Culture

Signes des Temps #114 Centre d’art contemporain entre Thilouze et Villeperdue

Le pitch : « Signes des Temps » ce sont des images chassées par notre journaliste Laurent Geneix dans les rues, les bâtiments et les chemins de la Touraine ; des traces laissées par l’Homme pour l’Homme, parfois très claires, parfois très floues, violentes, commerciales et/ou drôles, mais toujours signifiantes – que ce soit grâce à des mots, des dessins ou des symboles – et potentiellement visibles par tous.

«Que devient ton poing quand tu tends les doigts ?» se demandait Miossec avec beaucoup de poésie sur son monumental premier album en 1995. «Que devient mon frigo quand il a rendu l’âme ?» se demande Tonton Robert après avoir épuisé tous les sujets de conversation (et le stock de Ricard) au comptoir du coin.

Définitivement vulgaire, le démontage scrupuleux des «white goods» et le tri pointilleux de chaque pièce détachée en vue d’un recyclage high tech (pour plus d’infos sur l’abus d’anglicismes, relire notre chronique numéro 112). L’écologie était (très vaguement) à la mode il y a cinq ou dix ans, la top tendance, sachez-le, est le pourrissement sur place. En milieu naturel de préférence. Poussant la mise en scène à l’extrême, un brocanteur de génie installé en pleine brousse tourangelle conserve et installe depuis plusieurs siècles dans une ancienne ferme les rebuts de notre société de consommation.

Une demi-douzaine de bâtiments regorgent ainsi d’amoncellements d’articles en tout genre, au milieu desquels on peut déambuler pendant un certain temps, comme dans un labyrinthe de maïs, mais avec la possibilité d’acquérir un bout des parois qui nous entourent. Le CCC OD n’a qu’à bien se tenir : l’expérience est extrême et les symboliques et autres questionnements existentiels pullulent en intérieur comme en extérieur, sur ce site qui joue au land art et à l’arte povera comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. L’entrée est libre et gratuite et on en ressort lessivé.

Avis aux groupes tourangeaux en mal de lieux de tournage pour leur prochain clip : «The next place to be» n’est peut-être pas celle que vous croyez, mais peut-être ce temple d’un nouvel art primitif du XXIe siècle. L’art de ne jamais rien jeter. Et de proposer l’ensemble à la vente, au milieu de nulle part.

Un degré en plus

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