Culture

Le clip de la semaine : «Mon égérie est bien jolie» de Supercilious

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

«Mon égérie est bien jolie» de Supercilious

«Triste et heureux»

Sur le thème inépuisable de «L’amour n’est pas un jeu facile», l’un des groupes tourangeaux les plus énigmatiques du moment réapparaît subitement et sans crier gare (mais en samplant Guillaume Depardieu) pour clipper un nouveau titre issu de leur album «Infinite Spaces» sorti en septembre 2015. Et c’est beau.

C’est donc au cœur de l’été, quand tout le monde fuit la capitale tourangelle comme les lapins les phares des voitures, que le réalisateur Julien Robin livre de jolies chorégraphies en noir et blanc qui explorent sur un terrain de sport les difficultés et/ou les joies d’être à deux. Enfin d’essayer d’être à deux. Qui se met au premier plan ? Qui arrivera le premier ? Qui bouge et qui reste immobile ? Je t’aime, je te fuis, je ris, je m’exaspère, je me laisse un peu séduire, mais finalement pas trop, et hop je m’en vais…

Le ballet des sentiments qui s’opère sur la ballade triste de Supercilious rejoue une partition connue donc, avec beaucoup de douceur et de subtilité, d’où la lumière perce régulièrement comme pour mieux jouer avec notre perception : «C’est beau, mais c’est triste !» vs «C’est triste mais c’est beau», renvoi de balles à l’infini, tapage de têtes garanti contre le mur d’entraînement.

Jeu, set et match

Ces corps se frôlent et se touchent parfois, pendant que côté musique on effleure des cordes, là aussi de manières différentes. Des mains se joignent, d’autres restent seules suspendues dans le vide. On joue avec le temps et encore plus avec les contre-temps, face à face, dos à dos : sans arbitre et sans compter les points, le plaisir est encore plus fort. Et l’évidente absence de règles du jeu conduit chacun à occuper l’espace comme il le peut, la variation permanente de sa distance avec l’Autre ne laissant aucun répit au spectateur et donnant un tempo insaisissable à l’ensemble. Cela aurait tout à fait pu s’intituler «L’insoutenable légèreté de l’être» si un obscur auteur tchèque ne l’avait pas déjà pris dans les années 80.

«Mon égérie est bien jolie» et ses beaux danseurs illuminent cette semaine un peu grise et paumée dans ce no man’s land qu’est toujours un peu la fin juillet. Ils apportent à cet été sa dose nécessaire de lenteur et de contemplation. Une pause qui tombe à point nommé et sonne comme un générique de fin tout en donnant envie d’imaginer les parties suivantes. A la rentrée.

Un degré en plus

> La page Facebook de Supercilious

> Petite pause estivale pour les «clips de la semaine», on se retrouve le 18 août pour la saison 4 !

> Retrouvez toute la collec des clips de la semaine en cliquant ici.

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