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Philippe Lucchese ou l’art de féminiser les tableaux de maîtres

Salon Hifi - Leclerc Amboise
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Après plusieurs expositions remarquées en 2014 et 2015, le photographe Philippe Lucchese poursuit son travail de « revisite de l’histoire de l’art au féminin” avec en ligne de mire une grande exposition à l’Hôtel Gouin en 2017. Rencontre avec un photographe passé maître dans l’art de photographier les femmes.

philippe_lucchese_portrait (2)(1)Philippe Lucchese (c) Mathis Lucchese

Mêler comme sujets l’Art et les femmes et réunir l’ensemble dans un seul et même projet, c’est le défi que s’est lancé le photographe Philippe Lucchese. Après des expositions à l’Etoile Bleue ou au péristyle de l’Hôtel de ville de Tours en 2014, où son travail fut salué, Philippe Lucchese a eu une envie : revisiter par l’outil photographique des chefs d’œuvres de la peinture  mais uniquement avec des personnages féminins. De cette envie est née une première œuvre : “Le Radeau des Méduses” en 2015, que nous avions pu apercevoir notamment l’an passé, au cours d’une sublime exposition commune avec François Pagé à la Chapelle Sainte-Anne. Un tableau mettant en scène 20 modèles féminins reprenant scrupuleusement les poses des personnages du célèbre tableau de Géricault. Avec un fond peint par François Pagé sur lequel vient se poser la photographie, cette réinterprétation du “Radeau de la Méduse” a enchanté par son réalisme, ceux qui l’ont vu.

11001926_967463846605261_8939167274262570398_n« Le Radeau des Méduses » (c) Philippe Lucchese

Une première réussite qui en appelait d’autres. C’est ainsi que ces dernières semaines, le photographe, son équipe et ses modèles se sont de nouveau retrouvés pour deux séances de travail au Point Haut chez la Compagnie Off, afin de réinterpréter deux tableaux d’Eugène Delacroix : “La mort de Sardanapale” et “La Liberté guidant le peuple”, des tableaux qui comme “Le Radeau de la Méduse”, sont inscrits dans le mouvement du Romantisme du XIXe siècle. “Je suis quelqu’un qui apprécie et qui aime la peinture,les tableaux que je choisis sont des coups de cœur ». Un art auquel il a donc voulu rendre hommage. Un véritable exercice de style pour lequel Philippe Lucchese fait plus que réinterpréter ces tableaux de maîtres, mais se les réapproprient entièrement, avec notamment cette volonté de leur donner une touche importante de féminité : “quand on me demande ce que j’apporte aux œuvres originales, je réponds les femmes”.

La Mort de Saradanapale 2Le shooting de « La Mort de Sardanapale » (c) Jacques Hermite

Hommage à l’art donc, mais hommage aux femmes surtout qui sont omniprésentes dans le travail du photographe depuis ses débuts. “La Femme avec un grand F, c’est l’autre avec sa part de mystère” explique-t-il. Une autre, un à côté, qui l’a toujours attiré comprend-on. “Attention, je ne parle pas de désir mais de fascination, avec un profond respect qui se ressent je pense dans mon travail”. Sur les séances de travail pour ses grandes fresques, Philippe Lucchese se montre ainsi très prudent et vigilant dans son approche avec les modèles : “je ne replace jamais moi-même un modèle, si besoin c’est Zoé, la costumière avec qui je travaille qui le fait. J’essaye vraiment de les mettre en confiance afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur les intentions artistiques. C’est important parce qu’il peut y avoir du nu dans ces œuvres”. Une confiance entre l’artiste est ses modèles indispensable et qui fonctionne. En effet malgré des séances de plusieurs heures en positions fixes afin d’obtenir la reproduction la plus exacte possible de l’œuvre originale, ces dernières reviennent à chaque fois avec un grand plaisir non dissimulé. “C’est d’ailleurs assez fou parce que je leur demande des positions de tension à tenir qui sont inconfortables, elles restent comme ça des heures, elles finissent courbaturées mais jamais elles se plaignent. Pour « le Radeau de la Méduse », certaines avaient même des échardes, et à la fin elles me remercient”.

Le photographe explique avoir pour objectif de sublimer la femme de façon sensuelle. Pas n’importe quelle femme précise-t-il, mais celle de son époque. Ainsi, si les costumes collent au plus près de ceux sur les tableaux originaux, hors de question en revanche de gommer des éléments des personnalités des modèles : “je veux mettre en avant des femmes de leur temps, des femmes du XXIe siècle, si elles ont des piercings, des tatouages, … je les laissent volontairement. D’ailleurs Marianne aura un tatouage dans la réinterprétation de “La Liberté guidant le peuple”. Mes modèles sont des femmes du quotidien qui ont toutes un travail à côté, ce ne sont pas des mannequins professionnelles. C’est en cela qu’elles expriment toutes les facettes de la féminité”.

La Liberté guidant le peupleShooting de « La Liberté guidant le peuple » (c) Philippe Lucchese

Après “La liberté guidant le peuple” et “La mort de Sardanapale”, Philippe Lucchese s’attaquera à deux autres grandes fresques à l’automne. Le romantique photographe changera de période puisque les œuvres choisies seront “La Cène” de Léonard de Vinci “avec une Jésus noire” et “La création d’Adam” de Michel-Ange qui deviendra pour le coup “La création d’Eve”. Un travail titanesque nécessitant une préparation minutieuse et une équipe soudée autour de lui : « J’ai la chance d’avoir des personnes compétentes qui me suivent, que ce soit Zoé Forestier ma costumière ou encore Mohamed Katthabi pour les lumières. Sur ces séances là, je retrouve un peu l’esprit des tournages des films que j’ai pu faire auparavant. Je suis un peu le réalisateur qui dirige une équipe de spécialistes talentueux ».

La Mort de SardanapaleM.Katthabi et P.Lucchese (c) Jacques Hermite

Ces séances donneront naissance ainsi à quatre grandes fresques qui seront montrées au public lors de l’exposition de Philippe Lucchese  à l’Hôtel Gouin du 15 avril au 15 mai 2017. Une exposition pour laquelle Philippe Lucchese voit grand donc, avec pour espoir derrière de pouvoir la faire voyager ailleurs en France.

Un degré en plus :

> Le site internet de Philippe Lucchese

> Découvrez le making-of des séances de « La mort de Sardanapale » et du « Radeau des Méduses » :

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