Culture

Le clip de la semaine : «Je n’aime personne» du Brautigan Club

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

«Je n’aime personne» du Brautigan Club

Rock’n’roll des années 10

Préambule : si l’expression «rock français» te fait vomir/sourire/bondir, passe ton chemin. Parce que oui, même si c’est pas du tout à la mode, autant te le dire tout de suite : Le Brautigan Club c’est des mecs qui chantent en français sur des riffs de guitares électriques distordues et une section rythmique qui va vite.

Genre né dans la douleur (et dans l’indifférence générale) au cours des années yéyé outrageusement dominées par de la gentille pop sucrée et ce qu’on appelait curieusement de la «variété», le rock français – au départ dignement représenté par quelques illustres plus ou moins inconnus tels que Les Pirates, 5 Gentlemen, Ronnie Bird, Les Blousons Noirs…- a depuis connu mille misères, mais aussi heureusement quand même quelques glorieuses périodes (notamment celle de Trust/Téléphone fin 70s/début 80s, puis celle de Noir Désir dans les 90s). Depuis le tournant du siècle, il faut bien avouer que le grand public regarde ailleurs.

A Tours, Le Brautigan Club perpétue dignement le genre depuis 2010 et suit son bonhomme de chemin sans se préoccuper du monde extérieur. Ainsi ce «Je n’aime personne», aussi classique qu’efficace, rappelle à une époque où tout se barre en couilles que quelques mots punchy dans la langue de Molière sur une rythmique binaire super rapide reste un truc qui donne envie de se lever le matin et surtout de se coucher tard le soir, après avoir sué des litres de bière comme une vache.

Loin du maniérisme de Noir Désir qui jouaient la carte «écorché vif» avec génie mais jusqu’à la caricature, Le Brautigan Club s’inscrit davantage dans l’artisanat des origines citées plus haut : du brut de décoffrage, de l’envie de faire du bruit, de faire pogoter les gens et d’agacer le voisinage aux oreilles sensibles.

Amateurs de bordel bon enfant, ces Tourangeaux atypiques sonnent comme un bon vieux groupe lycéen qui aurait su résister au temps et doivent en toute logique être à l’origine de pas mal de vocations partout où ils passent.

Côté visuel, ce clip est à l’avenant : une ambiance électrique en noir et blanc avec des gens adeptes des déhanchements les plus délurés et spontanés, et quelques gribouillis pour souligner un peu les paroles.

Qu’on se le dise : le XXIe siècle sera Rock’n’roll ou ne sera pas.

Un degré en plus

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> Prochain concert : au Madison le vendredi 10 mars 2017 à La Riche

brautigan club #2

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