Culture

La Fabrika : un café-culturel suspendu…

Tours est-elle en manque de salle culturelle ? La question ne cesse en tout cas d’être soulevée par de nombreux acteurs issus du milieu de la culture locale.

L’équation est connue, si l’agglo est plutôt bien dotée en salles intermédiaires, celles entre 300 et 1000 places, souvent gérées par les collectivités directement, en revanche dans la ville centre, le nombre de salles se fait plus rare et est même inexistant pour les plus petites jauges, celles permettant souvent de se faire connaître et de s’exprimer quand on est une petite association, collectif ou un artiste en développement.

C’est cette équation que le collectif Ohé du Bateau tente de répondre depuis 2011 et la fermeture du Bateau Ivre. La salle, alors gérée par Gisèle Vallée, avait en effet pendant près de trois décennies complètes, permis à nombre d’artistes de se produire et de se former sur scène. Depuis le collectif Ohé du Bateau, devenu société coopérative au passage, a réussi à devenir propriétaire de la salle de la rue Edouard Vaillant qu’il compte rouvrir à l’horizon fin 2019-début 2020. De quoi pallier un manque assurément.

L’émergence de nouveaux lieux

Oui mais une seule salle de 300 places, même avec un axe café culturel marqué, suffit-elle pour une ville comme Tours ? On serait tenté de répondre non, tant la richesse artistique tourangelle est présente avec d’innombrables collectifs, associations ou artistes qui font émerger de beaux projets chaque année et qui n’ont guère le choix – avant de se frotter aux salles pré-citées – que de composer avec les bars qui accueillent encore (et qui se font de plus en plus rares en raison des contraintes imposées) un peu de création artistique.

On ne peut ainsi que se réjouir de l’ouverture récente du Grand Cagibi sur l’ïle Aucard. Un nouvel espace convivial, porté par Pascal Guilbert et Sophie Michel, par ailleurs acteurs culturels eux-mêmes. Un nouveau lieu dans un bâtiment qui a accueilli auparavant le D’Jack ou La Fauvette, deux lieux emblématiques en leur temps des nuits tourangelles, et qui entend proposer sur le mode des cafés culturels, une programmation régulière.

De café culturel, il en sera également peut-être question prochainement rue Giraudeau. Ici, au 286 de la rue, Iman Manzari, souhaite en effet ouvrir « La Fabrika », un lieu dédié aux associations culturelles et aux artistes. En fin d’année dernière, ce dernier, par ailleurs fondateur de l’AMAC (L’association des Métiers de l’Art et de la Culture), s’est porté en effet acquéreur de ce fond de commerce.

La Fabrika : en attente de nouvelles autorisations

Le concept de la Fabrika : un café-bar le plus ouvert possible et accueillant des spectacles de danse, de musique, de théâtre… provenant d’associations du réseau culturel tourangeau. « Le projet souhaite valoriser les créations des artistes et des associations. Nous envisageons également des actions sur les thèmes de la solidarité, l’entraide, le handicap… avec une programmation ouverte à toutes les formes artistiques » explique ainsi Iman Manzari. Un projet ambitieux, dans un lieu (auparavant une discothèque) qui peut potentiellement accueillir jusqu’à 200 personnes.

Il faudra néanmoins attendre un peu avant de profiter de ce nouveau café-culturel, dont l’ouverture a bien eu lieu en début d’année, avant d’être de nouveau fermé pour raisons administratives. La discothèque précédemment installée ici n’étant pas aux normes, un arrêté municipal interdisant son ouverture avait en effet été appliqué. Un arrêté qui court toujours et que les pouvoirs publics ont finalement de nouveau appliqué (après avoir laissé l’ouverture se faire) malgré le changement de propriétaire. « Pour l’instant nous sommes toujours classés en discothèque alors que notre projet n’a rien à voir avec cela » explique ainsi Iman Manzari pour qui les études de dossiers et commissions de sécurité passées, l’ont été pour le moment sur cette base là. Ce dernier ne désespère pas néanmoins de pouvoir ouvrir sa « Fabrika » avant la fin de l’année, une fois ces différends administratifs réglés…

 

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