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Rencontre avec Audrey Terrisse, auteure du cru.

Salon Hifi - Leclerc Amboise
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Audrey Terrisse est rédactrice pour différents médias, elle est aussi auteure du récit « La Nouvelle Came » et des chroniques « Avant qu’on ne disparaisse. » Ces deux œuvres auto-éditées sont l’objet de l’entretien qu’elle nous a accordé.

11049601_1610661775882570_6679515221339852395_n37° : J’aimerais qu’on aborde avant tout le genre littéraire de tes écrits, il n’en est pas particulièrement fait mention sur la couverture de tes livres. Est-ce qu’on peut te qualifier dans le genre de l’auto-fiction ou du récit de soi ?

Audrey Terrisse : Je pense que j’écris sur des formes courtes qui ne sont pas des nouvelles, des romans encore moins. Est-ce que c’est de l’auto-fiction ou du récit de soi, je ne sais pas. Les genres littéraires ne m’intéressent pas en eux-mêmes. Bien sûr je suis capable de mettre une étiquette mais je ne me dis pas « tiens je vais écrire dans tel ou tel genre ». Ce qui est sûr c’est que l’écriture pour moi c’est quelque chose d’intime, alors oui on peut parler de récit de soi, mais j’écris aussi de manière extrêmement romancée. Il y a ma réalité mais je ne parle pas forcément de moi, je me sers de moi pour parler d’autres choses, de choses plus générales, notamment dans les chroniques « Avant qu’on ne disparaisse ». Évidement que tout n’est pas vrai, sinon ce serait terrible, je serais vraiment une folle furieuse infréquentable et mes enfants seraient placés en foyer (rires).

37° : Abordons « La Nouvelle Came », un récit écrit en mars 2015. Quand tu m’as remis le texte tu m’as expliqué qu’il n’a rien à voir avec une écriture de prof, tu peux t’expliquer là-dessus ?

A.T. : C’est un texte que j’ai écrit assez rapidement, on n’y trouve pas des phrases de dix lignes et des mots de quatre syllabes qui seraient pensés plus pour le paraitre que pour le fond. J’aime bien que le fond et la forme coïncident, étant donné que je n’évoque pas des choses très intellectuelles il n’y a pas de raison pour que j’emploie une forme « intellectualisée ». « La Nouvelle Came » est sortie très vite, avec des phrases courtes, un rythme, un souffle quoi, c’est ma façon d’écrire, une écriture un peu asthmatique, purgée. C’est une purge, on évacue.

37° : Quel est le sujet de « La nouvelle Came » ?

A.T. : Généralement on ne me pose pas la question comme ça. Je dirais que c’est un puzzle, des bribes de souvenirs ou de sensations, qui reconstituent une histoire qui peut ou ne pas être la mienne, qui évoquent des choses sur ma construction en tant que femme, en tant qu’auteure, en tant que personne.

37° : Tu racontes des souvenirs ou des souvenirs fictifs, liés à l’enfance et à l’adolescence…

A.T. : Oui, de toute façon on sait que le souvenir n’est jamais réel, il est souvent reconstruit, surtout lorsqu’il s’agit de souvenirs d’enfance qui sont la plupart du temps basés sur des sensations. Dans ce texte j’évoque ma réalité, ce que moi j’ai vu sur telles ou telles situations. Je pense que d’autres personnes qui les ont vécues y verraient complètement autre chose. Mais c’est ainsi qu’elles me sont venues, je ne vois pas de raison de les retravailler autrement, même si cela devient parfois injuste ou ingrat. Ce texte est un puzzle à reconstruire.

37° : Tu évoques une écriture asthmatique, on peut parler d’une écriture hachée, une ponctuation libre, tu travailles pour ce résultat ? la démarche est-elle volontaire ?

A.T. : Non, j’écris comme ça. Bien sûr à la relecture je retouche la forme. Ce texte là est particulièrement haché. Je ne crois pas qu’une phrase avec quatre mille compléments circonstanciels ait plus de valeur qu’une phrase avec simplement un sujet, un verbe et un complément d’objet direct.

37° : Ce texte est le premier qui ait abouti à l’édition, il y a eu d’autres textes en amont évidement, pourquoi avoir tenu à éditer celui-ci plus particulièrement ?

A.T. : Un temps j’ai écrit de la poésie, des chroniques de la vie quotidienne, des portraits. Et puis ce texte, je l’ai fais lire à deux proches qui m’ont dit « t’as pas le choix, il faut l’éditer ». J’avais quelque chose à dire, le fond et la forme se réunissaient, j’ai été encouragée pour la publication, les personnes qui l’ont lu ont dit avoir été bouleversées. J’écris dans l’émotion, alors si celle-ci est partagée c’est que cela fonctionne. J’ai estimé qu’il était assez bon pour être lu, après le lecteur peut avoir une idée différente. « La Nouvelle Came » a été très bien reçue, j’ai vraiment été gâtée par les retours.

37° : Tu as publié plus récemment un recueil de chroniques, « Avant qu’on ne disparaisse », des chroniques écrites le temps d’un été…

A.T. :  À l’origine j’avais cette phrase : « avant qu’on ne disparaisse ». J’avais envie d’écrire une sorte de bleuette, un récit court à l’eau de rose, je suis passé un peu à côté de la bleuette finalement (rires). Elles sont sorties comme ça ces chroniques, au bout d’une dizaine j’ai lancé une page sur Facebook. J’aimais bien le fait d’en publier une par jour, c’est un exercice, un vrai exercice compliqué parce qu’il faut produire en ayant toujours quelque chose à dire. J’avais envie que ce soit drôle, pas uniquement poétique, j’avais envie de pouvoir faire des blagues, avec un gros mot dedans, j’avais envie que ce soit un peu comme moi, qu’on parle vrai, sans politesse littéraire.

Les chroniques sont tirées de quelques conversations que j’ai eu dans le domaine privé, c’est un kaléidoscope amoureux de ce que pourrait être une histoire d’amour dans son intégralité.

37° : Ces chroniques sont parfois assez crues, il y est question de sexe…

A.T. : Tu penses à l’une des toutes premières chroniques où j’évoque un plug anal par exemple ? Oui j’emploie le terme de façon plutôt comique en fait, en manière de « il faut qu’on règle cette question définitivement » (rires). Oui je parle de sexe, sur le mode de l’humour. Mais en même temps le sexe fait partie de la vie amoureuse, alors oui ça fait partie des chroniques et ça me ressemble aussi, c’est une question importante.

37° : J’ai souhaité le préciser parce que ce sujet du sexe manque souvent finalement dans la description d’une histoire sentimentale, cette façon que tu as d’en parler reste rare.

A.T. : Je ne veux rien cacher, je ne fais pas de compromis. Je ne dis pas tout, je ne livre pas tout, je ne rentre donc pas dans un exercice où l’on parlerait de sensualité, où l’on entrerait dans quelque chose de plus intime qui appartiendrait à mon domaine privé. Mais au final oui, le sexe fait partie de la vie, je ne vois pas pourquoi je n’en parlerais pas. Je ne peux pas prétendre avoir une écriture dont le fond et la forme se rejoignent, une écriture un peu brute en faisant cette impasse, ce serait d’une hypocrisie totale.

Entretien réalisé en partenariat avec l’émission « N’écoute pas les idoles » et Radio Béton 93.6.

Retrouvez cette interview sous format audio ci-dessous :

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