Culture

MOPA, les sept fantastiques

Il va falloir s’installer confortablement dans son fauteuil et pour longtemps : le projet musical MOPA a plein de choses à nous raconter, et nous n’en sommes qu’aux prémices. Son cerveau bouillonnant Valentin «des-projets-j’en-ai-plein» Pedler, pierre précieuse locale extraite de la riche mine Jazz à Tours, nous a reçus sur la terrasse du Pale quelques jours avant la sortie de «Prima matéria» : matière première donc, lave en fusion qui lorgne vers la noisy pop, le prog-rock, un jazz aérien et cinématographique en pleine effervescence et qui s’enrichit de jour en jour de multiples collaborations. Il nous explique comme ça marche, tout ça.

37 degrés : Quel rôle jouez-vous dans ce projet ?

Valentin Pedler : Je suis le directeur artistique du projet. J’ai écrit les histoires de base, j’ai écrit la plupart des musiques. C’est un projet qui a mûri et se développe logiquement : on est six de Jazz à Tours, on se connaît depuis un certain temps. En deuxième année de prépa, on devait créer quelque chose dans le cadre de notre cursus. A l’époque j’étais pion donc j’avais le temps de lire et je me suis plongé dans des bouquins de science fiction dont mon père me parlait depuis longtemps. Je suis tombé amoureux d’un ouvrage qui s’appelle «Hyperion» de Dan Simmons, j’ai tout lu assez rapidement. C’est un space opera, il y a donc plein de personnages, ça se situe dans le futur et dans le passé. Au fil des tomes, on lâche peu à peu les personnages et on part dans quelque chose de beaucoup plus vaste, notamment de philosophie et de politique.

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37 degrés : Comment cette découverte vous a-t-elle amené vers la création de MOPA ?

Valentin Pedler : J’ai commencé à écrire des histoires avec des personnages aussi, puis je les ai intégrés peu à peu dans des compositions du groupe sous différentes formes : chant, rap, conte… Le cinéaste Charlie Rojo (auteur notamment du film «En descendant la rue Lobin») nous a rejoint et il intervient sur un morceau.

37 degrés : Un tel projet nécessite la mise en œuvre de différentes disciplines, et donc des collaborations externes ?

Valentin Pedler : J’ai sollicité des étudiants des Beaux-Arts pour travailler sur des décors, mais mon appel a malheureusement été peu suivi. En revanche, j’ai moi-même bossé un an-et-demi là-bas pour construire des maquettes et des machines. J’ai aussi organisé une soirée à La Belle Rouge avec une carte blanche aux Beaux-Arts. Là encore, les Tourangeaux n’ont pas trop répondu présent, du coup aujourd’hui je travaille avec des gens d’Angers et de Rennes. Notamment avec Lohengrin Papadato pour la partie graphique.

37 degrés : Ce projet de space opéra dépasse par ailleurs MOPA ?

Valentin Pedler : Oui, par exemple j’ai un projet solo qui s’appelle Le Tombeau des Alchimistes où je raconte les déambulations d’un personnage de Prima Materia dans le cerveau des alchimistes. On a fait une petite vidéo dans des caves troglodytes à Angers et je viens de jouer au Wabam Festival à La Gloriette. C’est un projet d’abord musical, mais là encore avec une histoire bien structurée dans les textes.

37 degrés : De quels instruments jouez-vous ?

Valentin Pedler : Je change selon les projets. A la base mon instrument c’est la guitare électrique, mais je fais aussi de la clarinette basse et dans mon projet solo je chante et je fais de la batterie électronique aussi.

37 degrés : Est-ce que le projet MOPA avance comme vous le voulez ?

Valentin Pedler : Oui et non. Pour la partie vidéo, je manque de moyens et de collaborateurs qui auraient envie de se lancer dans l’aventure. Nous sommes encore sur le modèle d’un projet bénévole, donc ce n’est pas forcément évident. On a la chance d’avoir un ingénieur du son qui nous suit c’est Hugo Barré (qui travaille notamment avec Assad et The Moonfingers). On a pas mal de projets de collaborations d’ici l’été 2016 : notamment avec Pierre Joguet (The Moonfingers) qui nous a écrit une chanson, avec Janski Beeeats et aussi le bassiste Julien-Baptiste Rascagnères de Jazz à Tours… L’idée est d’étoffer notre set avec de nouveau titres et de nouveaux personnages qui vont s’intégrer à l’histoire.

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37 degrés : Quelle est la prochaine échéance importante pour MOPA ?

Valentin Pedler : On commence à travailler avec la Compagnie Off pour une collaboration à l’occasion de la Blitz Witz Nacht du 7 novembre 2015, un événement pluri-disciplinaire au Point Haut à Saint-Pierre-des-Corps. On prépare une scénographie très spectaculaire… Cela va donner à MOPA une autre dimension qui devrait nous convenir et qu’on pourra peut-être creuser pour la suite.

37 degrés : Vous avez une manière particulière de composer ?

Valentin Pedler : Je soumets mes textes aux chanteurs, rappeurs, conteurs qui les mettent en scène chacun à sa manière. On compose ensuite la musique à partir de ça. «Prima Materia» est une matière en développement : même si je sais à peu près où je vais, beaucoup d’éléments extérieurs interviennent pour construire peu à peu le projet. Par exemple, pour une date à Orléans un illustrateur s’est inspiré d’une des histoires pour produire quelque chose de surprenant et d’original, sans travailler avec nous en amont : ça a été une belle surprise et j’aime cette idée de projet ouvert et expérimental.

Un degré en plus

> Prochaines date à Vouvray le 16 octobre 2015 et à Mettray au Maëlstrom Lab le 23 octobre 2015.

> Dans les coulisses du space opéra :

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