Culture

Le clip de la semaine «Eternal» de Boys in Lilies

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

«Eternal» de Boys in Lilies

L’amour en mer

Après un troisième EP en demi-teinte mais de très belles prestations scéniques, on attendait de pied ferme et avec pas mal de doutes la suite des aventures du duo tourangeau qui fête ses 5 ans d’existence (à quelques mois près). Surprise : fin mars, Laure et Nastasia sortent une démo du futur 4e EP affublée d’un clip sous-marin, des images en total symbiose avec l’ambiance cotonneuse d’un morceau plus sous Lexomil que sous Prozac.

Pas de scoop à venir : les BPM ne s’affolent toujours pas et pas l’ombre d’un solo de guitare ou de batterie à l’horizon. On peut se faire une variante du proverbe anglais «Boys will be boys» : «Boys in Lilies will be Boys in Lilies». Cette constance nous convient et ce nouveau titre qui évoque le meilleur de Goldfrapp confirme ce qu’on a toujours pensé des Boys in Lilies : elles ne nous ont encore pas donné un dixième de leur potentiel. Sans vouloir se faire biologiste en tentant d’expliquer cette alchimie retrouvée en plein cœur du printemps, on peut quand même se risquer à penser que la qualité des projets annexes des deux demoiselles (Toukan Toukan pour l’une, Thé Vanille pour l’autre) semble les nourrir et continuer à propulser vers le sommet leur union originelle, pourtant amputée de deux membres très talentueux partis vers d’autres horizons.

Côté images, il faut quand même un sacré morceau pour faire passer 3 minutes d’un mec qui fait des mamours à une bête sous-marine (on ne se risque pas à donner un nom précis, il y a plein de variantes, mais on penche pour un veau marin ou un truc du genre). Pourtant, entre les entre-tueries à tous les étages dans la campagne présidentielle, les tensions à venir avec la Russie et pire encore avec la Corée du Nord, ainsi que le régime «un attentat par jour», cette plongée amoureuse, coupée de cette puante surface est une paradoxale bouffée d’air (en bouteille, certes, mais d’air quand même) qui nous donne envie de nous endormir et de ne plus jamais remonter. Une sorte de berceuse qui prône l’éternité juste avant d’affronter un truc bien pire que la nuit : la noirceur tenace de l’instabilité permanente et globale dans laquelle on essaie  tous d’apprendre à vivre.

Un degré en plus

> Le Facebook de Boys in Lilies

> Le 3e EP «Take no chance»

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