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Le Bateau Ivre rouvre en avril : les coulisses du projet en 7 chiffres

L’échéance approche… Le Bateau Ivre qui a fermé ses portes en 2010 accueillera de nouveau les spectateurs en ses murs dans quelques semaines rue Edouard Vaillant, à 10 minutes à pied de la gare de Tours. Qu’en est-il après de longs mois de chantier ? 37° revient sur les chiffres marquants dans la reconstruction de cette mythique salle de spectacle.

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C’est approximativement le nombre de jours à devoir encore patienter avant que le Bateau Ivre rouvre ses portes ! « On est impatients » nous dit la présidente de l’équipe d’Ohé du Bateau Carole Lebrun qui envisage une inauguration fin avril-début fin.

A ce jour, reste essentiellement à assurer les finitions, pour un accueil du public dans les meilleures conditions (peinture…). Aucun doute, la dynamique est là : tous les week-ends de mai et de juin sont d’ores et déjà bookés, tandis que de nouvelles propositions affluent chaque jour. De nombreux artistes, essentiellement des sociétaires, souhaitent venir en solidarité, ils ont également envie de revenir et redécouvrir les lieux après leur réfection. La phase d’ouverture pourrait ainsi durer un an, temps nécessaire pour organiser différents événements festifs, dans un espace où le maitre mot sera la mutualisation. Pour réserver la salle, deux tarifs seront proposés : l’un pour les sociétaires, l’autre pour les non sociétaires. En journée pourront en parallèle se dérouler des évènements plus intimistes, tels que des cafés culturels, des rencontres, des scènes ouvertes, qui pourraient s’inventer in extremis. « Pour ce type d’animations, on ferait circuler le chapeau » explique Carole Lebrun.

En revanche, ne comptez par organiser votre mariage ou les 80 ans de mamie Jeanine au Bateau, car il ne sera pas possible de privatiser les lieux… Les meetings politiques et autres réunions partisanes ne seront pas envisageables. Cependant, le collectif est ouvert au principe de réunions publiques où il serait possible d’aborder des sujets politiques.

700 000 

C’est le montant des travaux de remise en état de la salle Un premier chiffrage du montant des travaux s’élevait à 1,3 million d’euros, il incluait la réfection de la toiture. L’architecte a cependant estimé qu’elle était en suffisamment bon état pour qu’il ne soit pas nécessaire de la réhabiliter immédiatement. La question se posera plus tard. Après la phase de démolition, qui a débuté en juin 2018, la reconstruction est en cours depuis un an et demi. Il a fallu couler la dalle de béton au sol, entreprendre les travaux de maçonnerie, puis mettre en place l’électricité et le chauffage. Le gros œuvre touche maintenant à sa fin.

A noter que l’équipe du Bateau réfléchit à créer un mur d’expression à l’intérieur de ses locaux pour travailler en collaboration avec des plasticiens. Sa façade pourrait également être évolutive avec l’affichage « d’expressions éphémères. »

600 000

Les subventions qui devraient être octroyées au collectif par des partenaires institutionnels. Le Conseil Départemental a joué un rôle de levier, d’autres acteurs de la vie locale ont ensuite suivi : la Région Centre-Val de Loire, la ville de Tours, l’agglomération et la DRAC, Direction Régionale des Affaires Culturelles. A l’avenir, le Bateau Ivre espère pouvoir fonctionner indépendamment des soutiens des pouvoirs publics : « On ne veut pas être une énième salle culturelle subventionnée à Tours » insiste Carole Lebrun.

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C’est la jauge maximale de spectateurs debout que pourra accueillir la nouvelle salle du Bateau Ivre (150 assises). A moyen terme, il est envisagé de reconstruire les gradins, c’est qui permettrait de gagner 200 places supplémentaires. La salle sera investie selon plusieurs configurations, en fonction des évènements programmés. Elle sera entièrement modulable, avec des scènes amovibles : « On a le souhait d’accueillir le plus de disciplines possible » note Carole Lebrun.

Le bar – qui génèrera une grosse partie des revenus – devra s’inscrire dans la vie du quartier. Il devrait être ouvert environ 5 jours par semaine et proposer le café du matin, de la restauration le midi, des brunchs… En essayant au maximum de travailler avec des produits bio, autour d’une carte privilégiant les producteurs locaux. Cela pourrait drainer un public qui travaille non loin de la gare de Tours. Une petite amplitude d’ouverture en soirée est également envisagée les soirs sans programmation.

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La jauge de spectateurs que la salle pourra accueillir en configuration « cinéma ». En effet, le Bateau Ivre a obtenu son agrément cinéma et pourra recevoir des séances, dont des associations telles que Ciné-off pourraient profiter. Le cinéma les Studio, le plus gros sociétaire de la SCIC, pourrait également tirer parti de cet attribut.

L’historique du Bateau :

Années 1930-1940 : Construction d’un premier bâtiment, un cinéma

1987-2010 : Exploitation du Bateau Ivre version 1 (créé en 1983, le Bateau est rentré dans les murs de la rue Edouard Vaillant en 1987)

2010 : Vente du Bateau Ivre par la propriétaire Gisèle Vallée à la mairie. Création du collectif Ohé du Bateau dans l’objectif de le rouvrir

2013 : Première « Distillation Culturelle ». 50 spectacles sont donnés sur un week-end. 4 000 spectateurs répondent présents. Les négociations politiques sont toujours bloquées

2016 : Appel à financement participatif, à travers une souscription citoyenne, les parts sociales sont proposées aux Tourangeaux

2016 : Rachat des murs par le collectif et transformation de celui-ci en SCIC, Société Coopérative d’Intérêt Collectif

Juin 2018 : Début des travaux

Mi 2019 : Début des opérations de reconstruction… Coulage de la dalle au sol, électricité, chauffage, sanitaires, bar, accessibilité aux personnes à mobilité réduite…

Mars 2020 : Recrutement de la première salariée

Fin avril 2020 : ouverture de la salle

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Le nombre de sociétaires qui ont souscrit une part sociale à ce jour. La part sociale est proposée à 100€. Des associations, des entreprises et plusieurs collectivités ont répondu à l’appel des bénévoles. Le montant moyen de la part versée par chaque sociétaire est de 200€. La SCIC accueille toujours les dons des souscripteurs, nouveaux ou déjà sociétaires, qui souhaitent soutenir le projet. Une première salariée vient d’être embauchée, qui devra gérer en particulier aux tâches administratives. Il s’agit d’Isabelle Calvet, une ex de la Cie Off qui a déjà tenu un bar. Trois autres personnes seront prochainement recrutées : un directeur artistique, un régisseur et un gérant ou une gérante pour le bar. Des personnes que le collectif souhaite polyvalentes ! Des bénévoles pourront venir compléter l’équipe.

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Le prix maximum des places que le collectif souhaite voir appliquer. De nombreux débats ont été nécessaires pour fixer ce montant, qui est toujours âprement discuté. En tout état de cause, le prix des places, comme plus largement les règles de fonctionnement du Bateau, s’adapteront aux réalités de l’exploitation de la salle. Le prix d’entrée représentera une source de revenus essentielle pour la pérennité du projet, si bien que cela restera une question centrale à trancher, y compris après la réouverture. Par exemple le prix des séances de cinéma devrait rester en dessous des 10€ pour se conformer aux tarifs des salles.

David Gasselin

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