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Regards #70 « First Man »

Dans Regards, retrouvez l’avis de Stéphanie Joye sur quelques films à l’affiche dans les cinémas tourangeaux. Histoire de vous donner envie, à votre tour, d’aller passer un moment dans les salles obscures.


First man (Drame, biopic américain)

De Damien Chazelle

Avec Ryan Gosling, Claire Foy, Jason Clarke …

Producteur exécutif : Steven Spielberg

Inspiré de la biographie de James R. Hansen

Après une série d’expérimentations démarrant en 1961, c’est en 1966 que Neil Armstrong, pilote tenace et courageux, effectue son premier vol spatial à bord de Gemini 8, et réalise le premier amarrage de deux engins spatiaux. Il poursuit ses entrainements nécessitant une constitution physique ultra résistante. En parallèle, sa vie de famille en pâtit, sa femme désespère et reste seule avec les enfants. Mais Neil et sa femme ont perdu leur petite fille, décédée d’une tumeur, ce qui renferme Neil dans un monde intérieur. S’accrochant, grâce à ce qui pourrait le faire entrer dans l’Histoire, il délaisse les siens, prend tous les risques, et part vers l’inconnu lorsqu’il est sélectionné comme commandant d’Apollo 11, la première mission à se poser sur la Lune …

D’une froideur clinique, emplie de tristesse, menée telle une aventure humaine mi-lunaire mi-funèbre, cette épopée cosmique et intime emporte malgré tout dans la fascination de la vérité de l’Histoire. Histoire miraculeuse d’une Nation, histoire terrible d’un homme et père endeuillé (trauma de la mort de sa petite fille, décès de nombreux de ses collègues), en souffrance, s’accrochant à la Lune pour contrer l’obscurité de son esprit.

De son arrivée à la Nasa en 1962 jusqu’à 1969, Neil Armstrong expérimente les vols en effectuant de véritables prouesses physiques, secouantes, chaotiques. Pour obtenir des effets visuels hyperréalistes et faire vivre au spectateur une expérience sensorielle démentielle, Damien Chazelle secoue sa caméra (qu’il tient à l’épaule tout au long du film) lors des scènes de décollages, effectue des gros plans sur le visage de Ryan Gosling (tout en intériorité, et malheureusement sans grand mérite), et montre des images célestes et galactiques absolument sublimes. A cela s’ajoute un son puissant, ahurissant, et c’est cet ensemble scénique qui est captivant. Chazelle n’est pas le premier à explorer ce terrain « performeur ». Dunkerque de Christopher Nolan (2017) et Gravity d’Alfonso Cuaron (2013) avaient déjà relevé ce type de défi saisissant, mais avec un procédé différent.

En pilotant Appolo 11, en effectuant son alunissage, en posant le premier pas sur la Lune le 20 juillet 1969, Armstrong, suivi de son copilote Edwin Aldrin, entre dans la légende intersidérale. Après son rôle dans le phénomène multi-oscarisé La la land (second film de Chazelle, en 2016, son premier étant Whiplash en 2014), Gosling enfile la tenue de cosmonaute et part à la conquête spatiale, magnifiquement mise en image. Un coût astronomique pour l’Amérique que cette mission qui avait vu perdre plusieurs vies de pilotes. First man, c’est 2h20 d’une odyssée spectaculaire quasi documentaire, et ce n’est pas tant long, puisqu’il s’agit de la retranscription fidèle d’un biopic sur le sujet. Si l’on déplore la tendance fortement mélodramatique du film, le cratère lunaire scintillant, le sol granuleux, l’immensité de l’inconnu et le regard d’Armstrong devant ces merveilles valent le déplacement.

Un film à l’affiche aux Cinémas Studio (Toutes les informations utiles sur leur site internet) et aussi dans les cinémas CGR de l’agglomération (toutes les informations utiles sur leur site internet).

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