Culture

L’intérêt patrimonial et historique du château du Plessis-lès-Tours est-il sous évalué ?

Depuis deux ans, l’Université de Tours par convention avec la ville de Tours mène des études au sein du domaine du Plessis-lès-Tours. Dans le cadre d’un projet pédagogique, une vingtaine d’étudiants d’Histoire de l’Art, sous le regard attentifs de deux enseignants universitaires Lucie Gaugain et Alain Salamagne, étudient ainsi avec minutie les différentes parties de l’ancien domaine du roi Louis XI : l’emprise, les jardins mais aussi le bâti.

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Une étude qui permet aujourd’hui d’en savoir un peu plus sur la valeur historique du château du Plessis. Alors que jusqu’ici, on pensait que seule la tourelle était d’époque, l’étude menée par le département d’Histoire de l’Art de l’Université François Rabelais révèle aujourd’hui de nouvelles perspectives. « On a découvert que la structure d’origine de la charpente, datée de la fin du XVe siècle, est toujours présente » raconte Lucie Gaugain. « Elle a pu être authentifiée par Frédéric Epaud, spécialiste des charpentes au CNRS ».

Autre intérêt patrimonial majeur pour l’enseignante-universitaire, la présence de la brique : « Nous savons que la brique n’est pas connue en Val de Loire avant la fin du XVe siècle. Nous savons également qu’il a été fait appel aux maçons de brique  de Béthune pour travailler à la construction du château. Nous avons besoin de comprendre comment se sont opérés ces transferts de compétences mais le Plessis apparaît être le premier exemple de l’architecture royale dite de Versailles, qui est un mélange de briques et de pierres et que l’on retrouve plus tard au château de Versailles ». Reproduction de la mode royale oblige, ce type d’architecture sera suivi en Touraine et ailleurs par la Noblesse pour la construction d’hôtels particuliers.

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On a ici l’exemple de l’importance du roi Louis XI dans l’histoire de la Touraine. « La ville de Tours a avec Louis XI, le roi tourangeau, un sujet qui pourrait servir sa politique de rayonnement. C’est un roi important dans l’histoire de France qui avait fait de Tours sa capitale » explique l’historienne. « Le bâtiment doit rester à vocation patrimonial et culturel. Pourquoi pas y implanter un pôle autour de la figure de Louis XI  justement ? Ou un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine ? Celui-ci est obligatoire pour toutes les villes d’Art et d’Histoire depuis 2007, or Tours en est toujours dépourvu. Cela pourrait nous permettre en plus d’envisager une étude approfondie, notamment archéologique ». 70% du château de Louis XI ayant été détruit au fil des siècles, le sous-sol garde encore beaucoup de mystères sur l’ancien domaine royal.

parc plessisTracés de l’emprise du Plessis-lès-Tours au temps de Louis XI  (en rouge l’ensemble du domaine)

Lucie Gaugain précise que l’étude menée actuellement est une étude globale et qu’il faudrait encore deux ans pour la terminer. Et quand on l’interroge sur la vente du domaine par la ville de Tours, cette dernière répond sans détour : « Il faut que la ville renonce à vendre. Si le domaine tombe dans le privé, on aura pas de regard sur ce que fera le propriétaire. Or on sait que toute opération, que tout type de travaux, même le plus minime est une opération irréversible ». Pour l’historienne, le château du Plessis-lès-Tours est ainsi un lieu patrimonial et d’histoire essentiel, qu’il faut préserver coûte que coûte. « Nous sommes à la disposition de la ville de Tours pour leur expliquer notre étude et l’intérêt patrimonial et historique du lieu ».

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