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Culture

Le Point Haut a fait le show

C’était annoncé comme un évènement à ne pas rater, l’inauguration du Point Haut samedi dernier a tenu ses promesses. Ce lieu de création urbaine pour reprendre son intitulé, camp de base de la Compagnie Off et du pOlau, après 18 mois de travaux s’était paré de ses plus beaux atouts pour satisfaire un public nombreux, venu découvrir cette ancienne friche reconvertie en espace artistique.

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Combien étaient-ils samedi à passer à l’inauguration du Point Haut, le temps d’une journée centre névralgique de l’agglomération tourangelle ? Plusieurs milliers, 4000 diront certains, au moins 3500 pour un autre, bref du monde, du monde et du monde avec un pic en début de soirée où l’occupation maximale des lieux rendra le moindre mouvement difficile.

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Un des organisateurs nous confiera avoir estimé dans la semaine, une affluence probable de 1500 personnes. Il y en a eu au moins deux fois plus donc, et parmi eux beaucoup de curieux venus découvrir pour la première fois ce lieu intrigant et fascinant, avec sa vaste halle centrale composée d’un seul bloc long de plus de 300 mètres et haute de 22m en son centre.

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Le lieu qui accueille le Polau et la Compagnie Off était vraiment « the place to be » ce samedi. Le tout Tours était là, élus de tous bords, les acteurs du milieu culturel et associatif dans leur quasi-totalité et donc des milliers de Tourangeaux venus assister à une inauguration haute en couleur.

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De 16h jusque tard dans la soirée, les performances artistiques se sont succédé à un tempo impressionnant grâce à une organisation millimétrée et bien gérée. Entre performances aériennes, créations urbaines, spectacles d’arts de la rue, chants… le public a eu le droit à un véritable condensé de tout ce que la création artistique peut offrir.

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Le Point Haut coeur de l’agglo ce samedi soir, comme en témoigne encore le concert de clôture organisé par le Temps Machine, qui s’était délocalisé pour un soir. Un concert qui donnait la vedette à l’Orchestre du Coin, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album. Un final qui enthousiasma un public encore nombreux et visiblement ravi de cette journée rythmée et mémorable.

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Un degré en plus : Le Point Haut c’est quoi exactement ? (Partie issue de notre article précédent de décembre dernier)

Situé à Saint-Pierre-des-Corps au milieu d’une ex-zone industrielle côtoyant une zone commerciale, porté par deux structures pas forcément connues du grand public local et n’ayant pas pour vocation d’accueillir du public, le Point Haut n’avait pas beaucoup d’atout pour attirer un intérêt pendant sa construction.

Pourtant, à regarder le verre à moitié plein (et c’est la première qualité d’un bon communicant), ce projet est situé au cœur de l’agglo, le quartier devient plus convivial au fur et à mesure des années avec une variété d’activités qui génère un brassage de population très riche (mur d’escalade, structure pour organiser des anniversaires d’enfants, banque alimentaire…). Il est ce que Maud Le Floc’h appelle «la ville connexe».

De plus en plus d’activités ont besoin d’un espace qui n’est plus disponible en centre ville, ou plus exploitable pour différentes contraintes comme le voisinage par exemple, ce qui du coup crée une dynamique périphérique dans lequel Le Point Haut s’inscrit.

Construit sur l’emplacement d’une friche où vit la Compagnie Off depuis 2001, cet ensemble a été conçu par l’agence Construire, habituée des friches culturelles (Lieu Unique à Nantes notamment). Côté inscription dans le paysage urbain tourangeau, il est une sorte de continuation du Point Zéro et son point rouge sur le toit se voit de très loin, s’imposant comme un repère de plus dans la silhouette de cette partie de l’agglo.

Un lieu d’accueil et de création, à rayonnement (inter)national

En 2007, le Pole des Arts Urbains (pOlau) naît d’une réorganisation de la Compagnie Off que Maud Le Floc’h, urbaniste de formation, quitte pour lancer cette nouvelle structure.

Le pOlau intervient sur deux plans :

  1. En tant qu’incubateur ou producteur de projets artistiques liés à l’aménagement du territoire.
  2.  Au titre d’urbaniste spécialisé en stratégies culturelles auprès de commanditaires publics ou privés.

Quant à la Compagnie Off, pour faire court, c’est une compagnie de spectacles de rue qui dispose d’un lieu adapté pour concevoir et répéter ses créations. D’ailleurs, l’impressionnant volume du bâtiment principal a les dimensions d’un morceau de rue.

Des artistes, des porteurs de projets et des compagnies de l’extérieur vont être régulièrement reçus pour des créations qui, et c’est là que la communication peut être un peu raide, seront potentiellement jouées/montrées dans le monde entier, mais PAS forcément dans l’agglomération tourangelle… D’où la dimension nationale des choses et le soutien du pOlau par le Ministère de la Culture et de la Communication.

37e Parallèle + Point Haut = redondance ?

La question qui fâche est sur beaucoup de lèvres. En période de vaches maigres, qu’une agglo de cette taille se paie deux structures similaires inaugurées à quelques mois d’intervalle pour accueillir surtout des artistes en phase de création et très très accessoirement du public de temps en temps, peut engendrer des interrogations légitimes chez les contribuables. Dans le milieu culturel, on entend de plus ici et là que l’équipe sortante de Jean Germain a «offert» ces deux cadeaux à quelques acteurs culturels au détriment d’autres.

Enfin, on peut déplorer que toutes ces compagnies auraient pu s’entendre et se retrouver toutes au même endroit. Pourtant, historiquement, les résidents du 37e Parallèle viennent du Projet 244, alors que la Compagnie Off a développé son univers plutôt en solo depuis sa naissance il y a une trentaine d’années.

Les arts de la rue : un autre patrimoine tourangeau

A y regarder de près et au-delà de ces polémiques, les deux projets sont donc très différents et complémentaires et il s’agit très clairement d’un choix politique fort autour d’une spécialité tourangelle qui ne date pas d’hier : le spectacle de rue, qui a explosé dans les années 70 a toujours eu depuis lors de dignes représentants dans le coin.

«Personne ne trouverait à redire qu’il y a plusieurs musées ou plusieurs salles de concert, nous dit Elsa Steward, donc il ne me paraît pas choquant qu’il y ait deux lieux dédiés aux arts de la rue dans notre agglomération. Il y a un savoir faire propre à ce territoire, il est donc important de le soutenir par la construction de structures adaptées.»

Crédits photos : Laurent Geneix et Mathieu Giua pour 37°