Culture

#tds2016 – Nos ed Serret : Terres du Son à l’envers et par derrière

Le blues du journaliste musical c’est ça : se lever un matin et se demander si, depuis toutes ces années, quelqu’un lit vraiment ses longues interviews d’artistes et ses longs live reports enflammés, sérieux et documentés. Et si finalement toute cette littérature n’était que futilité lue par quatre ou cinq personnes : l’artiste, sa mère, son manager et le journaliste lui-même (et à la rigueur sa mère) ? Il paraît que même les organisateurs des festivals et des concerts ne lisent presque pas – ou alors pas jusqu’au bout – les articles qui les concernent. Ou alors il faut mettre du piment à l’intérieur. Alors, on va essayer de mettre du piment à l’intérieur, hein. Et de faire un portfolio : c’est plus facile à lire.

Première conférence de presse de Terres du Son 2016. Tout le monde est sagement calé dans la petite tente blanche en attendant l’arrivée des chefs Sioux. Les journalistes en herbe révisent leur liste de questions, les chefs Sioux répondent poliment aux mêmes questions pour la 234e fois de leur jeune carrière. La conférence de presse est sans doute une espèce en voix d’extinction.

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Hugues Barbotin, directeur du festival, regard dans le lointain et cheveux gominés au vent reconnaît enfin après toutes ces années que s’il fait ce boulot c’est d’abord pour pouvoir être rémunéré à bronzer pendant quelques jours par an. Nous lui avons suggéré que s’il était vendeur de chichis sur une plage, ce serait deux ou trois mois de bronzage par an. A l’heure où nous bouclons, il réfléchit à la chose.

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C’est beau l’amour. Lilly Wood & the Prick retournent dans leur case après la conf de presse et en attendant leur concert. Pendant que des journalistes se torturent l’esprit pour savoir ce qu’ils vont bien pouvoir écrire d’original sur eux alors qu’il y a déjà eu 982 articles à leur sujet. On décide de faire l’impasse et ça nous rappelle des remises de feuille blanche en interro de maths au lycée. Et ça fait un bien fou.

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Eux c’est Hyphen Hyphen, dont la chanteuse nous défend de la «prendre par en-dessous» (sic) ce qui nous laisse d’abord sans voix. Son manager en remettra une couche quelques secondes plus tard en nous expliquant comme un vieux sage expérimenté que «les dames, il ne faut jamais les prendre par en-dessous». Mais bon, comme on la trouve très bien et spontanée cette photo, on la publie quand même, quitte à être blacklistés par toutes les prods du monde pendant 20 ans.

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Lui c’est la mascotte de ce Terres du Son 2016. Son slogan c’est «mange du son», ce qui pourrait sous-entendre que les festivaliers sont des ânes puisqu’ils viennent ici manger du son. Les susceptibles paranoïaques apprécieront. Les organisateurs d’Avoine Zone Groove pourront toujours piquer l’idée en 2017 avec le même âne qui dirait «Mange de l’avoine». Et aussi Les Vieilles Charrues, «Mange de la vieille». Bon ok, on sort.

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C’est beau un journaliste qui travaille et un bénévole qui au lieu de travailler, répond aux questions d’un journaliste. Et tout ça en rigolant, bien sûr. Je te mettrais tout ça aux travaux des champs en plein cagnard, moi, ça rigolerait beaucoup moins.

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Le nouveau slogan pour les alcootests, «souffler n’est pas tromper» nous laisse un peu songeur (et nous rappelle nos grandes interrogations adolescentes de futurs monogames indécrottables confrontés à la fameuse question existentielle : «Se faire sucer, est-ce que c’est tromper ?»). D’autant plus qu’une journaliste télé locale bien informée (mais que nous ne nommerons évidemment pas) nous a appris qu’il y avait le même slogan sur les… préservatifs. On va aller se reprendre une deuxième pinte, tiens.

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Après le directeur, voici le président de Terres du Son en pleine confiance lui aussi. Qui fume alors qu’il devrait donner l’exemple à la jeunesse qu’il accueille dans son festival. Mais qui, il faut bien l’avouer, dans un genre tout à fait différent, est largement aussi beau que son collègue directeur.

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Bon on n’est pas là que pour dire des conneries et traîner dans les coulisses non plus. Elle, c’est Nili Hadida, l’envoûtante voix de Lilly Wood and the Prick.

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Et lui c’est Benjamin Cotto, le specimen mâle du duo Lilly Wood & the Prick. On aime bien mettre les vrais noms des artistes dans nos articles, ça fait les journalistes bien informés, qui savent très bien ce que c’est qu’un nom de scène et un pseudonyme tout ça, tout ça. Faut pas nous la jouer à l’envers, hein : on sait faire notre boulot. Hé, ho.

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Photo 274 : Là on est dans la fosse, devant une grande scène. C’est pas la fosse aux lions, mais la fosse aux photographes et des fois t’as même des mecs qui cumulent le statut de photographe accrédité et celui de VIP. En l’occurrence ici, Gary Constant le président du festival de Cinéma «Mauvais Genre», dont le prénom et le nom, cela n’aura pas échappé à vos yeux de lecteurs perspicaces, commencent par les 6 mêmes lettres que Gary Cooper. Il n’y a pas de hasard dans la vie.

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L’envers du décor, cabane des «cartes cassette». Dans le monde merveilleux des bénévoles, c’est exactement comme dans la vraie vie : tu as ceux qui triment comme des cons et tu as ceux qui pendant ce temps-là se recoiffent tranquillement devant la glace. Terres du Son n’échappe pas à la règle.

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Alors que tu as presque toujours la queue aux bars, tu as parfois 8 bénévoles désœuvrés qui t’attendent, te font les yeux doux et t’alpaguent pour te vendre leur truc aux stands déserts «Huile de foie de morue» ou «Endives cuites au jambon». Dans ces cas-là tu dis poliment que tu dois aller recharger ta Carte Cassette, mais tu ne reviens jamais. C’est moche, mais bon…

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Dj Kéké à l’Espace Pro Bénévoles. L’injustice sociale existe aussi à Monts : alors que les festivaliers qui paient leur entrée vont se coltiner des groupes inconnus pendant trois jours, de l’autre côté de la barrière les bénévoles, les journalistes et les professionnels en tout genre ont droit gratuitement à des sets du meilleur Dj tourangeau du monde.

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On est sûrs que les organisateurs en mettant ces lettres par terre comme ça n’avaient pas pensé que Kabanason à l’envers, ça faisait
«NOSANABAK» et que c’était super dur à lire et à prononcer. Et puis le choix du nom aussi, hein ? Alors déjà la mascotte c’est un âne et si t’enlèves une syllabe à Kabana’Son, ça fait «canasson». On dit ça, on dit rien, hein. Allez, tiens, on va aller se prendre un troisième pinte, ça ira mieux.

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Bon on n’est pas là que pour déconner non plus. On peut aussi faire de belles photos, comme ce backstage au cœur de la nuit où on voit les artistes quitter la scène avec nostalgie pour retrouver la noirceur de la solitude de leur vie maudite de créateurs parfois incompris et qui n’existent que quelques heures par mois lorsqu’ils sont face à leur public. On nous avait bien dit d’arrêter à la quatrième pinte. On est vraiment désolés.

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 «Mais si je te jure : j’ai compté 4 rangées à partir du 12e chêne en partant de la cabane du mec de la sécurité ! Elle doit être là, la bagnole, c’est obligé !» Ou quand tu as l’impression que le Sam, même s’il n’a pas bu une goutte d’alcool, a malgré tout des facultés intellectuelles nettement inférieures aux tiennes.

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