Culture

Je suis allé au « Temps Machine » pour écouter Tahiti 80

Mes collègues de 37 degrés ont souvent l’habitude de se moquer gentiment de moi quand lors de nos conférences de rédaction, je leur exprime mon étonnement de ne pas connaître tel ou tel groupe de musique tourangeau. Il faut dire que moi qui suis de la pure génération 80, mes modèles étaient plutôt Dire Straits, U2, Sade, Tears for Fears ou Simply Red. Mais à l’époque devant ces monstres de la musique, j’avais à ma façon une attirance pour ce qui était un peu plus underground. Aussi ai-je aimé pour ne pas dire plus, The Housemartins, Anne Clark, The The, Propaganda ou Prefab Sprout…

Aujourd’hui grâce à mes camarades de « plumes », j’ai ouvert mon champ culturel à cette musique de proximité, témoignage de talents fous de la scène tourangelle qui s’exportent hors des frontières de la Loire voire de l’hexagone. Il y a quelques jours en jouant les curieux et en regardant par hasard la programmation du Temps Machine, que ne vois-je pas en parcourant les pages numériques du site de la salle de concert de Joué-lès-Tours : « Vendredi 3 avril à 20h30 : Tahiti 80 ». Jeudi soir dernier, j’annonce à mes collègues que je souhaite aller au concert de ce groupe originaire de Rouen, mes deux camarades me regardent alors goguenards avec un air qui en dit long. Arnaud aurait-il eu une révélation ? Derrière son look plutôt classique (et la musique qui va avec…), a-t-il franchi un pas vers une plus grande ouverture musicale ?

Par l’intermédiaire de ce billet, je vais leur répondre. Je connais Tahiti 80 depuis 2000, depuis mon premier voyage au Japon quand j’ai rendu pour la première fois visite à ma belle-famille à Toyota à côté de Nagoya. Sur l’une des étagères à CD de ma petite belle-sœur, une jaquette a alors attiré mon attention et surtout le texte qui y figure « Tahiti 80 ». Ma belle-sœur m’explique alors que c’est un groupe français déjà très connu au Japon. Depuis, avec mon épouse nous suivons la carrière de ce groupe que nous avons adoré dès la première écoute. En 2009, nous les avons même vus en concert au Bateau Ivre.

Le chanteur, leader du groupe, a grandi à Tours et vécu jusqu’à ses quatorze ans dans un quartier de Tours-Nord. Il a fréquenté l’école du Christ-Roi. C’est en 1993 que le groupe se forme. Au moment où la majeure partie de ses membres entament leur première année de fac. Depuis, la formation normande sillonne le monde avec deux pays qui les acclament : les Etats-Unis et le Japon. En vingt-trois ans, ils ont sorti 6 albums. Ils sont avec Air et Daft Punk, l’un des groupes français les plus connus hors de France.

Pour la petite histoire, la première partie du concert ce soir là au Temps Machine, a été assurée par l’excellentissime groupe DBFC. Un groupe que j’ai découvert lors d’un papier de Laurent sur ce site. Ainsi la boucle est bouclée. Laurent et Mathieu, je peux vous affirmer que désormais j’écouterai plus vos discussions parfois de haute volée sur la scène culturelle. Et même si Tahiti 80 n’est pas un groupe tourangeau, j’ai vraiment apprécié ce vendredi de me rendre au Temps Machine pour les voir à nouveau. Un moment de quiétude et de réconfort musical loin du monde politique qui m’est plus habituel.

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