Ousmane Diarra : « L’écriture est une confidence qui me libère de ma timidité »

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En résidence à La Maison des écritures de Neuvy le Roi jusqu’à fin novembre, l’écrivain malien, Ousmane Diarra prépare son prochain roman. Nous avons saisi l’occasion pour rencontrer l’auteur de « La route des clameurs », son précédent ouvrage sorti en 2014 qui évoquait la guerre et la montée de l’islamisme dans son pays.

« Quand nous avons fait un appel à résidence pour un auteur africain, j’ai tout de suite pensé à Ousmane Diarra » raconte Jean-Louis Maitre, vice-président de La maison des écritures. « C’était l’occasion de lier plusieurs projets, d’abord parce que le lycée Jean Monnet a un partenariat avec un lycée de Bandiagara, au Mali. Cela nous permettait de faire rencontrer Ousmane aux lycéens de Jean Monnet puis à ceux de Bandiagara. Comme la résidence se tient jusque fin novembre, il pourra également être présent au festival Plume d’Afrique ». C’est ainsi qu’Ousmane Diarra a posé ses valises début septembre dans le nord de la Touraine. Logé dans un presbytère à la campagne, l’auteur dit apprécier le calme nécessaire à son travail : « La tranquillité nourrit la réflexion artistique. De plus, j’ai beaucoup plus confiance en moi à la campagne. Même si je vis à Bamako depuis que j’ai 13 ans, la ville m’effraie, pour moi c’est la jungle ».

Quand nous rencontrons Ousmane Diarra, nous découvrons un personnage timide : « L’écriture est une confidence pour moi, j’écris ce que je ne peux pas dire, cela me permet de me libérer de cette timidité » confesse-t-il à haute voix, cette fois. Un rapport à l’écriture né dès l’enfance, quand le petit Ousmane apprit à écrire en classe de CP. Orphelin depuis l’âge de deux, il avait alors écrit une lettre à sa mère. Un acte fondateur dans son rapport à l’écriture qui s’est renforcé au fur et à mesure que le jeune Ousmane devienne Monsieur Diarra.

Une confidence parfois lancée comme un cri de colère comme dans « La route des clameurs », dans lequel Ousmane Diarra évoque la guerre qui a sévi au Mali en 2012 avec la prise de contrôle d’une partie du pays par des groupes islamistes. « Je n’arrivais plus à dormir, cela devenait obsessionnel, c’était toute l’histoire de mon pays qui tombait face aux islamistes ». De cette colère naîtra un livre écrit en moins de six mois, l’histoire d’une famille malienne qui doit faire face à ce péril islamiste. Un livre sorti l’an passé et largement salué par la critique et le public. « Si je n’avais pas écrit ce livre j’aurai pris les armes, il y avait tellement de colère en moi » raconte l’auteur aujourd’hui. Un livre qui lui a valu des menaces y compris physiques, pourtant Ousmane Diarra refuse de s’étendre dessus, pour ne pas leur donner de valeur dit-il : « Je prends le risque de mon combat, les menaces ne valent rien à côté du fait que des milliers de mes compatriotes étaient en danger. Il fallait que j’écrive ce livre pour raconter ce qu’il se passait ».

Un an après la sortie de « La route des Clameurs », Ousmane Diarra prépare en Touraine son prochain ouvrage : « C’est un roman d’amour bizarre, reprenant une tradition bambara qui veut qu’une fille qui se marie soit suivie par un jeune garçon, souvent de sa famille, pendant les rituels de son mariage ». La résidence de l’auteur malien est également l’occasion d’échanges avec le public français, à commencer par les scolaires. Entre rencontres autour des contes pour les maternelles, ateliers au sein du collège de Neuvy le Roi ou encore rencontres avec les lycéens de Descartes à Tours ou Jean Monnet à Joué-lès-Tours, Ousmane Diarra distille sa parole avec simplicité et bonheur dans ces moments d’échanges culturels riches et intenses.

Un degré en plus :

>Le site de l’association Bandia-Monnet : bandia-monnet.over-blog.com/

> Le site du festival Plumes d’Afrique : www.plumesdafrique37.fr/

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