Culture

Un vendredi soir à Aucard de Tours

Nous promenions notre caniche à rouflaquettes près de la Gloriette comme tous les soirs, quand nous nous sommes perdus en chemin jusqu’à ce que nous entendions de la musique et que nous voyions d’étranges lumières. Suivant notre instinct primaire, sans méfiance, nous avons franchi le Rubicon, puis le Styx et nous sommes arrivés au Festival Aucard de Tours. On vous raconte tout.

«Une queue ridicule»

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Ce commentaire ne concerne pas l’anatomie des organisateurs masculins du festival, mais bien un constat à l’accueil où nous n’avons même pas pu profiter de Franck Mouget déguisé en bonhomme bizarre tout en blanc car nous sommes entrés tout de suite. «Pas comme les quatre heures d’attente sous le cagnard à Terres du Son !» dixit un fan d’Aucard de base qui déteste la concurrence (et qui, forcément, exagère un petit peu).

Debout sur le zinc

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Même si années après années, DLSZ nous resservent la même recette et à peu près les mêmes titres (malgré un répertoire de plus en plus étoffé et toujours de grande qualité), ce groupe à part sur la scène française sait toucher le public avec une joie communicative et des chansons sur le fil entre pop et «à texte», portées par des mélodies faussement faciles. Une chouette ambiance et beaucoup de poésie, tout en simplicité.

photos 4 & 5 (coucher de soleil / chapiteaux)

Couchers de soleil

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On a un peu honte mais on sèche le groupe de rap Davodka, (ndlr : Mais que vous retrouverez en interview tout prochainement sur 37° 😉 ), mais qui avait pourtant l’air pas mal de loin. On sirote le cul dans l’herbe la bière pas chère mais insipide vendue hélas dans tous les bars du site (dommage car le Chinon bio de chez Grosbois, lui, est excellent) tout en humant simultanément l’air du temps et l’air du soir.

«Franck Carter and the Rattlesnakes»

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Sans conteste le grand moment de cette soirée, avec un frontman hors pair déjà repéré chez Gallows et Pure Love. Dans la tradition britannique un chanteur, un bassiste, un batteur et un guitariste (c’est un peu comme la pâte à crêpe : c’est basique, mais on n’a jamais trouvé mieux), ces quatre-là, auteurs de deux albums en deux ans, sont les nouveaux tenants du feu sacré de ce rock anglais brut-et-brutal-mais-super-bien-écrit-quand-même que nos voisins savent concocter comme personne d’autre au monde. Franck Carter harangue la foule, grimpe dessus, la fait s’asseoir, lui intime l’ordre de se rouler des pelles «pendant 3 minutes» pour voir en vrai ce que «French kiss» signifie vraiment, traite les terroristes de «fucking scums» après un hommage rapide et tout en finesse aux victimes du Bataclan et de Manchester («il y a parfois des gens qui vont voir un concert et qui ne rentrent pas chez eux après») et termine par une flamboyante chanson de haine («car il y a beaucoup trop de chansons d’amour»), sobrement intitulée «I hate you» et où ce curieux animal de scène prend plaisir à faire chanter tout le monde «I fucking hate you/and I wish you would die». Heureusement que le Brexit ne va rien changer à tout ça, on ne pourrait pas vivre sans. A (re)voir au Hellfest ce samedi soir.

Entracte

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Encore une pause pendant un set plutôt décevant de Owl Vision qui, malgré quelques très bons moments, n’arrivera jamais vraiment à décoller tout à fait (là, on sent bien qu’on ne va pas se faire que des amis…). Du coup, on regarde les gens pendant que les roadies s’activent sur scène et on profite tout de même de l’electro dark du Suédois en fond sonore.

Roni Size feat. MC Dynamite

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Pour ceux qui, au milieu des années 1990 n’étaient pas nés ou encore en train de ricaner bêtement entre deux cours de SVT, Roni Size est l’un des chantres de la drum’n’bass, cette variante à la fois subtile et épileptique de la techno (les BPM s’affolent pour ne jamais descendre en-dessous de 160), née environ 3 après la jungle (dont certains titres de Roni Size sont très inspirés). Son premier album chez Talkin’ Loud, «New Forms», est sorti il y a 20 ans tout juste et hier soir pour le final de cette journée d’Aucard sous le grand chapiteau le set du duo a mis tout le monde d’accord, de 15 à 55 ans, entre énorme découverte pour les uns et nostalgie festive pour les autres : la soirée s’est terminée dans une fête endiablée, sous le ciel étoilé et sur l’herbe enluminée.

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crédit photos Laurent Geneix pour 37 degrés

Un degré en plus

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