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Culture

Scarecrow soignent leur sortie

Le groupe toulousain Scarecrow était au festival Les Courants à Amboise samedi soir. L’occasion de les voir une dernière fois avant la fin du groupe programmée à l’automne prochain.

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Ils l’assurent, le nom de leur album, « The Last » sorti l’an dernier n’était pas prémédité. Pourtant un an après, les Scarecrow bouclent l’aventure lors d’une dernière tournée qui prendra fin à l’automne prochain.

Si le terme est parfois (souvent) galvaudé, les Scarecrow ont prouvé au long de ces années que c’est un véritable groupe de scène. Pendant huit ans, ils ont en effet écumé festivals et salles en France et à l’étranger à un rythme effréné.

Mais en cette année 2017, les Scarecrow débranchent donc leur blues-hiphop au moment même où ils l’ont poussé à son paroxysme et à sa plus grande maturité. « Etre dans le camion quatre fois par semaines pendant plusieurs années, c’est forcément usant à force » reconnaît Adrien, aka Antibiotik, le rappeur du groupe. « Cette année on tourne moins, on se fait un peu plus désirer, on choisit un peu plus la qualité des dates, c’est peut-être pas plus mal » poursuit Slim Paul, son alter-ego bluesman dans le duo de chanteurs qu’ils forment.

Arrêter l’aventure de peur de tomber dans une certaine routine certainement, l’envie de passer à autre chose, de raconter d’autres histoires avec d’autres projets, avouent-ils aussi. Et pour clôturer (ou mettre entre parenthèses quelques temps) une aventure comme celle-ci, c’est avant tout l’envie de prendre un maximum de plaisir qui semble habiter les membres du groupe à l’approche de ce dernier été sur les routes ensemble.

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Et cela se ressent. Quelques minutes avant cette interview en notre compagnie, les Scarecrow descendent de la scène des Courants après une heure trente d’un show un nouvelle fois intense. C’est comme libérés de toute pression, que les quatre membres du groupe – avec Jamo le bassiste et Pap’s le batteur – avaient plus tôt entamé leur concert. Une sérénité et une maîtrise totale de leur sujet, y compris lors de problèmes techniques, qui se dégagent comme pour mieux permettre au groupe de s’affranchir de toutes contraintes. Avec une part belle à l’instrumental, le set livré par les Scarecrow est efficace. Scratchs, guitares, basse et batterie viennent se confondre dans une harmonie musicale sentant à la fois les années 70 ou 90 et au final obtenir un groove résolument moderne et contemporain.

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La musique de Scarecrow est riche, leur blues-hiphop puise dans les racines de ces deux musiques populaires y compris pour les paroles avec des textes soignés, revendicatifs, dénonciateurs aussi parfois. Une facette qui n’est pas forcément la plus remarquée de ce groupe qui marque généralement les esprits par l’énergie résolument rock sur scène, mais qui est pourtant primordiale dans le projet. « On veut pouvoir assumer ce qu’on chante tout simplement. Et pour cela il faut que les textes aient un sens » expliquent les deux chanteurs du groupe.

Du sens, le projet Scarecrow n’en manque pas : entre longues balades sur disques – « souvent nos morceaux préférés » racontent Paul et Adrien -, une énergie débordante sur scène, des textes subtils et engagés, mais surtout un habile mélange de deux musiques distantes dans le temps mais aux origines identiques, Scarecrow a en effet imposé un registre solide et unique qu’ils partageront une dernière fois cet été avant de tirer leur révérence et de partir vers des projets solos… Fin de l’aventure le 20 octobre prochain chez eux à Toulouse, au Bikini.