On vous a retrouvé ! Sam Tach : Socialement imbuvable ?

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Ce mois-ci on a retrouvé Sam Tach, le rappeur qui fut une révélation de la scène tourangelle en 2012. Deux ans après s’être produit au Printemps de Bourges ou au festival Aucard de Tours, nous l’avons retrouvé retiré dans un petit village de la campagne tourangelle, les cheveux et la barbe longues. Un aspect d’ermite, tranchant avec l’image du rappeur qu’il était sur scène. Un changement de style qui ne lui a néanmoins pas fait perdre son franc parler…

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Salut Sam, ton album Raid d’Ether est sorti cette année, en es-tu satisfait ?

Une fois n’est pas coutume mais oui là j’assume pleinement, c’est le résultat que je voulais. On est allé au bout du truc, il y a une cohérence dans la track-list. C’est comme dans un bouquin, cela s’apprécie en entier, on ne peut pas séparer et isoler les chapitres.

 

Pourquoi cet album a mis du temps à sortir ?

Ce n’est pas du laxisme, simplement je ne voulais pas me contenter d’une qualité home studio. J’avais envie que ce soit mieux qu’un petit disque local pour que ceux qui l’achètent puissent le poser fièrement au milieu des disques des artistes nationaux.

En plus je ne suis pas du tout content de ma manière de chanter et je trouvais les premiers titres très rébarbatifs. Il a fallu que je prenne en maturité pour que ça commence à ressembler à quelque chose. Je ne suis pas quelqu’un qui est facilement satisfait, pour moi soit c’est raté soit c’est réussi, mais 14/20 c’est raté.

 

Donc je résume, ton album vient de sortir, tu en es satisfait et malgré ça tu as arrêté ta carrière et je te retrouve retiré en pleine campagne. Tu m’expliques ?

Au départ j’avais dit que je faisais de la musique pour faire un album et après passer à autre chose. J’aime bien multiplier les expériences et j’avais pas envie de devenir parolier professionnel, d’en faire un fond de commerce. Après c’est sûr ça marchait bien, c’était prometteur, mais en même temps si la musique c’était toute ma vie, je n’aurai pas commencé sur le tard à 26 ans non plus. Évidemment je me suis pris au jeu et j’aurai aimé qu’on en fasse plus, que ça dure plus longtemps mais ça n’a pas été possible donc tant pis. Je ne suis pas le premier à changer de métier dans la vie.

 

Cet arrêt s’est fait brutalement ?

Vu de l’extérieur le groupe progressait bien, mais à l’intérieur il n’y avait pas assez de travail pour franchir un cap. Pour cela il aurait fallu arrêter de croire que tout était gagné et c’était pas forcément le cas de tout le monde dans l’équipe. L’an passé, j’ai eu une galère personnelle par dessus, j’ai décidé d’arrêter tout ce qui me coutait de l’énergie. J’avais besoin de me poser, de me ressourcer.

 

Tu nous ferai pas une « sociétite » comme dans ta chanson Pierre et le progrès ?

Totalement, je fais de la claustrophobie sociale ou un truc dans le genre. Je considère la civilisation comme une erreur, un mauvais choix tactique à la base. Je me reconnais pas dans les codes sociaux, les moeurs… Dans Pierre et le Progrès je retranscrivais mon dégout du principe même de se civiliser. Je racontais comment, parce que l’Homme a eu peur de tout, on en est arrivé à créer l’assurance vie.

Moi ma vraie vie c’est d’être à la campagne, de vivre dehors et de faire des vraies choses. Je ne suis pas fait pour vivre en ville, ça me rend débile. Si je peux pas voir l’horizon je me sens pas bien et en ville tu ne vois jamais à cinquante mètres devant toi. On peut dire que comme Merlin dans la série Kaamelott, je perds mes pouvoirs quand j’ai un toit sur la tête.

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La vie d’artiste ça ne te manque pas ?

Je bidouille et écris encore des trucs. Le jour où il y a un groupe cool qui me propose quelque-chose, c’est possible que j’y aille, mais je ne vais pas courir après. Je pourrai aussi faire un film ou écrire un bouquin, ça serait tout aussi sympa. Après je serai toujours poète car pour moi la poésie c’est le fait d’écrire une vision de la vie et c’est plus enrichissant pour moi de garder ça au quotidien, dans mon coin.

 

On a dit que tu étais un donneur de leçon, un artiste énervant… tu en penses-quoi ?

C’est cool d’être le chanteur énervant, le poil à gratter. Je trouve ça plus intéressant que d’être confronté à une absence de questionnements. J’avais pas envie de faire de la musique naïve, je voulais poser des questions qui jettent des froids. Par contre les gens qui tombent dans le premier degré et qui disent que je suis donneur de leçon, faut qu’ils apprennent à lire et analyser des textes. C’est un décalage de forme, ils comprennent pas le second degré c’est tout. Moi je donne mon point de vue et je dis aux gens : autorisez-vous à avoir un avis, autorisez-vous le jugement, c’est pas grave au contraire. Sam Tach, c’est pas une boule d’orgueil, il fait semblant.

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Malgré des textes forts sur la société, tu refuses également le terme d’artiste engagé ?

Je me réfère à Desproges qui a très bien dit : « Je suis un artiste dégagé ». Sans rire je suis engagé dans rien, je fais parti d’aucun mouvement. Il y a des artistes très intéressants qui montent des projets, qui aident les jeunes, moi je ne fait que manipuler les mots. Dire que je le suis ce serait de l’usurpation totale. J’ai des idées contestataires mais l’engagement c’est autre chose, c’est des activités concrètes.

 

Merci Sam Tach pour ces réponses. Pour conclure, tu as une idée de titre à cette interview ?

Socialement imbuvable ou pas si imbuvable, à toi de voir.

 

L’album de Sam Tach est disponible sur Band Camp ou en écoute intégrale sur Youtube

Crédits photos : Sam Tach pour 37°

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