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Culture

Le clip de la semaine : «Hâme» de Seyhn Sohl

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

«Hâme» de Seyhn Sohl

On parle souvent de l’univers musical des groupes que l’on chronique par ici. Avec Seyhn Sohl, on peut parler d’univers tout court. Et si un éditeur prétentieux n’avait pas déjà piqué l’idée depuis longtemps, on pourrait même dire que Seyhn Sohl et son premier court-métrage musical de 9 minutes, c’est tout l’univers.

Musicalement comme linguistiquement et visuellement, ce premier clip n’en est pas vraiment un. On peut plutôt parler d’OMNI, pour objet multimédia non identifié, proposant deux morceaux d’un coup, chantés dans une langue inconnue, et des moments de quasi-silence où il se passe en revanche plein de trucs à l’écran, et nous dévoilant le premier volet d’une histoire à suivre. Le collectif Seyhn Sohl, initié par Jérémie Frémont et Romain Evrard n’est d’ailleurs pas juste un «groupe», puisqu’il regroupe trois musiciens, trois techniciens et un graphiste/illustrateur, qui naviguent entre Blois, Tours et Strasbourg. Parmi ces 6 compagnons d’un nouveau genre, on retrouve au passage Hugo Barré, ingé son connu du milieu musical tourangeau pour quelques collaborations très réussies avec notamment Mopa, Assad ou encore les Moonfingers.

Côté son, c’est d’une grande richesse donc et le terme revendiqué de «musique électronique» paraît particulièrement réducteur. Pour prendre une référence locale, on pense un peu à Pierre Mottron et pour une référence plus lointaine on citera volontiers Dark Dark Dark. Nappes de cordes très cinématographiques, piano lancinant, voix oscillant entre une hyper proximité qui joue sur la confidence intime avant de s’échapper très haut et très loin (à un moment, on croirait même entendre un petit bout de Bronski Beat !) et de te planter au milieu de nulle part, programmations rythmiques parfois proches de l’asphyxie, parfois légères comme l’air du soir, le tout ponctué de grandes envolées lyriques pouvant être assez bruyantes… Le moins que l’on puisse dire c’est que la musique de Seyhn Sohl ne vous laisse aucun répit et malmène les plus sensibles avec une audace qui place d’emblée la barre très haut.

Côté images, on vous laisse la surprise pour entrer à votre rythme dans le premier épisode d’une saga qui ne fait que commencer. Tout ce qu’on peut dire c’est que les paysages (Hérault, Bretagne, Chaîne des Puys – décidément très tendance chez les groupes tourangeaux !) sont somptueux, magnifiés par un travail photographique aussi léché et fouillé que les arrangements musicaux. Le collectif prévoit d’ailleurs de présenter «Hâme» dans des festivals de courts-métrages.

90 % de l’EP 5 titres à venir à l’automne est déjà enregistré et un deuxième serait déjà en route pour enchaîner derrière. Quant aux prochains films, ils sont déjà en cours de réalisation. Autant dire qu’il va falloir compter avec Seyhn Sohl en 2017. Pour la sortie du 1er EP, le collectif cherche actuellement un lieu pour une release party. Honnêtement pour être au niveau, il va falloir frapper fort. Une grande scène flottante sur la Loire illuminée par des milliers de leds sous le pont suspendu de Langeais entre 2h et 4h du matin ?

Un degré en plus

> Le Facebook de Seyhn Sohl

Seyhn-Sohl-ban

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