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Alain Dayan : « Je suis inquiet pour Tours »

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Alors que la braderie ou l’aéroport ont été ces derniers jours dans l’actualité tourangelle, Alain Dayan, l’ancien adjoint au commerce et au tourisme pendant 19 ans de Jean Germain, a souhaité prendre la parole sur ces deux sujets qu’il a géré par le passé.

37° : Bonjour Alain Dayan, pourquoi avez-vous souhaité prendre la parole ?

Alain Dayan : Bonjour, en tant qu’élu ayant été aux affaires de cette ville pendant 19 ans, je m’inquiète de l’évolution des choses. J’ai voulu prendre la parole, non pas par revanche mais parce que je m’inquiète de l’évolution des choses et notamment de celle des projets que j’ai mis en place.

37° : Que reprochez-vous exactement à l’actuelle majorité ?

Alain Dayan : Il y a un certain immobilisme qui est défavorable à la ville de Tours. A part les projets que nous avions lancés et qui sont repris à juste titre, pouvez-vous me dire quels projets d’envergure ont été lancés depuis deux ans-et-demi ? Je n’en vois pas. La ville se recroqueville et ce n’est jamais bon. « Qui n’avance pas recule » comme on dit.

37° : Vous critiquez une absence de grands projets, pourtant les électeurs vous ont sanctionnés en 2014, remettant en cause notamment la multiplicité de grands projets qui paraissaient parfois éloignés de leur quotidien.

Alain Dayan : C’est vrai, l’électorat n’a pas compris les grands projets et c’était certainement une erreur d’en lancer autant à la fois. Il y en avait peut-être trop, mais on ne peut reprocher à Jean Germain d’avoir voulu développer la ville. C’était certainement le tort de Jean Germain mais il ne pensait pas en politicien en vue des campagnes électorales. Il pensait qu’une ville dynamique servait avant tout ses habitants.

37° : Serge Babary, le maire de Tours met lui aussi de son côté en avant une politique de rayonnement pour dynamiser la ville.

Alain Dayan : Oui, mais derrière la communication on ne retrouve pas grand chose. L’année Saint-Martin par exemple n’a pas les effets escomptés, derrière la communication c’est plutôt creux. Je ne critique pas la Mairie de vouloir faire quelque chose de l’année Saint-Martin en tant que tel, j’avais d’ailleurs lancé les premières réflexions autour, mais je ne crois pas qu’on puisse non plus en faire une pierre angulaire de sa politique. On le voit, à part certains Tourangeaux, cela ne fédère pas et n’attire pas plus que cela de touristes extérieurs.

37° : Vous êtes plutôt très critique envers la majorité de Serge Babary. 

Alain Dayan : Je pense que le maire de Tours fait ce qu’il peut avec l’équipe qu’il a. Seulement cette dernière paraît plus occupée actuellement à chercher des mandats qu’autre chose. Cela m’inquiète parce que je suis un Tourangeau qui se balade en ville, qui observe et entend les choses. Or les Tourangeaux n’ont pas l’air satisfaits. C’est difficile par exemple pour les commerçants, les marchés ne vont pas au mieux non plus. C’est un constat que je fais et je préfère alerter avant que les choses ne deviennent irréversibles.

37° : Puisque vous parlez de commerce, ce week-end s’est tenue la braderie de Tours, un événement dont vous êtes à l’origine en 1995. Quel regard avez-vous eu sur cette édition particulière ?

Alain Dayan : C’est évidemment une bonne décision d’avoir maintenu la braderie. Après je pense qu’il est impossible de tout sécuriser et qu’il faut savoir l’expliquer à la population. Ceci dit, je suis peiné de voir que cet événement stagne depuis deux ans. Il n’y a aucune innovation, aucune nouvelle animation. On pourrait s’appuyer sur la Cité de la Gastronomie par exemple pour la partie restauration, se servir de cet événement pour mettre en avant les produits locaux. Le nombre de commerçants est en baisse et j’ai l’impression que le ratio commerçants sédentaires / commerçants non-sédentaires évolue en faveur des seconds ce qui est dommage car pour moi une braderie doit mettre surtout à l’honneur les commerçants sédentaires justement.

37° : Comme je le disais, cette édition était particulière avec les conditions de sécurité liées aux récents attentats.

Alain Dayan : Bien sûr, mais je répète que la tendance est valable depuis deux ans. On fait face à un immobilisme voir un recul. C’est valable aussi pour d’autres sujets. Le récent sujet sur la Métropole en est un exemple frappant. Le fait qu’Orléans passe devant Tours est une grave défaite et cela aura des conséquences sur le développement futur de la ville.

37° : Sur le sujet de la Métropole, on a tout de même l’impression que François Bonneau, président socialiste de la Région a plus joué la carte d’Orléans justement dans ce dossier. Qu’en pensez-vous vous qui étiez sur sa liste de campagne ?

Alain Dayan : Je ne sais pas si François Bonneau a joué la carte d’Orléans, mais si j’ai un message à lui faire passer c’est que ce serait une erreur de sous-estimer le poids de Tours et de l’Indre-et-Loire dans la région Centre-Val de Loire.

37° : Parlons un peu de l’aéroport, un autre de vos sujets de prédilection. La semaine passée nous apprenions dans la presse que la SNC Lavallin, gestionnaire délégataire de l’aéroport s’apprêtait à se retirer de celui-ci. Cela vous a-t-il étonné ?

Alain Dayan : Ce qui a été dit est approximatif puisque le gestionnaire, la filiale française de SNC-Lavalin, ne se retire pas et restera le même jusqu’au terme de la délégation. Il appartiendra seulement à une autre holding puisque la maison-mère au Canada vend ses activités aéroportuaires en France. Je suis personnellement plus inquiet par le manque de vision et d’ambition autour de cet équipement structurant et primordial pour notre territoire.

37° : Les derniers chiffres diffusés par l’OE2T (Observatoire de l’Economie et des Territoires de Touraine) montrent pourtant une hausse de fréquentation par rapport à 2015.

Alain Dayan : Certes, mais il faut regarder ces chiffres sur du plus long terme. Or depuis quelques années la croissance est devenue molle. Il n’y a pas de nouvelles lignes régulières et cet été des vols ont été annulés. Ce sont autant de signaux négatifs. Enfin, le non-renouvellement du contrat de la directrice du SMADAIT (Syndicat Mixte pour l’Aménagement et le Développement de l’Aéroport International de Tours) est un signal inquiétant je trouve, surtout qu’il s’est fait discrètement.

37° : Vous avez toujours soutenu contre vents et marées cet aéroport pourtant attaqué à gauche notamment, pour des raisons écologiques, mais aussi par rapport au modèle social de la compagnie Ryanair et des subventions qui lui sont versées.

Alain Dayan : Evidemment que je ne suis pas particulièrement fan du modèle de Ryanair. Seulement à un moment donné nous devions être pragmatiques. L’aéroport stagnait à 3000 passagers par an en moyenne et son développement n’aurait pas été possible autrement. Sur les questions écologiques, je sais que beaucoup ne sont pas d’accord mais je reste persuadé que le transport aérien à l’avenir sera non-polluant. Beaucoup de choses ont déjà évolué dans ce sens.

37° : L’aéroport a-t-il un avenir après le départ de l’école de chasse pour Cognac ?

Alain Dayan : L’aéroport reste viable après ce départ si celui-ci a été préparé. Gouverner c’est prévoir et nous avions de notre côté anticipé ce départ, je ne sais pas si l’équipe actuelle a fait de même.

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