Culture

Le clip de la semaine : «Lorsen» de Mopa

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

L’aventure continue

Les sanglots longs de l’automne version Mopa. Ce «Lorsen» avec ses arpèges infinis, c’est un véritable baume au cœur et à l’âme. Douceur, chaleur, magie, rêverie : on voudrait tous être vêtus de blanc et errer en silence dans ce bois et dans cette chapelle où une secte étrange de musiciens masqués distille sans mot dire – ni maudire quoi que ce soit non plus – un hymne épicurien et hypnotique à la tombée du jour.

Même si on en est à des années-lumières sur le plan musical, on pense à l’ambiance inoubliable d’Un Automne à Loroy des Orléanais Collection d’Arnell-Andréa qui, il y a environ 25 ans, photographiaient l’automne ligérien à grands coups d’alexandrins, de boîte à rythmes et de violoncelle. Les percussions malicieuses et la guitare fascinante de «Lorsen» rappellent plutôt les paysages sonores addictifs de Durutti Column, mais avec une ligne de basse jazzy qui arrondit l’ensemble tout en le déstabilisant encore un peu plus et une flûte qui élève le propos dans les hauteurs de la chapelle.

Aussi luxueuse et luxuriante qu’hallucinée et hallucinogène, cette balade/ballade nocturne est une bouffée d’air plus que bienvenue dans une époque au bord de l’implosion et couverte de bruits en tout genre, qu’on peine de plus en plus à écraser du talon ou à balayer d’un revers de la main. Pendant que la fureur du monde tambourine à nos fenêtres, Mopa continue d’explorer notre environnement par des portes dérobées et redonne, par la simple grâce d’une robe blanche au crépuscule et la chaleur incandescente d’une composition habitée, une immense envie de naïveté généralisée. Pas un banal retour à l’enfance, mais le choix assumé d’un laisser-aller onirique et salvateur.

«La fin d’une histoire n’est que le début d’une autre» raconte Mopa sur son site, où il s’autoproclame «groupe caméléon». Un programme auquel on veut bien adhérer les yeux bandés.

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Un degré en plus

> Suivez la page Facebook de Mopa

> Relisez notre interview de Valentin Pedler en octobre 2015.

> Et comme vous êtes les plus beaux lecteurs du monde, on vous offre en bonus le clip de «Ahenobarbus», qui date de janvier 2015, et qu’on avait chroniqué par ici :

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