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Le joyeux bordel d’Angèle attendu à Terres du Son

Prévu du 12 au 14 juillet 2019 à Monts, Terres du Son vient d’annoncer les 5 premiers noms attendus sur scène pour sa 15ème édition. Jeanne Added va revenir ; Josman, Jambinai et Rendez-Vous seront là aussi… Une liste complétée par la présence d’Angèle, sensation incontestable et incontestée des derniers mois.

Elle chante aussi bien ses propres textes que Brassens, Gainsbourg, ou Katy Perry. En français ou en anglais, des studios de radio aux scènes de festivals, Angèle captive instantanément avec sa voix juvénile et un aplomb indéniable. La première compo vidéo maison qu’elle a envoyée sur YouTube est datée du 23 octobre 2017. 14 mois et 16 millions de vues plus tard, La Loi de Murphy est devenu l’un des tubes d’une génération, l’hymne d’internautes souvent désabusés, mais à qui il suffit de peu pour voir des milliers de paillettes scintiller dans leurs yeux.

Les chansons d’Angèle – qu’elle écrit et compose – sont ainsi : réalistes, elles suivent ses humeurs et l’air du temps, voire apportent un certain goût d’avant-gardisme, notamment quand la jeune femme de 23 ans s’empare du mouvement #balancetonporc pour créer un refrain aussi délicieux qu’irrévérencieux sur le sexisme dans le monde artistique.

« Dans le monde musical, je sens un sexisme encore très fort. Notamment du côté des médias. La femme est toujours ramenée à son physique. Qu’il soit flatteur ou pas, il la définit ! » clamait Angèle il y a peu dans les colonnes de Télérama. Ce ton féministe fait partie d’elle, autant que ses facultés à mettre des mots et des images sur notre époque, quand elle s’intéresse à l’amour en ligne, la folie des réseaux sociaux ou les relations entre femmes.

Drôle et dingue sur Instagram, sportive sur scène, réfléchie et constructive en interview, Angèle s’avoue parfois dépassée par la masse d’interactions positives autour d’elle tout en gardant un coup d’avance. Fille de musiciens (son père l’a incitée à se lancer dans la musique) et sœur du rappeur phénomène Roméo Elvis (qui l’a accueillie en première partie de ses concerts), la Belge n’a pas tardé à prendre son envol de manière un peu inattendue mais solide. Invitée partout, elle sublime La chanson de Prévert avec Salvatore Adamo dans Taratata, impressionne Ary Abittan au 20h de France 2, et illustre une version toute personnelle des Bancs publics de Brassens avec des loutres, rien que des loutres : « mon amoureux a toujours comparé ma gestuelle, la manière dont je dansais, à celle d’une loutre. C’est très imprévisible et très souple, ondulant telle une algue » avoue-t-elle sur Europe 1.

« Le spleen n’est plus à la mode, c’est pas compliqué d’être heureux » chante Angèle avec son frère dans un clip atteignant 21 millions de vues à la date de la publication de cet article. Son bonheur, elle le partage sur scène lors d’une tournée régulièrement complète et vient de décrocher un disque de platine tout juste deux mois après la sortie de son album Brol (une certaine notion du bordel, en belge).

« Je ne veux pas que le succès me change » commentait récemment Angèle dans une interview au Soir, en Belgique. Si l’on en juge par ce qu’elle laisse filtrer d’elle via ses prestations live ou ses Stories sans retenue gavées d’autodérision, le contrat est rempli. En revanche on est curieux de voir jusqu’où elle peut oser et surprendre. Début de réponse espéré mi-juillet, au cœur du Domaine du Candé.

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