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Le clip de la semaine : « With New Eyes » de Luis Francesco Arena

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux et en extirpons un clip. Cette semaine découvrez With New Eyes de Luis Francesco Arena.


Des montagnes apparaissent entre les branches d’une forêt. Au rythme des arpèges en cascade, nous nous baladons dans un monde magique. On se sent tels des visiteurs curieux et discrets, submergés par les forces insaisissables de la nature. Notre voyage dans cet univers onirique nous mène de la terre à la mer, de la mer jusqu’au ciel et du ciel au fond du cosmos.

« Le mot « Arena » transmet l’idée d’un monde à part, un peu clos, dans lequel il se passe d’autres choses », explique mystérieusement Pierre-Louis François. Ce tourangeau se cache derrière le pseudonyme Luis Francesco Arena. Il est également guitariste dans un groupe bien différent mais tout aussi captivant : Francky Goes To Pointe à Pitre. Il crée Luis Francesco Arena en 2002, à tout juste 20 ans. Après une longue pause entre 2013 et 2019, il décide de produire un cinquième album avec son ami Nicolas Cueille à l’arrangement.

Il contacte Sophie, une artiste graphiste qu’il avait rencontré à Nantes lors d’un concert de Francky Goes To Pointe à Pitre. « Elle avait fait une affiche pour notre concert que j’avais trouvé magnifique », se souvient Pierre-Louis. Il lui demande des idées de réalisateurs pour un clip mais Sophie propose de s’en charger avec son compagnon Artistide. Il est vidéaste et photographe, elle est graphiste et illustratrice. À eux deux ils forment le duo Comète Cosmique.

Sophie choisit elle-même le morceau With New Eyes pour lequel elle a un coup de cœur. « La chanson m’a tout de suite inspiré des images, elle a un côté très cinématographique », explique-t-elle. Elle ne prévoit pas de scénario mais commence à manipuler des dessins et se laisse aller au fil de la musique.

Pendant deux mois, le couple tourne et monte le clip chez lui, dans sa maison du Lot. Leur propre chambre devient un studio : « c’est la pièce la plus sombre de la maison et comme on jouait sur les ombres il fallait une lumière stable », raconte Sophie. La plupart du temps, le duo travail de nuit. Ils fabriquent un diorama, une sorte de maquette de papier construite dans une boîte. C’est à l’intérieur de celle-ci qu’ils donnent vie à leurs paysages enchantés. Ils filment directement les décors qu’ils travaillent ensuite par ordinateur. « On est vachement dans la recherche : on mélange du stop motion, des plans de papiers découpés et on rajoute des choses en post-production sur photoshop ».

Ces techniques mélangées permettent d’insuffler de la vie aux paysages, de leur donner de la profondeur. Lorsqu’une boule de feu (ou peut-être une lune ?) fonce à toute vitesse dans ce qui semble être un vortex spatial, les éléments de la nature sont plus qu’une illustration de la chanson : ils en deviennent les messagers.. « Le morceau parle de la naissance de mon premier fils, confie Pierre-Louis. Ce n’est pas évident à l’écoute et tant mieux ! Je pense qu’il y a peut-être quelques références à ça dans le clip, mais je n’en ai pas parlé précisément avec eux« . Lorsque Sophie apprend que Pierre-Louis trouve des liens entre le texte et l’image, elle sourit. « Cette boule qui vient des profondeurs de la terre pour aller vers le ciel c’est comme un acte de naissance pour moi, révèle-t-elle. C’est quelque-chose qui se développe à partir de rien, comme par magie. » C’est drôle, en effet, comme les planètes s’alignent parfois pour permettre aux esprits de se connecter. Ainsi, ils peuvent créer des petits bijoux de musique et d’image. Comme par magie.

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