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[Le clip de la semaine] « NSW » de Otakou

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous. Cette semaine découvrez NSW de Otakou.

À Paris, sur l’avenue la plus célèbre du monde, un jeune homme regarde fixement une caméra. Indifférent aux passants, il laisse couler le temps. Le monde avance pendant que lui reste figé. « C’est pour sa fréquentation que j’ai choisi l’avenue des Champs-Élysées, pas pour sa beauté » explique Otakou.

Le clip est minimaliste. Un seul axe, une seule personne, une seule action. Le montage présente des détails élégants : un cadre qui s’ouvre, un temps qui s’étire ou s’accélère… Des petites choses qui disent beaucoup et qui cherchent à nous faire entrer dans la bulle intérieure d’Otakou. Une bulle en suspension, en dehors du temps.

NSW a été composée pendant une longue période d’attente de douze heures, lors d’un transit à l’aéroport de Pékin. Otakou y a écrit les premières mélodies de sa chanson alors qu’il se rendait dans la région de New South Wales en Australie. Il en gardera les initiales pour le titre de son morceau. De ce voyage il garde aussi son nom Otakou, le nom Maori d’une petite région de Nouvelle-Zélande, « un endroit magnifique, raconte-t-il, avec des plaines, des fjords et beaucoup de chèvres ».

La combinaison d’un temps étiré et d’un récit de voyage avait déjà provoqué des étincelles chez l’artiste. Auparavant chanteur et compositeur pour le groupe Peter Pitches, il avait écrit le titre Japanese Beggar après avoir observé pendant de longues minutes un mendiant jouer de la guitare sur la jetée de Brighton. Un autre instant qu’il a figé en chanson.

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« If only i could stay », répète le jeune tourangeau. La musique d’Otakou c’est en partie cela : retranscrire la beauté d’un instant, la fragilité d’une émotion, celle de la peur du temps qui avance trop vite. « J’ai tourné ce clip au matin du 1er mai 2017, s’étonne Otakou. Un an déjà ».

Un degré en plus :

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