Culture

Le clip de la semaine : «Bird» de Zenzile

Chaque vendredi nous plongeons nos mains de gourmands dans l’inépuisable réserve de groupes tourangeaux talentueux et nous en extirpons un clip rien que pour vous.

«Bird» de Zenzile

Il y a au moins trois choses qui nous lient à l’Anjou : la Loire, le Parc Régional Loire-Anjou-Touraine et Zenzile. Comme jumelage entre les peuples, on a connu pire. De là à dire que Zenzile est le plus tourangeau des groupes angevins, il n’y a qu’un pas assez exagéré à franchir, ce que nous faisons allègrement et sans vergogne ! Vingt-deux ans après leur naissance et onze ans après leur chef d’œuvre Mèta Mèta, Zenzile nous offrent avec leur 11e album «Elements» sorti en février – toujours chez les excellents Yotanka, label angevin aussi – trois ans après le très excitant «Berlin», une nouvelle preuve de leur capacité à avoir avalé, digéré puis sublimé le dub en lui ayant ajouté année après année les ingrédients les plus sexy qu’on puisse imaginer : new wave, post-punk, ambient, trip hop et aujourd’hui du coup, une bonne dose de «pop», si tant est que ce mot veuille encore dire quoi que ce soit en 2017. On y préférera plutôt le terme d’électro vocale chic et légère (oui, oui, on aime bien inventer des noms de genres musicaux).

Avec l’arrivée de la jeune chanteuse Zakia Gallard, le quintet s’offre une cure de jouvence côté timbre et ambiance. Côté composition, on ne peut pas vraiment dire qu’ils en avaient besoin : honnêtement, si on fait le compte des groupes français qui ont plus de vingt ans d’âge et qui peuvent s’enorgueillir d’une discographie aussi impeccable, créative et audacieuse, et qui surtout ne se laissent jamais aller à ronronner juste pour continuer à exister, on peut aller se faire couper une main direct : une seule suffira, et Zenzile en est.

Alors et ce «Bird», morceau inaugural de l’album ? Un petit bijou idéal pour démarrer l’été ! Après une intro proche du désormais mythique «Dust if off» de The Do, l’ambiance tourne vite aux nappes de synthés et aux petits arpèges de guitare discrets, quelque part entre Vladimir Cosma et le premier album de Morcheeba, pour un final qui lorgne du côté de The Cure, voire de leurs illustres et magnifiques plagieurs The Essence (auteurs notamment de l’album «Ecstasy» dont on ne se remettra finalement jamais). Autant dire que le mélange des genres déroute littéralement et que comme en plus il est servi par une instrumentation et des arrangements très fins, pas mal de monde – mélomanes exigeants compris – devraient y trouver leur compte.

Côté images, on oscille entre un film d’animation en rouge, jaune, blanc et noir signé Sylvain Remondon et des images live traitées dans les mêmes tons. L’oiseau lui, revient régulièrement planer tranquille dans cet univers un peu flou et finit par se poser en observateur, avant de se barrer à la fin. Pour notre part, on va rester encore longtemps, ne serait-ce que jusqu’au bout d’un album qui illumine déjà notre été 2017.

Zenzile ©Titouan_Massé

Un degré en plus

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