Culture

Nouvel Atrium : Une salle qui a tout d’une grande

Espace Malraux, L’Escale, Le Nouvel Atrium, Le Temps Machine, Oésia, récemment La Grange de Luynes, prochainement l’inauguration de La Parenthèse à Ballan-Miré… A première vue, les équipements culturels communautaires ou municipaux ne manquent pas dans l’agglomération tourangelle. 37° a décidé de s’intéresser ce mois-ci à ces équipements culturels, pour l’essentiel des salles de taille moyenne, souvent de capacité similaire, afin de découvrir leurs différences, leurs spécificités, leurs objectifs ou encore leur fonctionnement… Premier article de la série consacré au Nouvel Atrium de Saint-Avertin.

Ce n’est pas la salle la plus « sexy » d’un point de vue esthétique, mais ne vous fiez pas aux apparences, Le Nouvel Atrium de Saint-Avertin sait se montrer séduisant. Avec une programmation essentiellement centrée sur trois grands axes : l’humour, la chanson/pop et les musiques du monde, la salle des bords de Cher a su depuis plusieurs années se faire une place de choix chez les tourneurs et les artistes. Ces dernières années citons entre autres les concerts de Barbara Hendrix, Juliette Greco, Agnes Jaoui, Arno, Miossec, Christophe, Dominique A, Aaron, Amadou et Mariam… Pour la saison culturelle actuelle citons encore les concerts et spectacles à venir de Patrick Timsit, Bertrand Cantat, Cali, Rover ou encore André Manoukian…

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Le Nouvel Atrium dispose d’une jauge de 400 places assises ou 600 en configuration debout. (c) Nouvel Atrium – Ville de Saint-Avertin

Une salle à la (bonne) réputation grandissante

L’homme qui a réussi à faire venir ce beau monde se nomme Joao Gonçalves, le responsable de la programmation de la saison culturelle saint-avertinoise depuis 2009. Jusqu’alors, l’Atrium, devenu depuis Nouvel Atrium suite à quelques rénovations,  mais aussi une volonté affichée de lui donner un nouveau cap, est géré par une association. Celle-ci a le mérite de faire vivre la salle avec ses moyens, mais sans pouvoir lui donner une réelle identité. Par ailleurs, à cette époque, la ville de Saint-Avertin ne possède pas de service culturel. Deux éléments qui amèneront le maire de la commune, Jean-Gérard Paumier, à créer un service dédié en septembre 2008 afin de s’occuper notamment de la salle de sa commune. Janvier 2009, Joao Gonçalves débute donc son métier de programmateur à Saint-Avertin sous la direction de Jérémy Blais, alors directeur des affaires culturelles de la commune (ndlr : aujourd’hui directeur général des services).

« C’était une véritable volonté de Jean-Gérard Paumier qui a toujours accordé de l’importance à la culture » se remémore Joao Gonçalves. Une volonté jamais démentie depuis avec un budget constant, autour des 100 000 euros. « Nous sommes soutenus mais en revanche, les élus n’interfèrent pas dans les choix artistiques, on discute et on échange beaucoup,  mais ils nous font confiance ». Derrière le nous employé par Joao Gonçalves, se cache une petite équipe qui se compte sur les doigts des mains et qui est « au cœur du projet culturel » nous fait-il savoir. « On travaille vraiment à l’ancienne, avec passion et sans pression des élus, je crois que c’est une des clés de la réussite du projet ».

Les autres clés, c’est le bon-sens mais aussi une force de persuasion. Afin de composer une saison complète avec le budget alloué, Joao  s’est en effet fait expert en négociations. « Je dépense l’argent qu’on me donne, mais je refuse le gaspillage, je négocie toujours parce que je n’oublie pas que c’est de l’argent public également ». Face à ce budget serré, l’équipe du Nouvel Atrium fait valoir d’autres atouts comme son sens de l’accueil des artistes. « C’est important qu’ils se sentent bien, non seulement parce que cela contribue à notre bonne réputation, mais aussi par respect pour les artistes ». Les années passant et les noms se multipliant au tableau du Nouvel Atrium facilitent par ailleurs de plus en plus ces négociations. « La salle est de plus en plus connue et il n’est plus rare de voir des artistes vouloir venir jouer chez nous ». Le pari fait en 2008 de construire les saisons culturelles en interne sans passer par des sociétés de production se révèle donc payant pour Saint-Avertin qui a su se dessiner une véritable identité derrière laquelle le public adhère. « Notre politique tarifaire est plutôt basse avec des concerts ne dépassant pas 26 euros au maximum. Cela permet d’attirer toujours plein de nouveau public » indique Joao Gonçalves.

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Aaron en concert au Nouvel Atrium (c) Nouvel Atrium – Ville de Saint-Avertin

Et la scène locale ?

Le Nouvel Atrium attire donc des artistes nationaux mais qu’en est-il de la place faite aux locaux ? Si Joao Gonçalves indique ne pas être hyper enthousiaste à l’idée de soirées 100% découvertes « où les groupes locaux jouent souvent devant une toute petite affluence », ce dernier n’exclue pas pour autant la scène locale. « J’aime bien l’idée de programmer lors d’une même soirée un artiste reconnu et un artiste local en devenir, je trouve que l’expérience est d’autant plus riche ». C’est notamment le cas lors des soirées de l’Intime Festival, à l’instar de celle réunissant Boys in Lilies, Ropoporose et Jay Jay Johanson en février 2015.

Pour Joao Gonçalves, la problématique est au final assez simple : «  ma mission est de faire rencontrer un public et des artistes ». Une mission qu’il réussit à remplir pleinement et sans grands moyens financiers démesurés donc. « Il faut parfois faire preuve de débrouillardise mais je crois que le plus important c’est de faire les choses avec sincérité et de rester naturels » conclue-t-il notre entretien.

Un degré en plus :

> Toute la programmation culturelle à découvrir dans le magazine KulturG édité par la ville

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