élevé mais nécessaire en raison de travaux effectués dans plusieurs écoles, équipements sportifs ou culturels.

« Nous avons un devoir de transparence« 

Quand on évoque les risques pour le personnel, l’élu est affirmatif : « Nous avons un devoir de transparence à ce niveau. Nous ne prenons aucun risque avec nos agents. De plus, dans chaque service il y a des personnes formées. Toute personne qui a été en contact avec de l’amiante est immédiatement prise en charge par la médecine préventive ». Il faut dire que la découverte en 2012, suite à une alerte de la CGT, de présence d’amiante dans les sous-sols de l’Hôtel de ville, puis la reconnaissance de maladie professionnelle liée à l’amiante de plusieurs agents, ont servi d’effet psychologique. « Contrairement à ce que vous avez écrit l’an dernier, nous retirons systématiquement toute amiante dégradée, nous ne la recouvrons jamais » tient à préciser notre interlocuteur.

Une réponse aux propos de Jean-Jacques Prodhomme, ancien secrétaire de la CGT des communaux de Tours, l’an passé dans nos colonnes : « il faut retirer l’amiante partout où elle est «  nous disait-il. Une position maintenue aujourd’hui par la CGT qui regrettait en avril dernier que l’amiante située sur l’île aux Vaches (qui abrite une station de captage d’eau) soit laissée : « Pour notre syndicat le désamiantage doit être total incluant entre autre les sols de l’Ile aux Vaches et les sous sols de l’Hôtel de Ville. Il n’y a aucune raison de faire ce cadeau empoisonné aux générations futures » pouvait-on lire ainsi dans le bulletin du syndicat.

L’an passé ce fut une alerte d’un témoin au sujet d’un tas de déchets amiantés entreposés au cimetière La Salle qui nous avait amené à ce sujet. Un an après, nous sommes retournés sur les lieux. Si un tas est encore présent, force est de reconnaître que celui-ci est mieux protégé. « Nous estimons à 1% de la totalité des pierres tombales du cimetière amiantées. Le tas que vous évoquez fait environ 300 tonnes pour une estimation de 10 kilos de plaques d’amiantes dedans. Nous n’avons pas pris de risques en séparant ce tas du reste des déchets stockés ». Selon la Mairie, ce tas ne comporte que des plaques d’amiantes liées et serait donc sans danger à l’air libre sauf en cas de contact. Or les employés communaux nous confirmaient avoir eu interdiction de toucher à ces plaques et qu’en cas de doute, ils devaient s’abstenir de tout travail dessus.

L’amiante reste bel et bien un problème de santé publique majeur qui pourrait être responsable de 100 000 morts d’ici 2050 en France selon l’Institut de veille sanitaire ainsi que de nombreuses maladies cancérigènes. Des maladies qui peuvent se déclarer jusqu’à 30 ou 40 ans après une exposition, souvent professionnelle, aux poussières d’amiante, selon le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie.

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