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Les mystérieux tableaux de Marie-Anita Gaube s’installent au CCC OD

 

Un vernissage par mois jusqu’en décembre : riche actualité annoncée au Centre de Création Contemporaine de Tours qui doit aussi inaugurer son nouveau restaurant-bar à vin dans quelques semaines. Pour débuter la série, c’est la Galerie Noire qui change de look, Fabien Verschaere laissant la place à l’artiste française Marie-Anita Gaube. A 34 ans, elle signe là sa première grande exposition personnelle. « Un tremplin » d’après la directrice du lieu qui parle de son travail comme d’un assemblage entre la jeunesse et la maturité.

Il y a beaucoup de corps mais peu de visages sur les tableaux qui composent Odyssées au fil des murs de la Galerie Noire du CCC OD. L’humain se trouve au cœur du travail de Marie-Anita Gaube, mais ce sont des humains emplis de mystères, aux positions souvent troublantes, et parfois en morceaux : juste une jambe ou un bras, au milieu de la toile.

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La peinture de cette native de Bourg-en-Bresse formée à Lyon nous arrive ainsi par éclats. On peut passer un temps infini devant une de ses créations avant d’en saisir tous les détails. On n’y verra pas la même chose à 2m et à 10cm. Il y a ce qui saute aux yeux et ce qui est suggéré, ce qui attire le regard et ce qui nécessite l’introspection. L’ensemble est coloré, potentiellement joyeux mais parfois plus sombre. Cet homme est-il en train de se faire bronzer ou est-il récemment décédé ? On s’interroge, ça nous taraude.

Un voyage dans un monde coloré et tropical

A Tours, Marie-Antia Gaube présente une revue de son travail des dix dernières années, incluant quelques grands formats réalisés spécialement pour le CCC OD. Elle utilise les toiles ou le bois, la peinture, l’encre, le crayon comme le collage. La nature est presque omniprésente, souvent tropicale faisant référence à son séjour au Mexique. C’est ainsi que des oiseaux exotiques sont sagement perchés dans plusieurs tableaux. On voit la mer, on voit le ciel, les étoiles, les cerfs-volants…

Il y a du fantomatique, de l’absurde et de la poésie dans cet accrochage. Des séries qui semblent raconter des histoires, des tableaux nichés dans les tableaux et parfois un petit air vintage, certaines œuvres nous faisant penser au stylisme des pubs de voyages qui ornaient nos murs et nos journaux dans les années 70. C’est à un voyage vers la curiosité que nous invite Marie-Anita Gaube, un périple au cours duquel il faut accepter de ne pas tout comprendre, se laisser porter par ses sentiments, son imagination ou ses fantasmes.


Un degré en plus :

Odyssées de Marie-Anita Gaube est à découvrir jusqu’au 7 mars 2021 au CCC OD.

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