Culture

L’Histoire de l’Art au Féminin à l’Hôtel Gouin : le pari réussi de Philippe Lucchese

Avec plus de 11 000 visiteurs en un mois, l’exposition du photographe Philippe Lucchese à l’Hôtel Gouin a été un grand succès. Un succès qui s’est achevé ce week-end avec notamment une séance nocturne samedi soir.

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« Ce n’était pas un événement culturel au départ, nous n’avions pas communiqué plus que cela si ce n’est dans nos réseaux ». A l’heure de la clôture de son exposition à l’Hôtel Gouin, le photographe tourangeau Philippe Lucchese est sur son nuage. Avec plus de 11 000 visiteurs, le succès est au rendez-vous. Et si cela ne l’était pas forcément au départ à croire l’artiste, force est de constater que cette exposition est bel et bien devenue un événement culturel à part entière, un des événements phares même de ce début d’année 2017 sur la place tourangelle. De l’inauguration qui a attiré de nombreuses personnalités et lambdas, au ternissage nocturne qui  a attiré de nombreux curieux et passants, c’est en effet un sans faute réalisé par le Tourangeau. Un succès dépassant les attentes du photographe, heureux forcément mais presque gêné d’une telle réussite quand on lui en demande les raisons. « Je voulais avant tout que l’exposition soit accessible à tous, que l’on s’y connaisse en art ou non. Il y a des erreurs, les photographes professionnels verront tous les défauts par exemple, mais nous avons monté cette exposition avec sincérité, sans tricher. Je le répète sans cesse et ce n’est pas de la fausse modestie, mais c’est vraiment le résultat d’un travail d’équipe avec les techniciens et les modèles ».

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Des modèles qui ont posé jusqu’à trois ou quatre d’heures d’affilée pour les grandes fresques : « Le Radeau de la Méduse », « la Mort de Sadarnapale », « La Liberté guidant le peuple » et « La Cène ». Quatre œuvres majeures revues et corrigées par Philippe Lucchese en leur donnant un aspect féminin contemporain. « L’une des clés de l’exposition est qu’elle montre des femmes de leur temps, des femmes contemporaines de tous les jours ». Féministe pour les uns, humaniste pour les autres, le regard de Philippe Lucchese a suscité la quasi-unanimité: articles de presse élogieux, critiques des visiteurs très positives, bouche à oreilles fonctionnant à plein…

Autre clé du succès : le lieu. L’Hôtel Gouin a contribué au succès : gratuité de l’exposition et bâtisse sublimée par sa récente rénovation. L’Hôtel Gouin a servi la cause de Philippe Lucchese et ce dernier lui a bien rendu. Avec la réussite de son exposition c’est le renouveau du bâtiment, propriété du Conseil Départemental, qui est acté. Test grandeur nature, cette exposition a montré que ce bâtiment en plein centre de Tours avait un potentiel jusqu’ici sous-estimé et mal utilisé. De nouveaux projets vont désormais certainement s’ouvrir en ce lieu. La prochaine exposition débutera d’ailleurs le 1er juin avec un autre Tourangeau : le sculpteur Michel Audiard.

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Pour Philippe Lucchese, cette exposition marque aussi un tournant. Après plusieurs années à exposer en Touraine dans des lieux tous aussi symboliques les uns que les autres : Etoile Bleue, Chapelle Sainte-Anne, Péristyle de l’Hôtel de Ville de Tours, le photographe clôt une page de son histoire personnelle d’artiste qui a pris de l’ampleur au fur et à mesure que son travail avançait ces trois dernières années.

Un travail artistique qui s’apprête désormais à se dévoiler sur d’autres horizons. Dès cet été, à Lyon, où il sera exposé au Palais de Bondy en juillet, puis à l’abbaye de Fontevraud l’an prochain, Philippe Lucchese bénéficiant d’une résidence en vue d’une exposition consacrée au XVIIe siècle en 2018. A l’étranger enfin, avec en tête les Etats-Unis, des contacts ayant été pris avec la délégation de Minneapolis venue en Touraine le temps de la Foire de Tours. Philippe Lucchese n’a pas fini de faire parler de lui.

Crédits photos : Pascal Montagne pour 37°

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