Culture

Le clip de la semaine : «Uranus Samba» de Rubin Steiner

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

«Uranus Samba» de Rubin Steiner

Vive la rentrée avec Rubin et Daniel.

Jamais facile de reprendre le boulot en septembre. C’est pourquoi nous sommes le 7 octobre d’ailleurs. Ultra-skimming Touraine vous avait quittés au cœur de la chaleur estivale avec la pop de Minou, puis lavage d’oreilles et de cerveau intensifs pendant de longues semaines, puis burn-out acoustique, puis vous savez ce que c’est : vous vous levez le matin, et vous vous recouchez, et ça recommence encore et encore, comme dans la chanson de Tonton Francis.

Enfin, un jour (ou peut-être une nuit) débarque le nouveau clip de Rubin Steiner, 18 ans après son premier album (qu’on a réécouté cet été justement, tiens), 10 ans après son fuck aux Victoires de la Musique (avec du recul, dommage qu’il ait refusé d’y aller finalement, on aurait préféré qu’il y aille et qu’il y fasse la gueule et bousille l’ambiance) et 4 ans après son précédent opus «Discipline in Anarchy».

Au début on se souvient de sa dernière apparition dans Drame et on se dit que côté ambiance c’est pas ça qui va nous aider à reprendre le chemin de l’école en gambadant, mais là on voit une photo de l’animal dans une chemise à fleurs en train de gratter un jeu à gratter, et on voit que Daniel Larrieu est à l’œuvre et qu’avec un titre comme «Uranus Samba» ce ne sera peut-être pas encore la danse des canards, mais qu’il y aura peut-être un poil d’ambiance quand même.

Du coup on se le tente en clip de la semaine et on n’est pas déçu. Vraiment pas. On se dit même que la vie est quand même sacrément bien foutue de nous jouer son éternel recommencement après la torpeur estivale et que certains ex-Tourangeaux ont de la gueule, encore plus quand ils la multiplient par deux et se démerdent tout seul pour faire leur clip. Daniel Larrieu, directeur du CCNT de 1994 à 2002 et Rubin Steiner, directeur artistique du Temps Machine de 2011 à 2015, sont depuis passés à autre chose et naviguent dans d’autres eaux. Cette rencontre est donc un peu un miracle, tendance extra-muros.

Larrieu nous hypnotise l’iris dans une mise en scène à la fois cool et effrayante, un peu San Ku Kaï et un peu lendemain d’apocalypse, pendant que Steiner nous titille les tympans avec un truc qui démarre «je bidouille tranquillement dans ma chambre» et se termine «la samba, moi, je l’aime surtout avec vachement de mélancolie dedans».

Danse macabre, derrière une apparence de légèreté : Daniel Spaceman Larrieu répond aux synthés de Rubin Survivor Steiner avec un langage corporel inquiétant, aussi étrange qu’étranger (après tout Uranus, c’est pas Saint-Avertin non plus, hein). Juste la fin du monde ? Cette «samba» au ralenti nous la rend plutôt douce et, surtout, et c’est le plus important, prolonge à sa manière l’été indien et nous rend cette énième rentrée plutôt vivable, finalement.

A la semaine prochaine, du coup.

Un degré en plus

> Nouvel album de Rubin Steiner «Vive l’électricité de la pensé humaine», disponible en CD et/ou double vinyle directement sur le site de Platinum Records.

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