Politique

2e tour des primaires de la droite : leçon d’une élection qui était bien partie…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet entre-deux tours des primaires de la droite a son lot de bassesses et de « petites phrases ». Au moment où les 4 millions de votants sont à l’heure du choix pour dimanche prochain, la France assiste à une lutte entre François Fillon et Alain Juppé pour espérer l’emporter. En Touraine, on tempère et on espère des deux côtés de la famille de droite et du centre. Puis, il y a les ralliements de deuxième tour, utiles, nécessaires et prévisibles en France et en Indre-et-Loire…

Depuis dimanche soir, on assiste aux combats des chefs. Pas sûr que la plupart des quatre millions de votants de dimanche voient cela d’un bon œil. Pas sûr non plus que les plus de 40 000 tourangeaux ayant voté soient adeptes encore et toujours des petites phrases et chamailleries lancées depuis lundi entre les deux candidats encore en lice. Car ceux qui ont fait la queue pour voter dimanche dernier ont décidé d’insuffler une volonté de changement. Ce signe fort n’est peut-être pas une volonté d’une droite forte ou conservatrice ou encore d’une droite moderne qu’Alain Juppé appelle de ses vœux, mais simplement de prendre l’espace de deux tours de primaires, une partie de son destin en main, quitte à en oublier certains pans du programme de François le Sarthois ou d’Alain le Bordelais.

Derrière cette forte mobilisation, c’est bien l’expression d’un ras-le-bol silencieux, insidieux qui a motivé beaucoup de votants

Et puis lancer des « fakes » ou fausses rumeurs pour déstabiliser celui qui est devant ou d’attaquer l’autre sur son âge ou ses anciennes condamnations ne grandit pas le débat politique. Un débat pourtant qui devrait tirer les enseignements du vote du 20 novembre. Derrière cette forte mobilisation, c’est bien l’expression d’un ras-le-bol silencieux, insidieux qui a motivé beaucoup de votants. Un « non » aussi à certaine conception de la présidence de la République, un « non » à une conception usée de la politique. Pourtant, dimanche prochain les électeurs auront un choix schizophrénique en antinomie avec leur volonté de changement ou celle d’être rassurés dans ces temps incertains. Face à eux, un ancien Premier Ministre qui a mis la France dans la rue en 1995 et un homme déjà plus jeune député de France en 1981… Mais âge ou expériences peuvent rimer avec modernité ou avec nouveauté, du moins, c’est la méthode Coué des Républicains. Mais chez les Français ou les Tourangeaux, quid ? Leurs réponses seront certainement à trouver dans les prochaines semaines. Leurs voix exprimées pendant cette primaire vont s’étioler vers une offre politique plus large assurément. Depuis trois jours, ils assistent au retour de vieilles rancœurs ou de polémiques qui ne devraient plus exister… Attention, à ce que la réussite de cette primaire ne devienne pas une guerre de tranchées comme une guerre d’usure où les Tourangeaux, entre autres, assisteront médusés à des batailles pitoyables… Des petites phrases d’entre deux-tours qui pourraient être le terreau d’un vote extrême en mai prochain. Car malgré tout, ces primaires sont celles du peuple de droite. Dans moins d’une semaine commencera une autre course, tout aussi observée, tout aussi passionnée. Une course où certains ne pourraient pas prendre le départ, faute de résultats…

La mouche a changé d’âne comme dit le dicton

En Touraine, d’un côté les « Juppeistes » qui rassemblent la majeure partie de la famille UDI conduite par Sophie Auconie et Pierre Louault et les « centro-compatibles » des Républicains comme le président du Conseil Départemental, Jean-Gérard Paumier ou le conseiller départemental et adjoint au maire de Joué-lès-Tours, Judicaël Osmond. De l’autre, les Fillonistes de la première heure comme Hervé Novelli, ancien ministre, maire de Richelieu et très proche de François Fillon. Ou encore, le discret mais efficace Jean-Christophe Turot, ancien premier adjoint à Joué-lès-Tours, mais aussi Françoise Amiot ou Thibault Coulon. Pour ces deux derniers, adjoints de Serge Babary à Tours, leur position et influence au sein de la majorité risquent de changer la donne. Depuis les résultats du premier tour, le maire de Tours se fait discret même s’il soutient François Fillon, le résultat de Bruno Le Maire y étant certainement pour quelque chose. La discrétion, ce n’est pas le cas de certains de ses adjoints qui par posts « FaceBook » interposés règlent leur compte. Pourtant les messages d’unité et de respect sont criés à hue et à dia par les responsables des « Républicains » tourangeaux. Ici en Touraine, on tempère les mots de ces derniers jours. La très Sarkozyste Claude Greff qui voyait déjà son poulain passer la ligne d’arrivée en tête appelle de ses vœux au rassemblement dès le 28 novembre au matin, rappelant au passage qu’elle a été ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy et dans le gouvernement Fillon. La mouche a changé d’âne comme dit le dicton. François l’outsider est devenu le leader. Alain, le lièvre de la primaire a peur d’être la tortue de la fable « Républicaine ».

Lundi prochain, la droite unie en France et en Indre-et-Loire deviendra la spectatrice d’une autre primaire, celle de la gauche. Une primaire pour désigner un « presque perdant » pour une élection déjà écrite par les observateurs avisés mais pas encore par les Français. On ne sonde ni les cœurs, ni les âmes, ni même la colère froide d’un peuple… Les instituts l’ont bien compris depuis dimanche dernier.

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