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Terres du Son : 4 mini-festivals pour exister malgré le coronavirus

 

Ce week-end, on aurait dû passer une grande partie de notre temps au domaine de Candé à Monts, avec les concerts d’Yseult, Izia, IAM ou Philippe Katerine. Bon, vous pouvez toujours aller vous promener dans le parc mais vous n’y verrez pas de scène, pas de food trucks de produits locaux ni les traditionnelles animations pour les enfants. Le 15 avril, Terres du Son a officiellement annulé son édition 2020 pour cause de pandémie. Le festival va néanmoins rebondir avec 4 après-midis musicaux en accès libre à Bléré, Montlouis, Descartes et Tours.

Impossible de rassembler 40 000 personnes en 3 jours en ces temps de crise sanitaire… En revanche, 650 personnes c’est possible. C’est en tout cas le projet qui s’annonce ce samedi 11 juillet sur l’aire de la Gâtine à Bléré. De 16h à 21h, on pourra y entendre Mandoline Tes Radis (un groupe jeune public) suivi de Tarace Boulba Touraine et Calypzoo. « C‘était assez inconcevable de ne rien faire » explique Pauline Ruby, chargée de communication de l’ASSO qui apprécie d’être de nouveau « un peu débordée. » Cette idée de partir « en tournée » a germé pendant le printemps, juste après l’annulation officielle :

« Le projet a stagné pendant longtemps parce qu’on voulait attendre de voir comment la situation sanitaire évoluait puis ça s’est débloqué quand on a obtenu les autorisations nécessaires de la préfecture. »

Les services de l’Etat surveillent de près les rassemblements de population dans la crainte de voir émerger de nouveaux clusters de contamination, surtout que des villes espagnoles, britanniques ou australiennes commencent à reconfiner et que ça fait frémir tout le monde. Terres du Son a donc obtenu l’autorisation de rallumer les enceintes pour peu que les jauges soient limitées, que le public porte un masque et qu’il y ait du gel hydroalcoolique à disposition. Pour le reste, l’association qui monte le festival depuis 15 ans fait tout dans l’urgence et avec les opportunités qui s’offrent à elle : « C’est le résultat de rencontres. Par exemple le directeur du Centre Socio Culturel de Bléré qui nous accueille est bénévole sur le festival » nous dit Pauline Ruby.

L’esprit Terres du Son jusqu’au bar et à la déco

Après le coup d’envoi sur les bords du Cher, Terres du Son voyagera jusqu’à Montlouis-sur-Loire, Descartes et enfin le quartier du Sanitas à Tours. Toujours en après-midi / début de soirée, et forcément avec un concert jeune public pour débuter les festivités. « La programmation a été établie à partie de groupes qui auraient dû jouer sur l’éco-village » explique encore l’ASSO. Pour que tout s’enchaîne bien, les sets dureront 45-50 minutes avec peu de temps morts entre les plateaux. On pourra se restaurer et trinquer sur place à base de produits locaux (les seuls moments où retirer son masque sera autorisé) et le festival amènera dans ses bagages une partie de sa déco (palettes, éléments recyclés…).

« Ce qu’on veut c’est vraiment des après-midis festifs et de rencontres » lance Pauline Ruby. D’où la gratuité. Ce n’est donc pas avec cette tournée que Terres du Son va renflouer le compte en banque, d’autant qu’à part Bléré ce n’est pas l’ASSO qui va récupérer les recettes du bar. L’idée c’est de proposer des projets, d’animer un maximum le territoire au cœur d’un été privé de ses grands événements (il faudra attendre septembre pour profiter d’Aucard de Tours ou de Jazz en Touraine).

2021 déjà en ligne de mire

Pour récolter des fonds, le festival parie plutôt sur un concert de soutien programmé le 9 avril 2020 avec Gaël Faye, dans la salle Oésia de Notre-Dame-d’Oé (1 200 places, deux fois plus qu’au Temps Machine de Joué-lès-Tours géré par la même équipe). « Il va ressortir un album, on l’a déjà reçu et on a beaucoup aimé. C’est une belle occasion » commente Pauline Ruby (l’artiste est en effet passé en 2018 à Monts). Elle a également sauvé une partie de ses subventions (le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire, la région Centre-Val de Loire et le Crédit Mutuel sont ses trois principaux financeurs) :

« Nous avons au moins besoin de 200 000€ pour maintenir notre masse salariale, soit 4 personnes en équivalent temps plein. Ça va à peu près le faire. »

Certains festivaliers ayant déjà acheté leur pass ont notamment choisi de ne pas se faire rembourser, un soutien symbolique eu égard au budget global mais apprécié par l’équipe.

Désormais, Terres du Son se projette sur 2021. Pauline Ruby l’annonce : la programmation ne sera pas un copié-collé de ce qui était envisagé cette année : « On fait le choix de se laisser surprendre par ce qui pourra tourner en 2021. Peut-être qu’on retrouvera certains artistes mais rien n’est signé. Ce sera une programmation dans l’air du temps. » On devrait en savoir plus en fin d’année. Avant ça, c’est la prog’ d’automne du Temps Machine qui devrait être dévoilée avant la fin du mois de juillet. Il y aura moins de concerts que d’habitude, toujours à cause de la crise sanitaire. Ce qu’on sait déjà c’est qu’Isaac Delusion, Freeze Corleone ou Hypno5e font partie de la liste.


Un degré en plus :

Mercredi 15 juillet Le Temps Machine accueille également une soirée musicale avec Nova au Grand Cagibi, dans le quartier Aucard à Tours, tout près de la Loire. Et pour les détails des concerts de la tournée Terres du Son, rendez-vous sur leur page Facebook.

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